https://lesvoiesdufou.com/

Étiquette : formation

  • Comment je suis venu au Tarot et comment je me suis formé ?

    Comment je suis venu au Tarot et comment je me suis formé ?

    Bonjour à toutes et à tous !

    Heureux de vous retrouver pour un article relatif à un sujet sur lequel je suis souvent questionné par les personnes qui débutent dans l’apprentissage du tarot : comment je suis venu au Tarot et, surtout, comment je me suis formé ?

    Je trouvais intéressant de retracer un peu cela ici, alors prenez un bon thé, installez vous confortablement, et papotons un peu !

    Comment je suis venu au Tarot ?

    La première chose à dire ici, c’est que le Tarot a toujours été dans ma vie, parce que ma mère tirait le Marseille (mais dans la version de Oswald Wirth) et le Grand Etteilla (c’est moi qui possède ses jeux aujourd’hui), selon une méthode qu’elle avait apprise d’une tante si je me souviens bien (moi je ne l’ai pas connue) qui avait décelé chez elle « le don » (ma famille flirte avec l’ésotérisme depuis quelques générations déjà !).

    J’ai des souvenirs très clairs des séances de tirages que faisait ma mère pour des amies ou des cousines, où nous (les enfants) étions assignés dans nos chambres avec interdiction de déranger ou de faire du bruit pendant toute la durée de la séance, que ma mère agrémentait d’encens japonais, de musique douce, d’un thé et d’un gâteau fait maison ! Je me souviens me pencher, la tête à l’envers, pour apercevoir le tirage entre les marches de l’escalier et capter des bribes de conversations interdites ^^. Le tarot était clairement un instrument magique, à portée de main !

    Si ma mère purifiait son tarot et suivait des usages précis pour les tirages (mélanger les cartes d’une certaine manière, tirer de la main gauche, etc), elle nous laissait en revanche regarder les cartes, en tirer une de temps en temps, et surtout ses jeux nous étaient accessibles sur un étage dédié de la bibliothèque familiale. Clairement, nous savions tous que ce n’étaient pas des jeux, qu’il y avait des usages dédiés et un cérémoniel, mais si nous en avions envie nous pouvions y accéder.

    De fait, j’ai très vite voulu avoir des cartes à moi, et j’étais très jeune (peut-être 6 ans, dans ces eaux-là) lorsque je demandais à ma mère de m’acheter mon premier jeu, dans une brocante. C’était un tarot égyptien, je m’en souviens parfaitement bien que je n’en dispose plus aujourd’hui et que je ne l’aie jamais retrouvé sur le marché ! A l’époque, je ne savais pas le lire, mais j’utilisais ce deck comme un jeu aux puissants pouvoirs magiques (j’avais et j’ai toujours énormément d’imagination).

    Ensuite, j’ai acheté plusieurs jeux durant mon adolescence (essentiellement dans une boutique ésotérique de Bayonne qui s’appelait « le nombre d’or » où j’ai également trouvé mes premier ouvrages de magie qui étaient quand même assez rares à l’époque !), surtout des oracles (je n’arrivais pas à acheter un tarot de Marseille parce que je n’aimais pas l’idée de devoir laisser les 2/3 du jeu dans la boite lors des tirages, et je n’ai pas souvenir d’avoir croisé un jeu Rider Waite Smith à l’époque. De même, je ne voulais pas lire les mêmes types de jeux que ma mère, parce que j’ai toujours eu un rapport compliqué à l’héritage ésotérique familial dont je voulais m’affranchir), et j’ai fini par trouver un jeu intitulé Les cartes divinatoires du Karma, de M. Mantovani, qui était beau, centré sur les éléments, clair, précis, détaillé, avec des interprétations par domaines qui me parlaient beaucoup. Je devais être au début du lycée, parce que je me souviens avoir ce jeu dans mon sac et l’emmener régulièrement pour faire des tirages avec des copines sur des sujets adolescents sans grand enjeux (mais avec des résultats spectaculaires qui nous avaient un peu effrayés à l’époque, notamment sur les ruptures à venir, les résultats de contrôles, etc.). J’ai toujours ce jeu aujourd’hui, et je garde une profonde affection pour lui et l’utilise de temps en temps (c’est un peu devenu une relique pour moi et j’en prends grand soin !).

    A la même époque, j’ai rencontré deux copines de lycée qui étaient également versées dans la cartomancie et la magie. Nous avions découvert cet intérêt commun lors d’un déplacement scolaire à Pau où, ayant plus d’une heure à tuer en attendant le bus du retour, nous avions fini dans café où elles m’avaient spontanément tiré des cartes de l’oracle Gé. Là encore, j’ai un souvenir extrêmement précis de cette séance, du bruit alentour, de la table en bois massif, des petites appliques, de l’énergie du jeu qui collait tellement avec l’énergie de l’instant…

    Après le lycée, la cartomancie fera des allers retours dans ma vie, avec des périodes où j’aurai envie de m’y remettre, d’apprendre, puis des périodes où je ne toucherai plus un jeu pendant des mois voire des années. Ces allers retours se sont poursuivis de la fac aux premiers boulots.

    Puis j’ai eu envie de m’y mettre pour de vrai, d’approfondir les choses, de comprendre le sens, la symbolique, l’usage, la mécanique du Tarot (surtout depuis ma rencontre avec le tarot RWS). C’était une période qui correspondait aussi à une activité personnelle plus importante dans le domaine de la magie, qui m’avait d’ailleurs motivé à ouvrir un compte insta dédié à la pratique magique (ne perdez pas de temps à le chercher, son nom n’avait rien à voir avec moi ou avec les voies du fou, il est fermé depuis longtemps, mais ca aussi je pourrai vous en parler un jour !). Mes partages sur ce compte étaient initialement centrés sur la pratique magique, sur les rituels, sur « l’esthétique sorcière », mais plus j’avançais dans le tarot, plus mes posts représentaient des cartes et des tirages au point qu’il n’y avait quasiment plus que ça. J’ai donc créé le compte « les voies du fou » et j’ai tenu les deux comptes en parallèle pendant un temps avant de me consacrer aux seules voies du fou.

    Ce compte a d’abord été un journal de tirage, avant de devenir un livret d’exercices et de partage. Son développement a coïncidé avec les confinements, qui ont été un vrai booster d’apprentissage pour moi, parce que j’avais enfin du temps de vie et de cerveau pour m’y consacrer, me former, progresser… Les voies du fou est devenu un compte me permettant de partager ma passion, de rencontrer du monde, il a contribué à développer ma pratique, à l’ancrer dans mon quotidien et à en faire un outil de divination, mais aussi de développement personnel, de création, de réflexion, de philosophie, de poésie…

    J’ai ainsi connu une très forte connexion au tarot qui a généré une très grande activité autour de la carto pendant plusieurs années, la plus longue période que j’ai connue à ce jour, qui s’est accompagnée d’une collectionnite aigüe de jeux et d’ouvrages. J’ai suivi des ateliers de pratique (j’y reviens en partie 2), rejoint une asso, et depuis j’utilise le tarot pour des usages divers et variés, alors qu’initialement je ne tirais les cartes que pour moi, je les tire aussi pour des tiers désormais, je partage ma lecture, mon référentiel personnel d’interprétation. Avec Etrange Tarot, je construis des ateliers, des sessions de travail, bref j’ai une pratique plus ouverte aux autres et assez décomplexée (je n’ai, par exemple, aucune difficulté à en parler au boulot, et la plupart de mes collègues savent que je tire les cartes).

    Une anecdote amusante quand même : j’ai présenté il y a quelques années un concours important, et ma présentation personnelle a été construite à l’aide de cartes de tarot ! 3 cartes, trois idées fortes à mettre en avant. Ca a très bien fonctionné !

    Je sens aujourd’hui que j’évolue vers une approche plus apaisée du sujet, probablement grâce à la fermeture de mon compte instagram, j’ai moins de pression à faire ou à acheter des trucs qui ne saturent plus mon espace de vision et de réflexion (je reste un collectionneur de jeux hein ! mais je n’ai plus ce truc d’avoir absolument le dernier jeu sorti, j’achète si ça me plait et le moment venu).

    J’évolue aussi vers une exploration des différents aspects symboliques du tarot (en ce moment, astrologique et planétaire, mais aussi alchimie depuis un moment, et j’espère évoluer sur mon appréhension de la kabbale dans les mois à venir…) et d’autres formes de cartomancie, notamment la carto tradi qui revient pas mal en ce moment, et ses usages spécifiques (par exemple en hoodoo, mais aussi en sorcellerie).

    De ce qui précède, je retiens finalement que je ne suis pas venu au Tarot, il a toujours été là, mais sa présence initialement balbutiante n’a fait que se renforcer avant de s’affirmer pleinement et aujourd’hui, il fait partie intégrante de ma vie.

    Comment me suis-je formé au Tarot ?

    Du récit précédent, vous aurez compris que pendant des années, je ne me suis pas formé au Tarot, ayant conservé une pratique dilettante. J’utilisais alors le livret pour interpréter chaque carte que je tirais. C’était un peu mécanique, mais surtout c’était… FRUSTRANT ! Souvent, les livrets étaient très courts (vous voyez, les mini livrets blancs là, qui comprennent des développements types en plusieurs langues et seulement quelques mots par carte), approximatifs (les éditeurs mettaient le même livret dans toutes les boites de tarots, quels que soient leurs designs ou le système en présence), sans explication véritable (or, moi, j’ai besoin de comprendre les choses).

    Lorsque j’ai enfin décidé de m’y mettre sérieusement, j’ai pu bénéficier des prémices de la montée en puissance de la bulle spéculative autour de l’ésotérisme, et ma progression a été accompagnée par une croissance majeure de l’offre de formation.

    Les premières vraies ressources que j’ai pu trouver, ce sont des vidéos Youtube de Sébastien Michel, dans lesquelles il explique les arcanes majeurs du tarot de Marseille et son approche liée à la composition picturale classique pour lire les cartes. J’ai vraiment beaucoup aimé sa façon de lire les cartes et j’ai ensuite acheté les 3 livres qu’il a publiés : Le théâtre du tarot, Le tarot par la pratique, Créer son succès avec le tarot de coaching.

    En parallèle, j’ai acheté la bible d’Emmanuelle Iger, Lire le tarot avec le Rider-Waite (éditions Trajectoire), qui m’a vraiment permis de faire la différence entre les deux jeux, comparer les cartes, rentrer dans la logique systémique du tarot et appréhender toutes les dimensions d’interprétation possibles. J’ai aussi lu tous les articles qu’elle avait pu publier sur son site internet « lesmotsclefs » (franchement, beaucoup d’articles vraiment très intéressants à lire, je vous recommande d’y fouiller un peu !).

    J’avais envie de suivre une formation en présentiel, mais initialement je n’en ai pas trouvé. J’ai en revanche entendu parler de la formation en ligne « Tarot intuitif » faite par Margot Robert Winterhalter. Après plusieurs tergiversations (le mot « intuitif » ne me paraissait pas coller avec le type de formation que je voulais suivre et je craignais que ce soit un peu « en l’air »), j’ai fini par la prendre à l’occasion d’une promo. J’ai suivi la plupart des modules en lisant en parallèle le livre d’Emmanuelle Iger pour croiser les approches, les lectures, les manières de voir les choses.

    Les confinements ont été une opportunité folle d’approfondir tout cela, et de faire le tour de la toile ! J’étais alors dans une logique de tirer « une carte par jour » et de suivre quelques challenges sur la toile (le Tarot Polar de Cécilia à jamais dans mon cœur !), je ne m’étais pas vraiment confronté à des tirages de cartes, les gros tirages (genre croix celtique) me faisaient flipper et je me considérais comme un grand débutant attaché à mes livres (erreur typique je crois !).

    Au sortir des confinements, j’ai eu l’opportunité de faire un atelier de pratique en présentiel avec Audrey, THE Oraclinzel Professor, et de participer aussi à un « Tarot Shopping » où Audrey et Emmanuelle Iger vendaient des jeux et on pouvait mettre son nom dans un panier pour faire un tirage à quelqu’un. J’ai eu la chance de faire un tirage à une dame avec l’aide d’Emmanuelle, puis d’être accompagné par elle sur un tirage de croix celtique que je n’osais pas faire jusqu’alors et c’était ultra riche d’enseignement (franchement, la sensation d’un bond immédiat dans la compréhension du truc, l’impression d’enlever les petites roues que je gardais sans raison). C’est clairement un aspect qui marquera ma pratique par la suite, le partage, l’aide, l’accompagnement, l’échange.

    J’ai logiquement voulu suivre la formation d’initiation au tarot donnée par Emmanuelle Iger sur 2 jours, mais elle ne disposait plus de local et a mis cette formation en suspens pendant plusieurs mois. C’est à peu près à ce moment-là, je crois, que j’ai découvert Hyena Soul Shadow et sa formation Tarot et pop culture (je ne sais pas comment j’ai fait jusqu’alors pour passer à côté vu la notoriété de Hyena !), et moi je suis un bon geek alors cela m’a parlé tout de suite ! Je me suis inscrit sur sa plateforme et j’ai suivi quasiment tous les modules. Cela m’a notamment aidé à réintégrer l’aspect ésotérique / divinatoire du tarot dans mon apprentissage, qui avait été un peu écarté par un trop plein de tarot psy (plus sécurisant, mais nettement moins fun !).

    Avec l’avènement de la sphère tarot sur insta est venue aussi la collectionnite de jeux de tarot. Moi, de base, je ne suis pas un collectionneur (même si je peux être un accumulateur). Mais j’ai trouvé dans l’achat de jeux d’artistes la possibilité de rencontrer des visions et des interprétation différentes des cartes du tarot : lorsqu’un artiste redessine un 7 d’Epées en échelle avec un personnage qui monte dessus, un Cavalier d’Epées en activiste, un Hiérophante en shaman ou en livre des ombres, c’est tout un nouveau référentiel qui se débloque, et j’adore ça ! Être interpellé par la vision d’une carte et ce qu’elle implique en interprétation.

    Lorsqu’Emmanuelle Iger a retrouvé un local, je me suis inscrit à une session de formation (je pense que cela faisait deux ans, peut-être trois que je pratiquais sérieusement et quotidiennement le tarot, et j’avais déjà plusieurs jeux dans ma collection). Finalement, malgré toute la qualité de cette formation que je vous recommande si vous débutez, je me suis rendu compte que je n’ai rien appris, je connaissais déjà les cartes, les tirages de base, les manières de lire et lier les cartes entre elles, j’avais déjà un bon bagage théorique. J’ai pu poser des questions, trouver un premier groupe de pratique, mais surtout j’ai pu me rendre compte que je n’étais plus débutant et qu’il fallait que j’enlève les petites roues et que je pousse les choses plus loin !

    Je me suis alors consacré à la pratique et non plus à la formation : j’ai suivi de nombreux ateliers avec Audrey (à Paris puis à Meaux), fait de nombreux challenges tarot, créé des tirages, et orienté mon activité en ligne vers la création d’exercices pour aider à l’apprentissage du tarot. J’ai sans cesse augmenté ma collection de jeux, mais aussi ma collection de livres. J’ai alors rencontré les auteurs classiques, ceux qui ont été les premiers à écrire sur le tarot et ses symboles. J’ai lu sur l’histoire du tarot, j’ai aussi commencé à lire des ouvrages anglo-saxons sur le tarot, sur les tirages, sur les associations, sur les cartes inversées, sur la Golden Dawn, sur le tarot créatif…

    Nous sommes maintenant plusieurs années plus tard et je continue sur cette ligne d’apprentissage, mais en diversifiant mes sujets d’étude, et en prenant un virage plus « ésotérique » sur le sujet, pour retrouver le sens des symboles, comprendre la dimension hermétique du tarot (cela me conduit à revenir pas mal vers le tarot de Marseille d’ailleurs). Avec Etrange Tarot, j’ai davantage une dimension de « transmission » qui s’est ajoutée, qui est aussi riche d’enseignements sur ma capacité à exprimer clairement une idée, un concept, à qualifier un égrégore, souligner un symbole, un nombre, une composition graphique…

    Et puis les tirages que je fais pour des tiers sont aussi de bons vecteurs de progression : accepter ce que je perçois dans un tirage, exprimer clairement et logiquement les choses (même lorsqu’elles font mal ou qu’elles sont inconscientes), mettre les formes évidemment et reformuler, encore et encore, pour bien se faire comprendre, réserver les marges de manœuvre, d’initiative et d’action du consultant, gérer ma frustration lorsque le consultant n’est pas prêt à comprendre ou mettre en œuvre un tirage, accompagner sans diriger, dire sans imposer…

    Vous l’aurez compris, je suis toujours en apprentissage, et je le serai probablement toute ma vie ! Mais je progresse, je me vois progresser, passer des paliers imaginaires, et j’apprécie particulièrement changer de point de vue ou de perspective sur le sujet à la manière d’un Pendu, ou d’un peintre qui représente toujours une angle de vue différent de sa muse. C’est très plaisant !

    J’espère que cet article plus personnel vous aura intéressé-e-s !

    Avez-vous suivi une ou plusieurs de ces formations ? Envisagez-vous de le faire ? Comment vous assurez-vous de toujours progresser dans votre pratique ?

    Venez m’en parler en commentaires !