Bonjour à toutes et à tous,
ces dernières semaines, j’avais des mots qui tournaient dans la tête et j’ai fini par les écrire sur une note sur mon téléphone. Chaque fois que j’avais quelques minutes, j’ajoutais quelques lignes à mon texte qui a bien grandi ! Je vous le partage ici, il s’appelle Le Cercle, et il parle (évidemment) de sorcières et de magie !
Bonne lecture !

Le Cercle
Je les ai vues passer
A la nuit tombée,
Telles des ombres projetées
Fugaces, pressées
Ces femmes dénudées,
Ces corps noircis, huilés,
Qui se fondent dans l'obscurité,
S'enfuient sans difficulté
Où peuvent-elles donc aller,
Où sont-elles appelées ?
Elles vont se rassembler,
Et ensemble célébrer
Dans une clairière, un pré,
Elles se sont retrouvées,
Autour d'un feu, d'un brasier,
Un cercle elles ont formé
Sans parler, sans se regarder,
Se laissant porter, guider
Par les esprits, les entités,
Elles ont commencé à danser
Par la lune éclairées,
Par leurs souffles guidées,
Leurs corps coordonnés,
Sur un rythme endiablé
Ensemble elles ont créé
Un espace magique, sacré,
Où chacune peut s'exprimer,
Et bouger en liberté
Elles sont belles, ainsi débarrassées
Des carcans de la société,
Qui les ont opprimées,
Et si longtemps enfermées
Vives, sauvages, exaltées,
Leur nature enfin révélée,
Elles sont empouvoirées,
Solides, fières, magnifiées
Leurs corps emportés
Exhalent des effluves musquées,
Un incroyable bouquet
D'herbes et de fleurs coupées
De ce cercle entourant un foyer
Émane un pouvoir amplifié
Par chaque geste réalisé
Dans un bal synchronisé
Minuit a fini par sonner
Et la danse s'est arrêtée
Les sorcières se sont rassemblées
Et ont commencé à chanter
Leurs voix d'abord désaccordées
Ont fini par s'harmoniser
Au gré des paroles exprimées,
Tel un sort qu'elles lieraient
Voilà que leurs voix ont changé,
Plus profondes, sublimées
Par l'energie déployée
Dans cet écrin de sororité
Tout autour est désormais
Silencieux, muet,
Car le chant s'est élevé
Des tréfonds aux cieux étoiles
Voilà que la nature dans son entier
Vibre et tremble, agitée, subjuguée,
Tant la magie que les soeurs ont déployée
Est puissante et canalisée
Elles sont désormais connectées
A leurs ascendances, leurs lignées,
Et expriment en un choeur unifié
Un cri primaire et singulier
Comment décrire ce chant particulier
Qui remue et fait vaciller
Tout ce en quoi l'on croyait,
Nos certitudes si ancrées ?
C'est une complainte déchirée,
Un sentiment hurlé,
Une violence exprimée,
Bien trop longtemps réprimée
C'est aussi un cri d'amour extériorisé,
Pour la terre humide sous leurs pieds,
Pour leurs sœurs rassemblées,
Pour la nature dans son entier
C'est comme si elles avaient
Canalisé la vie même, concentrée
Dans une expression débarrassée
Des mots, des phrases et des idées
Une fois leur rituel terminé
Elles sont paisiblement retournées
Par les chemins, les sentiers
Pour retrouver leurs foyers
Sans un bruit, j'observais
Ces ombres calmes se disperser
Une fois leur office terminé,
Le sort était jeté
Comment peut-on accepter
Que ces sorcières aux âmes éclairées
Aux rituels ancestraux et ancrés
Soient toujours discriminées, jugées ?
Elles connaissent tous les noms donnés,
Aux hommes, aux animaux, aux objets,
Reconnaissent les âmes passées
De nouveaux nés à trépassés
Elles sont les gardiennes désignées
Des savoirs anciens, cachés,
Des puissantes divinités
Que l'humanité a fini par oublier
A force de foi et de piété
Les hommes se sont détournés
De la nature et ses bienfaits,
De la magie dont ils disposaient
Les sorcières sont le dernier relais
Entre les mondes qu'elles savent relier,
Des bas fonds aux sommets éthérés,
Leur pouvoir est illimité
Alors pour tous ceux qui ont foulé
La terre, cet espace sacré,
Un peu de RESPECT
Pour ses gardiennes dévouées
Si vous savez les respecter,
Elles vous apporteront santé,
Amour, joie, prospérité,
Ce que chacun peut rêver
Mais si vous les froissez,
Les maltraitez, les sous-estimez,
En un geste, quelques mots bien placés,
Elles scelleront votre destinée
Déploieront des feux et fumées
Enverront à votre suite sans ciller
Des corbeaux par nuées
Et des démons déchaînés
Elles ne pourront pas s'arrêter
Tant que votre sort ne sera pas réglé
Elles ouvriront les portes de votre passé
Vous ne serrez jamais né
Alors chers amis, choisissez la bonté
Perdez tout animosité, agressivité,
Et n'oubliez jamais de témoigner
Votre respect aux covens de vos contrées
Voilà ! J’espère que ce texte vous aura plu et inspiré-e-s !
Prochain article sur le blog => Mercredi midi ! (Je l’ai programmé, donc pas de faux bond !). J’ai pas mal d’idées d’articles à venir, il va y en avoir quelques uns d’ici fin janvier puis je vous ferai un article dédié aux contenus à venir dans les prochains mois !
Prenez soin de vous, et bonne semaine !
Bien à vous toutes et tous,

Gregory, aka @lesvoiesdufou
PS :

Merci !

