Bonjour à toutes et à tous,
Après cette bien trop longue absence (entre le boulot qui mange mes semaines et les sujets que je décide d’aborder ici qui me demandent un temps de lectures préalables et de rédaction conséquents…), j’espère vous trouver en forme et prêt-e-s à vous attaquer à un sujet qui me tient à cœur : la réhabilitation du tarot divinatoire dans les discussions et les pratiques de la tarot-sphère ! Cette chronique m’est inspirée par plusieurs épisodes de podcast et publications Instagram auxquel-le-s j’ai été exposé récemment et qui m’ont interpellé tant la pratique du tarot divinatoire était au mieux évitée par l’intervenant-e, au pire dépréciée, mais sans qu’aucun raisonnement étayé ou logique ne vienne fonder cette posture pourtant partiale aux allures de jugement de valeurs.
J’ai bien conscience des qualités du tarot psychologique (aujourd’hui majoritairement représenté sur les réseaux) que j’ai beaucoup étudié ces dernières années et dans lequel j’ai pu faire évoluer ma pratique, mais ces qualités lui sont-elles exclusives ? Et considérer le tarot psychologique doit-il conduire à déprécier le tarot divinatoire ? Explorons le sujet en partant des affirmations que j’ai déjà pu entendre ou lire ici et là et regardons-les de plus près.
1. « Le tarot psychologique redonne le pouvoir au consultant alors que le tarot divinatoire est le terreau de l’emprise »
C’est souvent une idée qui est mise en avant comme un argument d’autorité : il y aurait, d’un côté, le tarot psychologique, qui place le consultant au centre du tirage de cartes pour l’aider à interroger sa réalité, à comprendre sa vie et à prendre ses propres décisions et, de l’autre côté, le tarot divinatoire, qui se bornerait à dessiner le cours inaltérable des évènements, rendant le consultant impuissant face à son destin et l’exposant à l’emprise du taromancien.
Cette dichotomie est évidemment beaucoup trop simple, d’abord parce que la frontière entre tarot psychologique et tarot divinatoire n’est pas étanche, ensuite parce que l’approche divinatoire du tarot n’a qu’un intérêt très limité pour le consultant si elle est vue comme inaltérable, enfin parce que la garantie du libre arbitre du consultant dépend plus de l’éthique du tarologue que du type de tirage qu’il pratique.
Sur la frontière, tout d’abord, vous constaterez aisément qu’elle est poreuse, tant du côté du tarot psychologique que du tarot divinatoire. Quel regard porter sur des cartes comme celle de conseil ou, plus encore, celle d’issue qui sont toutes deux présentes dans la plupart des tirages psychologiques ? Le conseil n’a-t-il pas pour objet de dessiner une trajectoire vers un futur plus agréable pour le consultant, plus proche de ses aspirations ? Réfléchissez-y : comment pensez-vous que le consultant appréhende une carte de conseil lorsqu’il vient consulter un tarologue si ce n’est comme un levier pour agir sur son futur ? Et pour vous, qui effectuez une lecture de tarot psychologique, comment considérer que le conseil dispensé par la carte est le bon, si vous n’avez pas la croyance que cette carte va permettre au consultant de dessiner un avenir plus brillant ? Et si l’on parle de l’issue : n’est-elle pas une prédiction pure et simple ? Et surtout, pensez-vous l’issue comme un événement immuable auquel le consultant sera amené selon qu’il suit ou non votre conseil ? Si non, quel est l’intérêt de tirer une telle carte ? Il y a donc bien, dans le tarot psychologique, une projection vers l’avenir qui peut être regardée comme de la divination ou, à tout le moins, de la prédiction ou de l’anticipation.
S’agissant du tarot divinatoire, là encore, vous constaterez que la frontière avec le tarot psychologique ne brille pas par son étanchéité. Pour en attester, voici un extrait du dernier livre de Mat Auryn, auteur et enseignant dans les domaines de l’occultisme et de la sorcellerie, intitulé “Le pouvoir du tarot : développez votre potentiel intuitif et renforcez vos capacités divinatoires et psychiques” (Le Lotus et l’Éléphant). Dans un développement consacré au “libre arbitre vs. destin prédéterminé”, il écrit que “la perspective de voir l’avenir est séduisante. Même si le tarot ne peut pas fournir de détails spécifiques comme les numéros gagnants de la loterie – et croyez-moi, j’ai essayé –, il peut donner une idée de ce qui nous attend. En interprétant les énergies et les circonstances en jeu, le tarot devient un outil précieux pour identifier les défis et les obstacles potentiels. Il lit l’énergie et fournit une prévision fondée sur le résultat le plus probable, ou il indique où elle peut aller. Cette vision nous permet de prendre des décisions en connaissance de cause et des mesures proactives pour obtenir le meilleur résultat possible. […] Considérez-le comme un système GPS : il suggère les meilleurs itinéraires vers notre destination, mais c’est nous qui décidons du chemin à prendre et de la manière de gérer les détours éventuels. Le tarot doit offrir des conseils avisés, et non dicter nos actions ou contrôler notre vie. Au contraire, il doit nous aider à prendre de meilleures décisions en nous offrant des perspectives plus claires. Grâce aux conseils du tarot, nous sommes en mesure de faire des choix qui correspondent à nos objectifs et de naviguer dans les hauts et les bas de la vie pour obtenir les meilleurs résultats possibles. Le tarot ne doit pas remplacer notre pouvoir personnel et notre indépendance de pensée. L’idée d’un avenir figé et immuable, bien que simple, sape l’objectif même du tarot. Si tout était prédéterminé, pourquoi utiliser la divination ? Nous ne serions que des observateur·rice·s de notre vie, attendant que notre destin suive son cours. Nous savons que nous avons le pouvoir de construire notre avenir. Nous croyons au pouvoir de l’intention et de la manifestation, c’est-à-dire à la capacité de modeler notre réalité en concentrant notre énergie et notre volonté. Theresa Reed l’affirme lorsqu’elle écrit : « Les cartes racontent une histoire… mais c’est vous qui écrivez la fin. » Cette idée confirme que l’avenir n’est pas un point fixe, mais une toile en constante évolution, teintée par nos désirs et nos choix”.
Dans cette configuration, le tarot divinatoire se fait aidant, et redonne au consultant toute marge de manoeuvre pour écrire l’avenir qu’il souhaite : soit la lecture de cartes lui convient, et dans ce cas là il poursuit sa vie sans rien changer, soit la lecture de cartes ne lui convient pas, et le taromancien recherche avec lui les modalités d’action pour infléchir le cours des événement.
Je vais vous donner un exemple de lecture que j’ai faite il y a quelques mois pour un ami qui passait un concours. J’ai tiré les cartes pour savoir comment allait se passer son audition, et ma lecture était défavorable : je comprenais, en synthèse, que le jury ne verrait pas son potentiel parce qu’il allait rester très technique dans ses réponses. Si j’en étais resté là, mon ami serait parti avec une perspective d’échec… Mais quel intérêt ?! J’ai tiré 3 cartes de conseil sur la meilleure manière pour lui d’appréhender l’oral afin d’en changer l’issue, et ma lecture m’a permis de lui conseiller d’alimenter ses réponses d’exemples personnels, et surtout de ne pas s’en tenir à des réponses logiques ou stéréotypées, mais d’exprimer la manière dont lui s’est senti dans de telles situations et d’avouer ses faiblesses et les leçons tirées. Cela lui a permis d’ajuster sa préparation et le jour de l’oral, il était beaucoup plus en confiance lorsque le jury est venu le chercher sur ses échecs, sur les situations difficiles vécues au travail et sur sa capacité à être résilient. Au final, son entretien s’est très bien passé, en sortant il m’a dit avoir eu le sentiment d’une vraie rencontre avec le jury, et j’ai immédiatement su que c’était gagné.
Vous voyez certainement venir ma conclusion sur ce premier point : que l’on pratique le tarot psychologique ou le tarot divinatoire, ce qui éloigne le risque d’enfermement du consultant et d’emprise du praticien, c’est :
- en premier lieu l’éthique du praticien (il est fondamental, lorsqu’on rencontre un tarologue, de vérifier ses règles éthiques, que ce soit sur les sujets abordés en consultation, sur sa vision de l’avenir ou sur le nombre de consultations possibles sur une période donnée),
- en deuxième lieu le fait pour le praticien de placer le consultant au centre du tirage de cartes (et pas simplement “le destin” ou “l’inéluctable”), et de lui donner les moyens d’agir pour influer sur la suite des évènements.
2. « Le tarot divinatoire est fondé sur les élucubrations d’auteurs qui ont tout inventé de son origine et sa pratique pour vendre des bouquins, le tarot n’est, en réalité, qu’un jeu de cartes »
Difficile de dire que le tarot n’est pas un jeu de cartes ! Et difficile aussi de nier que, s’agissant des premiers auteurs ayant développé à l’écrit des théories sur le tarot divinatoire (par exemple, pour ne pas les citer, Antoine Court de Gébelin ou Etteilla), les liens tissés entre le tarot et ses origines égyptiennes supposées sont plus que discutables (pour savoir de quoi je parle ici, je vous renvoie à l’excellent ouvrage d’Isabelle Nadolny “Histoire du tarot : origines, iconographie, symbolisme” (aux Editions Trajectoire) ou bien encore à la non moins excellente chronique d’Emmanuelle Iger dans l’épisode 137 du podcast du Magicien consacré à “La vérité sur le tarot de Marseille” sorti le 10 février dernier).
Je voudrais néanmoins vous pousser ici ma réflexion, qui se désintéresse quelque peu de la question historique ou philosophique des origines du tarot pour interroger ce qu’il est devenu aujourd’hui. Peut-être arriverai-je à vous convaincre de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain !
Le premier temps de ma démonstration revient sur le fait que le tarot est un simple jeu de cartes. C’est vrai. C’est parfaitement vrai, tout comme il est vrai que les runes sont de simples pierres gravées, les ogham sont des morceaux de bois taillés, les charms sont des petits objets faits de métal ou de plastique, les pendules de simples poids qui pendent au bout d’une ficelle. La divination ne s’embarrasse pas l’usage premier des choses, ni de leur valeur ! Et c’est d’ailleurs cet usage d’objets du quotidien (j’aurais pu évoquer les miroirs, les bassines remplies d’eau, les gouttes d’encre, les dés, les parfums, les livres employés en bibliomancie…) qui a permis un usage populaire de ces techniques de divination et leur transmission jusqu’à nous. Donc en soi, le fait que le tarot soit à l’origine un simple jeu de cartes ne me paraît pas discréditer son usage divinatoire (ou en tout cas, plus que n’importe quel autre objet utilisé à des fins de prescience). D’ailleurs, si cela devait être le cas, est-ce que cela ne discréditerait pas aussi son usage psychologique ? Après tout, s’agissant d’un simple jeu de carte, créé bien avant les premières publications sur la psychanalyse ou la psychologie, on peut tout aussi bien interroger l’adéquation outil / pratique de l’approche psychologique du tarot (c’est, d’ailleurs, ce que font de nombreux psychiatres ou psychologues aujourd’hui).
Le second temps de mon raisonnement repose sur une affirmation simple dans laquelle je pense que nous pourrons tous nous retrouver : le tarot d’aujourd’hui n’est pas le tarot d’hier, et ce qui était peut-être à la base une élucubration d’auteurs est devenu, depuis, une inspiration, une influence qui a nourri tant l’interprétation “classique” des cartes que leur design.
La plupart d’entre nous utilisons aujourd’hui le tarot Rider Waite Smith pour effectuer des tirages psychologiques ou divinatoires. C’est d’ailleurs le tarot privilégié pour les usages psychologiques, puisqu’il est entièrement illustré de scénettes de la vie quotidienne, bien plus faciles à lire et à appréhender pour un consultant qu’un tarot “pipé” comme celui de Marseille par exemple. Or, ce tarot s’éloigne sensiblement du tarot originel, parce qu’il a été façonné par des occultistes, sur la base des travaux d’autres occultistes, ce qui en a modifié profondément le sens, la structure, l’intitulé des cartes ou encore l’usage.
Deux illustrations sous forme de questions pour vous en convaincre : la première, savez-vous pourquoi Arthur Edward Waite a créé “son” tarot avec Pamela Colman-Smith ? Il aurait pu se contenter de reprendre le tarot italien ou le tarot que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de tarot de Marseille. La réponse est simple : chaque membre de la Golden Dawn devait, dans le cadre de son chemin d’éveil spirituel, produire son propre jeu de tarot pour démontrer qu’il était capable de s’approprier, dans cet objet, tous les symboles initiatiques étudiés au sein de la Golden Dawn. Ils étaient ainsi tous appelés à créer un objet occulte par nature, par la conjonction des symboles ésotériques issus de différentes traditions initiatiques. C’est exactement ce qui a conduit Arthur Edward Waite à solliciter l’aide de Pamela Colman-Smith (tous deux membres de l’Hermétic Order of the Golden Dawn) pour créer ensemble un jeu de tarot dont l’originalité est que, même s’il concentre tous les symboles ésotériques étudiés par la Golden Dawn, il allie l’hermétisme symbolique à une apparente simplicité de lecture qui fait la part belle à l’intuition.
La seconde, savez-vous pourquoi un tarot de type Rider Waite Smith inverse les numéros des cartes de la Justice et de la Force ? Emmanuelle Iger le raconte très simplement dans son livre “Lire le tarot avec le Rider-Waite” (éditions Trajectoire). Alors qu’Eliphas Lévi, célèbre occultiste français, avait esquissé d’une part une correspondance entre toutes les traditions ésotériques et, d’autre part, une correspondance entre les 22 lames du tarot et les 22 lettres de l’alphabet hébraïque, l’Hermétic Order of the Golden Dawn a affiné son travail pour faire correspondre en tous points les arcanes du tarot avec des systèmes aux structures et origines variées (astrologie, alchimie, kabbale, magie…). Emmanuelle raconte ainsi qu’ “un point de leur travail a des répercussions importantes sur la pratique moderne : la numérotation des arcanes. L’astrologie fait partie de la somme des disciplines initiatiques. On a déjà une correspondance entre les 22 lettres hébraïques et la somme des 12 signes du zodiaque, des 7 planètes traditionnelles et de 3 éléments primitifs. La Golden Dawn considère que c’est le Mat qui ouvre le bal : c’est donc à lui qu’ils assigneront la première lettre de l’alphabet hébraïque, plutôt qu’au Bateleur comme chez Lévi. Du coup, tout se décale. Mais le puzzle ne se met que mieux en place : la correspondance qui se créé alors entre les lames et les éléments de l’astrologie est du coup quasi parfaite… sauf que la position traditionnelle de la Justice en 8 la fait correspondre à la lettre qui correspond au Lion, alors que la Force en onzième position correspond à la lettre qui correspond à la Balance. Comme les deux cartes arborent, bien visibles, l’une une balance et l’autre un lion, c’est gênant. Il suffit d’inverser les deux positions pour que tout se tienne enfin”.
Ainsi, vous constaterez que si, à l’origine, l’objet dénommé “tarot” n’était qu’un simple jeu de cartes, le tarot RWS que la plupart d’entre nous utilisons aujourd’hui est le fruit de nombreux travaux occultes. Il répond, dès sa création, à des codes particuliers, assure des correspondances entre plusieurs systèmes hermétiques et témoigne de la compréhension et de la maîtrise des systèmes occultes de ses auteurs. Peut-on encore le réduire à un simple jeu de cartes ?
Mon sentiment, c’est que l’usage du tarot évolue avec le temps, et l’objet est modifié en conséquence de ce changement d’usage. Après avoir été nourri par les praticiens des sciences occultes, le tarot poursuit son chemin et se retrouve aujourd’hui alimenté par les sciences humaines. Tout comme Court de Gébelin ignorait son origine historique pour lui appliquer un sens et une histoire qui convenait à son récit, on ignore aujourd’hui la lecture occulte du tarot pour privilégier une analyse que l’on considère plus scientifique et rationnelle des symboles qui le composent. C’est un mouvement intéressant et amusant à observer !
Il n’empêche que si, à l’origine, le tarot était un simple jeu de cartes, le tarot que la plupart d’entre nous utilisons aujourd’hui est avant tout un objet façonné par une société secrète anglaise au début du 20e siècle. Est-ce que cela discrédite par nature son usage psychologique ? Je ne le crois pas, je pense que l’objet est suffisamment “ouvert” pour que son usage s’adapte à nos pratiques modernes. Mais il est clair aussi que son usage moderne ne doit pas écarter tout le processus de construction ésotérique et l’aura mystique qui a permis d’amener cet objet jusqu’à nous aujourd’hui.
3. “Le tarot psychologique est plus sérieux et rationnel parce qu’il est notamment fondé sur les travaux de Carl Gustav Jung”
C’est un argument que j’ai très souvent entendu ! “Je fais du tarot psychologique, c’est une méthode d’interprétation fondée sur les travaux de Jung, notamment sur les archétypes”, sous-entendu “c’est plus objectif et sérieux que le tarot divinatoire”.
A cela je réponds deux chose : la première, c’est que la personnalité et les travaux de Carl Gustav Jung ont été beaucoup critiqués parce que regardés par ses confrères comme mystiques et ésotériques (ce qui est amusant quand on les utilise justement se distinguer d’une pratique ésotérique !) ; la seconde, c’est que les apports des travaux de Jung se retrouvent aussi dans la pratique moderne de la divination, qui intègre aussi bien l’idée d’inconscient collectif que celles d’archétypes ou de synchronicités que nous lui devons. C’est ainsi un argument qui devient finalement neutre sur le fond, puisque la contribution de Carl Gustav Jung à la psychologie transactionnelle nourrit désormais toutes les pratiques liées au tarot.
Revenons d’abord sur la manière dont les travaux de Carl Gustav Jung ont été reçus par la communauté scientifique, en s’appuyant sur l’excellent et très abordable ouvrage de Frédéric Lenoir : “Jung, un voyage vers soi” (le livre de poche) dont je ne peux que vous conseiller la lecture. Peut-être savez-vous que Jung vient d’une famille marquée par la religion d’une part (son père, Paul, est pasteur puis aumônier, et 8 de ses oncles sont aussi pasteurs) et le mysticisme d’autre part (son grand-père converse avec sa femme décédée, sa grand-mère a des dons divinatoires, tire les cartes et communique avec les défunts, ses cousines Louise et Hélène sont médiums et l’initient au spiritisme, sa mère et sa soeur se révèlent également médiums). Ce contexte familial, mélangé à un goût prononcé pour la nature et une sensibilité forte pour le vivant, lui a permis de développer une vision singulière du monde, qui se retrouve dans ses travaux. Par exemple, saviez-vous que sa thèse de doctorat porte sur… Le spiritisme ? Ce sont en effet ses recherches sur le sujet qui l’ont conduit à orienter ses études de médecine vers la psychiatrie et à soutenir en 1902, à l’âge de 27 ans, une thèse intitulée “De la psychologie et de la pathologie des phénomènes dits occultes” (bon, je vous rassure, il reste quand même ancré dans son temps, puisque, sans se prononcer sur le caractère réel ou illusoire du dialogue avec les morts, il va considérer – en ligne avec les études médicales de l’époque – que les médiums, telle sa cousine Helly qu’il a soigneusement observée, ont une personnalité hystérique).
Sans revenir sur l’intégralité de sa vie, à partir de 1906, Jung entretiendra une relation épistolaire avec Sigmund Freud (360 lettres échangées en 8 ans) dont il soutient les thèses. Ils se rencontrent en 1907 à Vienne et cela créé une émulation intellectuelle importante entre les deux hommes, dont la relation va évoluer vers un rapport père-fils qui conduira même Freud à voir en Jung son “dauphin”. Cette lune de miel durera deux ans, avant que tensions et divergences n’apparaissent, d’abord sur la théorie sexuelle (et l’idée de refoulement), ensuite sur l’inconscient personnel (qui conduira Jung à théoriser “l’inconscient collectif”), enfin sur le rapport à la spiritualité et aux phénomènes paranormaux.
Jung a toujours porté de l’intérêt à ces phénomènes inexpliqués, mais Freud met régulièrement en garde son collègue contre cet attrait qu’il juge déraisonnable et dangereux pour sa réputation : « Je sais que vous vous laissez aller à votre penchant très profond pour l’étude de l’occultisme, et je ne doute pas que vous en reveniez avec une riche cargaison. On ne peut rien là contre et chacun a raison d’obéir à l’enchaînement de ses impulsions. Votre renommée acquise à travers vos travaux sur la démence résistera longtemps à l’accusation de “mystique”. Mais ne restez pas là-bas dans les luxuriantes colonies tropicales ; il faut régner à la maison. » Lors d’un échange postérieur, Freud s’est dit prêt à écouter la théorie de Jung sur un événement inexpliqué en précisant que son intérêt “sera celui que l’on a pour une douce illusion que l’on ne partage pas”. Jung ne va jamais renoncer à sa liberté de penser et à la défense de ses idées, cela va conduire à une véritable rupture entre les deux hommes au printemps 1914, Jung se tournant désormais vers ce qu’il nomme la “psychologie analytique”.
Par la suite, il sera fortement influencé dans ses travaux et recherches par l’orientalisme d’une part, et l’alchimie d’autre part, qui vont nourrir ses réflexions sur la place de la religion et du sacré, alimentant davantage encore les critiques des freudiens (et, en France, des lacaniens) qui n’ont jamais pardonné à Jung sa rupture brutale avec Freud. Comme le rappelle Frédéric Lenoir, “on ne compte plus les ouvrages ou les articles issus du mouvement freudien qui cherchent à discréditer le sérieux du travail de Jung, depuis Karl Abraham qui dénonce “la teinte religieuse” et “l’arrière-plan mystique” de la pensée jungienne, jusqu’à Dominique Bourdin qui affirme que Jung “a délibérément quitté le terrain des sciences humaines et de la pensée rationnelle”.”
Bien sûr, mon propos n’est pas, ici, de discréditer Carl Gustav Jung ou ses travaux qui ont été essentiels dans la construction de la psychanalyse, loin de là ! Mais avouez que citer ses travaux pour se détacher de l’occultisme, alors que c’est justement son goût pour l’occultisme qui a nourri ses travaux et lui a permis de faire évoluer notre compréhension de la psychée humaine, c’est savoureux !
Sur le fond de ses apports, et ce sera mon second point, les découvertes fondamentales qu’il a pu faire ont révolutionné la manière dont nous appréhendons la psychologie. Comme le rappelle Frédéric Lenoir, “il a redéfini la notion freudienne de libido, en la comprenant comme élan vital plus que comme pulsion sexuelle, et celle d’inconscient, en en découvrant les propriétés créatrices et en ajoutant à l’inconscient personnel la notion d’inconscient collectif, qui nous relie à nos ancêtres et aux symboles de notre culture. Il a étudié les mythes et les symboles universels et développé la notion d’archétype, comme image primordiale inscrite dans l’inconscient humain. Il a élaboré la théorie de la synchronicité, qui montre que deux événements peuvent être reliés entre eux non pas de manière causale, mais par le sens, ce qui postule qu’il existe une dimension du réel qui échappe encore à notre connaissance scientifique. Il a montré que le dialogue du conscient et de l’inconscient (notamment à travers l’analyse de nos rêves et des synchronicités de nos vies, notre imagination active, la création artistique) favorise l’accès à une connaissance de nous-mêmes qui nous permet de nous « individuer », c’est-à-dire de devenir pleinement nous-mêmes et de réaliser ce que les hindous appellent « le Soi », la totalité de l’être. Le processus d’individuation permet de démasquer l’image fausse de nous-mêmes que nous souhaitons donner aux autres (la persona), d’intégrer notre part masculine (animus, pour les femmes) et notre part féminine (anima, pour les hommes), de traverser notre ombre, c’est-à-dire la part obscure et refoulée de nous-mêmes et de réconcilier nos polarités. Il s’agit donc d’une expérience intérieure, une alchimie de l’être, qui revêt un caractère éminemment spirituel.”
Ses théories, nous les connaissons tou-te-s aujourd’hui, évidemment pas d’un point de vue technique ou clinique, mais elles ont clairement nourri la représentation que l’on se fait du fonctionnement de l’esprit humain, de notre rapport au monde, à notre environnement, à nos sociétés.
Ainsi, aujourd’hui, même les taromancien, versés dans la lecture divinatoire du tarot, manient ces principes de fonctionnement de la psychée, et c’est d’ailleurs ce que l’on reproche à ceux que l’on considère comme des menteurs ou des arnaqueurs, le fait de trop bien manier le fonctionnement de l’esprit humain pour s’employer à instaurer une relation d’emprise.
Au gré de mes lectures, j’ai trouvé une citation de Corienne Morel qui exprime, mieux que je ne saurais le faire, mon opinion sur le sujet. Dans son livre « Le tarot psychologique, un formidable outil de connaissance de soi et de l’autre », elle écrit, dès l’introduction de son ouvrage : « Le tarot, classé hâtivement dans les arts occultes, ne fait pas bon ménage croit-on avec la psychologie qui se revendique d’une rationalité irréprochable. Pour ma part, je ne suis ni certaine de l’irrationalité farouche du tarot, ni certaine de la rationalité rassurante de la psychologie. J’ai une approche rationnelle du tarot, considérant que les significations des lames ne sont pas arbitraires mais sont contenues en elles-mêmes et codifiées selon une clef symbolique universelle. Quant à la psychologie, s’agissant d’une discipline interprétative, elle laisse place à la subjectivité et possède, au final, sa part d’irrationalité. »
Mic drop !
4. “La prédiction d’événements est impossible et ceux qui prétendent le faire sont des bonimenteurs”
Là, on rentre dans le dur de la discussion mais aussi dans la partie la plus intéressante de cet article, où le débat peut vite tourner à la confrontation de croyances ! Pour traiter efficacement cette partie de notre discussion, et remettre un peu de science dans le propos, je vais m’appuyer sur le très intéressant ouvrage du neuroscientifique Siddharth Ramakrishnan intitulé “The Neuroscience of tarot – from imagery to intuition to prediction” (Llewellyn books, paru en fin d’année 2024 et pas encore traduit en français).
Dans ce livre, qui croise exposés théoriques, imageries du cerveau et exercices pratiques, Siddhart Ramakrishnan a souhaité analyser ce qui se passe, dans nos cerveaux, lorsque nous regardons une carte de tarot et disséquer le processus divinatoire : comment faisons-nous des liens entre les symboles et la signification d’un tirage, pourquoi associons-nous des dessins ou des mots avec des images, des sons, des émotions, comment arrivons nous à faire des prédictions et comment tout cela apparaît sur de l’imagerie médicale ?
Je vous fais grâce, ici, des représentations graphiques du cerveau présentes tout au long du livre et de leur description. Je vais me concentrer sur le raisonnement suivi et l’examen de certaines parties du livre que je ne vais pas restituer dans son intégralité, je vous renvoie à sa lecture pour plus de détails.
Dans son ouvrage, l’auteur s’intéresse tout d’abord à ce qui se passe dans notre cerveau lorsque nous regardons une image : il analyse les différents facteurs qui font que cette image prend une signification plutôt qu’une autre dans notre esprit, et évoque la capacité de visualisation, la contextualisation, les associations d’idées, le potentiel métaphorique, l’état émotionnel passé ou présent… Autant de paramètres qui s’imbriquent pour fabriquer le sens d’une image.
Il aborde ensuite le fait que nous mobilisons tous, quotidiennement, notre intuition. Pour l’auteur, l’intuition, c’est le fait de prendre une décision basée sur une information issue de notre inconscient (ou, dit autrement, lorsqu’on prend une décision alors que notre cerveau conscient ne dispose pas des informations nécessaires pour le faire, vous savez, ces décisions que l’on prend sans pouvoir vraiment expliquer pourquoi). Il relie cela à la théorie de l’évolution et au fait que nos ancêtres devaient prendre des décisions vitales en quelques millisecondes, et considère que nous le faisons tous selon des mécanismes développés dès l’enfance (et visible sur l’imagerie médicale, plutôt au cœur de notre cerveau).
La suite de l’ouvrage est consacrée aux émotions et à l’intéroception (la perception des sensations corporelles et de l’état interne du corps). L’auteur rappelle ainsi que nous sommes des êtres complets, et qu’on ne peut écarter nos émotions et l’influence qu’elles ont sur nos interprétations des messages symboliques. Il explique ainsi comment notre état corporel, nos sensations, notre niveau d’énergie et nos ressentis influent sur notre interprétation d’un tirage de cartes, créant une réponse émotionnelle que le cerveau devra apprendre à décoder (sensation => conceptualisation => verbalisation => visualisation). Sur ce fondement, l’auteur incite à comprendre ses réponses émotionnelles, à comprendre celles des autres. Il invite chaque tarologue à ne pas rester “dans sa tête” lors d’un tirage et à analyser ses sensations et ressentis physique pour apprendre à les identifier et à les interpréter, cela permettra aussi de maintenir une relative neutralité durant la lecture.
L’auteur aborde ensuite la partie transactionnelle de la relation entre le consultant et le tarologue, et développe les notions d’empathie et de “cognition sociale” (comment nous réagissons aux autres et aux interactions sociales). L’auteur explore ainsi la manière dont, lors d’un tirage, le tarologue est attentif aux à l’attitude du consultant (langage corporel, ton de voix, expressions…) et le consultant explore, lui-même, ses propres représentations et images mentales lors du tirage.
Enfin, l’auteur aborde la question (centrale pour nous aujourd’hui) de la prédiction et de la neuroprévision, et j’ai été bluffé par cette partie du livre. Pendant tout ce développement, l’auteur s’attache à démontrer comment l’anticipation des événements fait partie intégrante de nos vies et comment nos cerveaux sont, par nature, des organes prédictifs qui passent leur temps à anticiper ce qui se passera ensuite (aucune surprise, donc, à ce que nous soyons tou-te-s tenté-e-s par la divination !).
L’auteur évoque tout d’abord l’anticipation et les attentes (“expectations”) comme un mode de fonctionnement courant de notre cerveau. Pour l’illustrer, il donne plusieurs exemples, mais le plus simple et le plus éloquent est le suivant : si je vous dis rose, épine, rose, épine, rose, votre cerveau est déjà en train de penser “épine”. Ce mécanisme d’anticipation est nourri par tous nos sens (ce que l’on sent, ce que l’on voit, ce que l’on entend, etc) et par nos expériences, ce qui conduit notre cerveau à constamment chercher à anticiper et prédire ce qui se passera après : la clochette qui tinte à la porte du café, le chien qui aboie toujours lorsqu’on passe près de tel jardin, les mouvements à faire pour monter un escalier, la trajectoire de vol d’une mouche, le café brûlant… Notre cerveau anticipe toutes ces situations que nous rencontrons au quotidien. Et comme notre monde n’est pas statique, Siddharth Ramakrishnan explique que notre cerveau réévalue en permanence ses attentes, ses anticipations et ses prédictions au gré de nos expériences. “En tant qu’adultes, nous avons accumulé toute une vie d’expériences et de bagages, à la fois émotionnels et physiques. Cela nous a permis de comprendre comment se déroulent les différentes situations, comment lire les gens et comment percevoir les situations. Ces millions de cas de choix, d’idées, de croyances et de résultats ont calibré la manière dont nous anticipons les événements ou le déroulement de différentes situations”.
Et un tirage de tarot n’échappe pas à ce mécanisme. L’auteur indique ainsi que “Les fils narratifs, les étapes suivantes et les résultats possibles attendus commencent à se dessiner dès le moment où la question est posée, et parfois même avant, en observant simplement quelqu’un, en remarquant son ton ou son langage. Si ces attentes peuvent parfois vous mener sur la mauvaise voie, il arrive souvent que vous soyez dans le vrai, grâce à vos expériences passées et au recalibrage constant de vos attentes au fil du temps. Même si vous n’utilisez pas la divination comme moyen de prédiction, vous délibérez sur des choix, vous envisagez des résultats et vous envisagez des possibilités futures.”
AInsi, que l’on parle de tarot divinatoire ou de tarot psychologique, nos lectures ont toutes une part d’anticipation et de prévision des évènements à venir, et de leur réaction à nos comportements. Bon, je vous entends déjà, vous allez me dire d’accord, nos cerveaux anticipent pas mal de chose, mais peut-on oui ou non prédire l’avenir ?
Siddharth Ramakrishnan commence sa réponse en rappelant que “les prévisions à long terme font partie de la vie de chacun ! Nous nous préparons à l’avenir. Nous imaginons certaines vies pour nous-mêmes et planifions ensuite certaines choses, le raisonnement logique établissant un logigramme selon lequel si nous faisons A, B et C, nous obtiendrons le résultat D. Et ensuite, nous suivons cette voie. La planification à long terme fait donc également partie de notre cerveau”. L’auteur rappelle ainsi que les scientifiques commencent à étudier très sérieusement la question, avec plusieurs études menées ces dernières années et d’autres toujours en cours, qui tendent à démontrer qu’un groupe d’individu, disposant d’une quantité d’information très limitée, est capable de prédire l’issue d’un événement, y compris lorsque cette issue n’est pas le choix qu’ils auraient eux-mêmes opéré, simplement en se basant sur une activité “inconsciente”.
Ainsi, notre cerveau anticipe et élabore des prévisions, y compris à long terme. Mais encore une fois, peut-on vraiment voir l’avenir, au moyen notamment de la précognition, c’est-à-dire la capacité de donner des informations à propos d’un futur événement que nous n’avons aucun moyen de connaître ou de provoquer ?
Ici, la communauté scientifique est plus sceptique et les expériences scientifiques menées jusqu’à présent sont sujettes à caution, en raison du biais selon que leur auteur croit ou non la précognition possible. Ainsi, à ce stade, l’auteur ne cite pas d’étude attestant d’une possibilité de prédire l’avenir de manière certaine, et pour cause : il explique que la précognition implique de se détacher des lois fondamentales de la physique et de la thermodynamique pour explorer la théorie des effets rétro-causaux où l’avenir peut influencer le passé.
Ainsi, pour étudier la précognition, il faudrait explorer la mécanique quantique : “La mécanique quantique permet des phénomènes tels que la superposition et l’enchevêtrement, qui peuvent fonctionner à l’échelle des atomes et des particules subatomiques. Bien que l’échelle du cerveau soit assez grande, à la base, votre cerveau n’est qu’un assemblage de neurones, et ces neurones eux-mêmes ne sont qu’un conglomérat de canaux protéiques, de graisses (lipides) et de mouvements ioniques. Au lieu d’examiner le cerveau comme une entité physique, si nous commençons à le considérer comme un générateur d’ondes électromagnétiques, nous pourrions peut-être mieux envisager la conscience et la façon dont nous percevons les « ondes des autres » ou même les « ondes de l’univers ». En effet, cette transcendance de l’individu à la « fusion » avec l’énergie universelle a été évoquée par des mystiques de différentes religions ainsi que par des patients victimes d’accidents vasculaires cérébraux, où le fossé entre le plan physique et les formes discrètes s’estompe pour se fondre dans une conscience plus vaste. À l’heure actuelle, nous ne disposons pas des outils ou des capacités nécessaires pour étudier ces idées.”
Alors, ça s’arrête là ? Pas de précognition possible ? Evidemment, ce n’est pas si simple ! L’auteur conclut son chapitre en expliquant que la science évolue chaque jour, repoussant les frontières techniques de l’imagerie cérébrale et de l’imagerie simultanée, ouvrant la possibilité pour des champs de recherche nouveaux qui, il y a encore quelques années, ne pouvaient être envisagés. En outre, l’auteur précise que la communauté scientifique évolue elle aussi, et que des sujets relevant de pratiques ésotériques qui étaient jusqu’alors écartés par nature font désormais l’objet d’études sérieuses, comme c’est le cas par exemple de la méditation de pleine conscience.
Il rappelle que les questions que l’on peut avoir sur le fonctionnement de nos cerveaux sont limitées par la technologie, par nos propres sens (ouïe, vue, toucher, goût, odorat), et par le fait que le principal moyen d’étudier notre cerveau c’est… notre cerveau lui-même, ce qui implique de développer de nouvelles approches et technologies pour observer ses mécanismes aux mieux.
L’auteur conclut son propos en précisant qu’ “En abordant ces sujets, je me dois d’ajouter qu’il existe des charlatans et des praticiens de mauvaise foi dans le domaine de la divination, et qu’ils ont la capacité de causer beaucoup de tort. À bien des égards, la science a servi d’instrument pour démystifier bon nombre de ces mauvais éléments. À l’avenir, la science pourra peut-être devenir l’outil qui permettra d’observer certains de ces processus de divination et de nous aider à mieux les comprendre.”
5. Conclusion :
J’espère que vous aurez pris plaisir à lire les bien trop longues divagations qui constituent cette chronique qui ne reflète évidemment que ma vision personnelle des choses et demeure donc subjective, que cela vous aura donné matière à réfléchir sur le tarot divinatoire et vous permettra désormais de considérer plus favorablement sa pratique lorsqu’elle est menée avec éthique, dans le seul objectif d’encapaciter le consultant.
Si vous lisez l’anglais, je vous invite à acquérir l’ouvrage de Siddharth Ramakrishnan dont j’ai très fortement synthétisé le propos ici, qui a le mérite de rendre clair et lisible, pour n’importe quel débutant, des questions qui sont éminemment techniques, et de les croiser avec la pratique du tarot ce qui n’est évidemment pas commun. Ce que j’ai aimé, c’est qu’il a intégré de nombreuses références à des études scientifiques en notes de bas de pages, et que chaque développement s’accompagne d’exercices pratiques pour expérimenter les différents aspects du fonctionnement de notre cerveau décrits dans le livre. Très sympa à faire et à découvrir !
J’ai bien envie, pour les prochaines chroniques, d’explorer d’autres aspects de la pratique du tarot qui sont peu relayés aujourd’hui sur les réseaux, comme l’usage énergétique des cartes et la purification, les rituels et méthodes de maniement des cartes, l’usage du tarot en magie / sorcellerie… Est-ce que cela vous intéresserait ? J’ai aussi en tête quelques développements sur des tips de lecture du tarot que je souhaite vous partager.
Merci de m’avoir lu et à bientôt !
Gregory, aka @lesvoiesdufou






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