Aujourd’hui, j’ai animé un atelier autour du tirage contextuel pour l’association Etrange Tarot, et je me suis dit que j’allais vous partager le contenu du petit power point d’introduction que j’avais préparé pour l’occasion, en espérant que cela vous soit utile !
Pourquoi parlons-nous de tirage « contextuel » ?
Cette appellation vient à l’origine de Taronaute (désormais Sylvie Swann), bien que ce type de tirage ait existé bien avant elle (dans les ouvrages classiques, on retrouve plutôt les termes de tirage « libre », « sans emplacement », « global », « à trois cartes », etc). Néanmoins, j’aime bien le terme de tirage contextuel parce qu’il est très explicite.
En sémantique, le sens « contextuel » désigne l’interprétation d’un mot, d’une expression ou d’une phrase influencée par le contexte dans lequel elle est employée. Il met en lumière la façon dont le sens peut évoluer en fonction de facteurs situationnels, des intentions du locuteur et de la relation entre les participants à une conversation. L’intégration du contexte dans l’interprétation permet d’affiner le sens et de nuancer les interprétations.
C’est exactement ce que l’on fait ici, sauf que les mots, phrases ou expressions sont remplacés par des cartes de tarot !
Concrètement, c’est quoi ce tirage ?
C’est assez simple : c’est un tirage pour lequel on pose une question (avec tout le soin habituel pour la formulation de cette question) puis, assez classiquement, on mélange son jeu, on tire 3 ou 5 cartes (les deux possibilités sont décrites dans les ouvrages classiques) et on fait un étalement sans définir préalablement les emplacements (ainsi, il n’y a pas une carte pour le problème, une carte pour le conseil, etc).
Ce faisant, impossible d’appliquer la technique d’interprétation classique venant croiser l’emplacement avec la définition de la carte. Ce qui compte, en tirage contextuel, c’est la lecture globale du tirage, sa dynamique, les interactions entre les cartes.
Et en pratique, ça se lit comment ?
D’abord, on observe les cartes tirées :
Est-ce qu’il y a plutôt des majeurs ? (s’il y en a beaucoup = le tirage décrit une situation structurante, s’il n’y en a qu’un, il aura un intérêt plus important dans la lecture et pourra aider à identifier une narration)
Est-ce qu’il y a une « couleur » de mineurs qui domine ou qui revient, ou des personnages de cour, ou un nombre, ou une colorimétrie ? (ex. : s’il n’y a que des Coupes = tirage sentimental ou relationnel, ou mobilisant les émotions du consultant ; s’il n’y a que des 5 le tirage annonce une crise importante et des remous très forts)
Est-ce que des cartes attendues vu la question sont absentes du tirage ? Ou à l’inverse y a-t-il une carte inattendue qui apparait ?
Est-ce qu’il y a une harmonie dans le champ symbolique des cartes ou au contraire des oppositions ou polarités ? (là, on observe les archétypes et le champ symbolique, si on a 4 de Bâtons, 10 de Coupes et Soleil, o a une certaine harmonie, à l’inverse, si on a la Tour, le Soleil et la Lune, on interprètera avec plus de nuance…)
Ensuite, on interroge la dynamique du tirage :
Est-ce qu’il y a une carte « dominante » ou « leader » ou « clé de voute » ? (un arcane majeur au milieu de mineurs, une carte symbolique plus importante, ou plus simplement une carte qui attire votre attention…)
Est-ce que les cartes sont orientées dans la même direction, en directions contraires, est-ce qu’il y en a de face ? (prêtez attention à l’orientation des cartes, à la manière dont elles « communiquent » entre elles)
Est-ce que les cartes de champ symbolique semblable sont rassemblées, éparses ?
Est-ce qu’un axe narratif se dégage au regard de l’enchainement des cartes ? (de gauche à droite, une suite de nombres, un nœud au milieu du tirage, une convergence ou une divergence, une cassure…)
Enfin… on lit/lie les cartes elles-mêmes !
Pour lire les cartes, on les replace dans le contexte que nous avons préalablement identifié avec l’observation du tirage : ce sont les interactions entre les cartes elles-mêmes, la dynamique du tirage, la narration qu’elles décrivent qui nous servent à lire le tirage dans son ensemble d’abord, puis dans le détail ensuite.
Plutôt simple en théorie !
On tente quelques cas pratiques ?
Je vous propose 3 petits exercices préparés avec l’aide de mon ami ChatGPT (j’avais la flemme de les construire, et surtout je voulais quelque chose de simple, adapté à des débutants, résumés en un paragraphe et pour ça, l’IA fait parfaitement le job !) :
Exercice 1 : Claire
Claire est en couple depuis deux ans. Depuis quelques mois, elle ressent une certaine distance entre elle et son partenaire. Rien de conflictuel en apparence, mais la relation semble moins spontanée et plus incertaine. Elle se demande si cette période est simplement une phase passagère ou si quelque chose de plus profond est en train de changer dans leur relation.
Quelle dynamique traverse actuellement la relation de Claire que peut-elle faire pour améliorer les choses ? (tirage en 3 cartes)
Important : Rappelez-vous les étapes, et ne vous précipitez pas sur l’interprétation des cartes ! D’abord, on applique un regard macro : quelles cartes sont en présences, est-ce qu’il y a des majeurs, est-ce que les couleurs présentes sont attendues, est-ce qu’il y a une carte qui attire mon attention ? Puis en terme de dynamique : des schémas de répètent-ils, des symétries, est-ce qu’il y a une narration, un nœud, etc. Et enfin, on interprète !
Alors, que lisez-vous ? Dites le moi en commentaires !
Exercice 2 : Julien
Julien travaille depuis plusieurs années dans la même organisation. Son poste est stable et il maîtrise bien son travail, mais il ressent de plus en plus un besoin de changement. Une opportunité pourrait se présenter dans un autre service, mais il hésite : rester dans un environnement sécurisé ou tenter une évolution qui comporte des inconnues.
Pouvez-vous aider Julien à y voir clair dans sa situation, ses envies, son futur professionnel ? (tirage en 5 cartes, pour varier les plaisirs)
Alors, que lisez-vous ? Dites le moi en commentaires !
Exercice 3 : Laura
Laura vient de franchir une étape importante de sa vie personnelle : ses enfants ont quitté la maison et son rythme quotidien change beaucoup. Elle ressent à la fois un sentiment de liberté et une forme de questionnement. Elle a l’impression d’entrer dans une nouvelle phase de sa vie et souhaite mieux comprendre ce qui se transforme pour elle.
Quel paysage intérieur et quelles dynamiques caractérisent actuellement cette nouvelle étape de la vie de Laura ? (en 3 cartes)
Alors, que lisez-vous ? Dites le moi en commentaires !
Voilà, c’est la fin de ce support d’atelier de pratique !
Évidemment, durant l’atelier, nous avons prolongé en passant sur de vrais tirages, avec des jeux différents, des questions différentes émanant des participants…
Évidemment aussi, s’agissant d’un support pour débutants, j’ai gardé un dispositif simple et conservé notamment une question préalable, mais une fois que vous serez familiers avec la technique de lecture, vous pourrez aussi faire ce type de tirages sans même poser de question préalable !
Pas de question, pas d’emplacements, et une réponse quand même…. Que demande le peuple ?!
Sur ce, bonne pratique de ce type de tirages et à bientôt !
Aujourd’hui, un article qui sera un peu plus « niche » que d’habitude, mais qui répondra aussi à des questions qu’on me pose souvent lorsque j’indique que je finance des projets de tarots sur Kickstarter. Alors, quels avantages, quels inconvénients ? Parlons-en !
[les illustrations des différents jeux présentes dans cet article sont des vignettes copiées des campagnes que j’ai pu financer sur la plateforme, je n’en suis pas l’auteur, mais si vous souhaitez en voir plus sur les différents jeux, vous pouvez rechercher les campagnes en question qui sont toutes encore accessibles en ligne bien qu’elles soient clôturées]
Kickstarter, c’est quoi déjà ?
C’est facile, c’est une plateforme de financement collaboratif de projets créatifs, qu’on appelle aussi une plateforme de « crowdfunding » en bon français !
Concrètement, Kickstarter permet à des artistes (musicien-ne-s, auteur-e-s, cinéastes, créateurs/créatrices de jeux et bien d’autres choses) qui seul-e-s, n’auraient pas eu les moyens de mettre au monde une de leurs créations, de présenter leur projet au public le temps d’une campagne de quelques semaines avec un objectif de financement fixé par l’artiste (le montant nécessaire pour mener à bien son projet).
Les membres de la communauté Kickstarter peuvent décider de contribuer ou non au financement de ce projet, moyennant une contre-partie définie par avance par l’artiste (en général assortie de paliers selon le niveau de financement : on peut juste faire un don sans contre-partie, avoir simplement une carte postale signée, avoir un ou plusieurs produits, des bonus exclusifs…). Si l’objectif est atteint, alors les contributions sont prélevées, et le projet est lancé ! Si l’objectif n’est pas atteint, la campagne est annulée et aucun prélèvement n’est opéré. C’est donc aux artistes de bien dimensionner leurs campagnes !
Un point important à avoir à l’esprit tout de même : ici, on n’achète pas un produit, ce n’est pas une boutique (même si la contre-partie est bien souvent un produit). On contribue au financement d’un projet, avec tous les risques que cela implique (retard de production (souvent), baisse de qualité ou abandon de paliers (parfois), abandon du projet (peu fréquent en théorie, mais quand même de plus en plus)).
Du coup, lorsqu’on contribue au financement d’une campagne, on aide un artiste à créer, et à vivre de son art (yaaaaaay !), mais on assume également la majorité des risques et si le projet est abandonné on perd notre contribution et nous n’obtenons aucune contre-partie (la looooose).
De même, comme on finance un projet, on paye généralement plus cher dans une campagne Kickstarter que lorsqu’on a l’opportunité d’acheter directement le produit fini a postériori de la campagne (encore une fois, on finance un projet, pas un produit, et ça se paye !). Il faut se dire que sans le financement initial du projet, il ne verrait jamais le jour et qu’on aide vraiment à la création.
Pourquoi j’utilise Kickstarter ?
Vous l’avez compris, j’utilise exclusivement Kickstarter pour financer des projets de tarots ! J’ai financé mon premier projet en avril 2021, il s’agissant de « Sephirot – a tarot board game » créé par Causa Creations. Aujourd’hui, j’en suis à 40 projets différents soutenus sur Kickstarter !
En tant que contributeur, c’est extrêmement facile de financer un projet : on créé un compte sur Kickstarter, on rentre ses coordonnées bancaires et ses coordonnées tout court, et on navigue parmi des centaines de projets, tous à portée de main ! Il suffit de rentrer quelques recherches pour isoler le type de projets qui peuvent nous convenir, et de regarder de temps en temps si un on aimerait avoir un de ces projets chez soi !
Le gros avantage à financer des projets de tarot sur Kickstarter, c’est aussi de trouver des artistes et des auteurs qui partagent nos goûts, notre esthétique, et de trouver des produits « sur mesure » qui ne seraient pas sur le marché autrement. Et d’ailleurs, le succès d’une campagne Kickstarter peut également permettre à une création d’être ensuite éditée en « mass market », et ça c’est bien cool aussi !
Je suis assez fier d’avoir permis à différents projets de voir le jour, mais tout n’est pas rose non plus !
Financer un projet : avantages
Financer un projet présente plusieurs avantages.
D’abord, vous permettez à un artiste dont vous appréciez le travail de vivre de son art (ca c’est quand même assez cool !).
Ensuite, vous contribuez à la création de jeux indépendants et auto-édités, qui sont en général très qualitatifs, et surtout en exemplaires limités ce qui vous permet d’avoir un projet d’exception (j’ose le terme !), enfin, comme vous financez le projet et pas seulement le produit fini, vous pouvez échanger avec l’auteur, vous suivez toutes les étapes de création, vous pouvez aussi participer à certains choix (dos des cartes, bordures ou pas bordures, couleur des tranches, cartes bonus, choix entre deux designs…), ce qui rend l’expérience immersive et assez cool !
Enfin, dernier argument sympa : comme vous financez le projet en amont de sa création, il y a souvent un délai de 6 mois / 1 an avant que la contre-partie ne vous parvienne, vous avez le temps d’oublier le projet et cela fait de très bonnes surprises !
Voici une liste des projets que j’ai aidé à voir le jour et que je possède aujourd’hui dans ma tarothèque (vous en connaissez probablement plusieurs qui, depuis, se sont retrouvés chez le Salon des Arcanes notamment, et vous allez voir la variété de produits potentiels !) :
Sefirot : a tarot board game, de Causa Creations (Vienne, AUS)
Fantôme : a multidimensional tarot deck, de La Muci Design (SLO)
Wandering Spirit Tarot Deck, de Shin Haenuli (Seoul, S. KOREA)
Dream Vision Tarot, de Emma Zhang (San Francisco, US)
Tarot Disassembled, de Jennifer Cooper Steidley (Englewood, US)
Corrupted Tarot, de Wyrmwood (Boston, US)
The Sabbath Tarot – 2e édition, de Allan Spiers (Syracuse, NY)
The Unfolding Path Tarot, de Athene Noctua (London, UK)
MIMIT : Mini Mice Tarot, de Howl (Florence, Italy)
Tarocchi – a Classical Tarot Deck, de Mr Friborg (Copenhagen, DNK)
Magicians, Martyrs, and Madmen Tarot, de Travis Mc Henry (Las Vegas, US)
Monsoon Tarot, de Sengia (Los Angeles, US)
Ephemere, a tarot deck by True Black (Northborough, US)
The Little Avatar Tarot : Full Sized Deck, de Push Kitty (NYC, US)
The Woven Path, de Changeling Artist Collective (St Clair Shores, US)
Habetrot Traum tarot, de Habetrot (Baden, Switzerland)
Red Raven Tarot, de Luong Vu Anh Duy (Gainesville, US)
Dream of Nile, de Emma Zhang (Austin, US)
Chervono-Chorne Tarot, de Mykola Taradaiko (Ukraine)
Legendarium Tarot, de Montezi & Co (Rolleston, NZ)
City Labyrinth Tarot, de Mykola Taradaiko (Ukraine)
Obscuro : tarot from the depth of the universe, de Una in Space (Los Angeles, US)
The Afterlight Tarot, de Trzes-art (Berlin, ALL)
The Haptic Tarot, de Nicholas Jacobs (San Francisco, US)
Tamara Tarot, de Habetrot (Baden, Switzerland)
The Gothic Literature Tarot, de Sirian Shadow (Merritt, CAN)
Cat Tarot Deck, de Louis Art (Derby, UK)
The Baphomet Tarot Deck and Grimoire, de Travis Mc Henry (Bloomsbury, US)
The Matronua Tarot, de Valentina De Luca (Viterbo, Italy)
Rabbit Tarot Deck, de Louis Art (Derby, UK)
Il y a aussi des projets en cours de création, que j’ai financés il y a moins d’un an et que je devrais recevoir dans les prochaines semaines / prochains mois :
« Ukrainian Night Tarot by Old God’s Temple », de Mariya Tobischek (Autriche) = celui là est normalement produit et j’ai rempli le « surveykit » pour les frais d’envois, j’espère le recevoir bientôt bien que je n’ai pas de nouvelles depuis début janvier !
« The sabbath Oracle Deck », de Allan Spiers (Syracuse, NYC) et « The Sabbath Tarot – 3rd Edition », de Allan Spiers (Syracuse, NYC) = pour l’oracle comme pour le tarot, la production est finalisée, le créateur a retenu quelques semaines les envois le temps d’y voir clair sur la crise des frais de douanes (cela représente parfois des frais majeurs pour les créateurs qui réceptionnent leur production avant de la dispatcher, et il vaut parfois mieux la faire expédier directement depuis l’usine pour réduire les couts induits).
Je vous entends déjà (pour les plus pointilleux d’entre vous !) compter les projets listés ci-avant et vous dire « euuuh, il n’avait pas parlé de 40 projets soutenus ? Il en manquerait pas quelques-uns ? ». Hé bah si ! Mais il y en a plusieurs qui n’ont pas rejoint ma tarothèque, pour diverses raisons que nous allons évoquer maintenant !
Financer un projet : inconvénients
Les inconvénients sont également importants.
Tout d’abord, comme je vous l’ai dit plus haut, vous financez un projet et pas un produit, si bien que si le projet tombe à l’eau, vous êtes marron. Ensuite, si le projet ne se passe pas comme prévu et que la qualité est rognée, vous obtenez un jeu de qualité médiocre (toujours mieux que rien me direz vous…).
Un autre inconvénient, c’est que la plupart des créateurs sont américains, et les frais de port sont en général EXORBITANTS, et pendant très longtemps le financement ne comprenait pas la TVA et autres joyeusetés douanières, ce qui fait que pour récupérer le produit, il fallait en plus acquitter des frais de douanes parfois substantiels (sans compter les frais magiques que la Poste applique en plus pour la « gestion de dossier », en général 8 euros !). Frais de port + frais de douanes et taxes + frais de gestion, cela peut faire jusqu’à doubler le prix d’un jeu, il faut vraiment anticiper cela dans sa décision de financement ! (et comme vous ne savez jamais vraiment quand vous recevrez votre contre-partie, il faut aussi avoir les fonds disponibles pour régler ces frais complémentaires le moment venu et ne pas trop jouer les cigales !).
Du coup, quels sont les « échecs » Kickstarter que j’ai pu vivre ? Hé bien ils sont de plusieurs ordres :
L’objectif de financement n’a pas été atteint
Lorsque l’objectif de la campagne n’est pas atteint, comme je le disais plus haut, on n’est pas prélevés de notre engagement financier, donc techniquement, on n’a rien perdu. Mais c’est quand même ultra frustrant lorsqu’on s’est projeté sur un projet et qu’on a bien accroché au style de l’artiste ! Mais bon, c’est la vie d’un projet !
Cela a été le cas pour seulement 2 campagnes me concernant :
« The Radiant Millenial Tarot Deck » de Nicole Nightfall (NYC) ;
« The Sabbath Tarot – 3rd Edition » de Allan Spiers (Syracuse, NYC).
Je sais, le Sabbath Tarot 3e édition est aussi présent dans la liste au-dessus des jeux en cours de création, c’est simplement que Allan Spiers a finalement décidé de relancer sa campagne après que sa première tentative ait été infructueuse, faute d’atteindre l’objectif fixé ! (Là encore, peut-être voyez-vous que j’ai précédemment financé la seconde édition de ce jeu, et vous demandez pourquoi financer la 3e ? Hé bien parce que je l’adore et que j’aimerais en avoir en réserve si jamais j’étais un jour amené à l’abimer… On est collectionneur ou on l’est pas !).
Pour le Radiant Millenial Tarot, je ne sais pas si finalement il a vu le jour, je n’ai pas vu passer de relance de la campagne et j’avoue que je n’ai pas été attentif aux suites.
2. Le projet est mené à bien, mais le produit reçu est d’une qualité plus que médiocre
Cela ne m’est arrivé qu’une fois, avec le :
Masquerade Tarot », de Fatum (Madrid, ES)
C’est un jeu qui tourne autour des jeux d’amour, il est un peu érotique (modérément hein, vous emballez pas !), avec des personnages tous masqués et sexys, je trouvais que c’était pas forcément un type de jeu très représenté (et sympa pour certains types de tirages :-)).
Le problème ? Les dimensions du jeu reçu sont ridicules (aujourd’hui, on appellerait ça une version « mini »), et la qualité des cartes une catastrophe ! J’ai reçu le jeu, je l’ai regardé, je me suis dit que rien que le mélanger reviendrait à l’abimer fortement au niveau des tranches, alors je l’ai rangé et je l’ai oublié jusqu’à aujourd’hui… Pourtant, le jeu venait avec énormément de goodies (je ne me rappelle plus trop quoi, mais je crois qu’il y avait une extension, un pochon, un tapis… peut-être un masque aussi mais je ne suis plus très sûr), mais j’aurais préféré ne pas avoir de goodies et que le jeu soit plus quali.
Pas un de mes meilleurs souvenirs, mais que voulez vous, on ne gagne pas à tous les coups et on peut avoir les mêmes déceptions avec des jeux mass market !
3. Le tarot est censé être produit et envoyé, mais je ne l’ai jamais reçu
Ça, ça ne m’est arrivé qu’une fois, et pour un projet FRANCAIS bordel de m@#d€… (le seul que j’ai financé sur Kickstarter…), j’ai nommé :
« Viking Volar : Tarot of norse legends » de Maneo playing cards (Nice, FR).
Ce jeu-là, je vous avoue que je l’ai eu en travers trèèèèèèèès longtemps et que je suis encore dégouté rien que d’y penser. J’ai financé ce projet en juin 2004, en « early bird » (j’étais un des premiers à le financer et pour cela j’ai eu un tarif préférentiel), j’ai choisi de financer le projet à hauteur de 80€, avec en contre-partie 2 jeux + 2 livrets.
Le projet a été mené a priori correctement, j’ai fini par recevoir un numéro de suivi de la Poste pour mes contre-parties (donc plutôt cool), puis plus aucune nouvelle. Au bout d’un moment, je me suis rendu compte que c’était bizarre, j’ai consulté le numéro de suivi en ligne et là, j’ai vu écrit « colis livré dans la boite aux lettres »… Euuuuh, non seulement je crois que je serais au courant si c’était le cas, mais surtout il est IMPOSSIBLE de me livrer un colis comprenant 2 jeux de tarot dans ma boite aux lettres, parce que cela ne rentre pas (c’est une ancienne boite aux lettres dans mon immeuble, qui ne répond pas aux normes actuelles).
J’ai écrit aux créateurs qui m’ont probablement pris pour mec qui essaie de les arnaquer. J’ai fait tout mon possible pour démontrer ma bonne foi, rien n’y a fait. J’ai écrit à la Poste et fait toutes les démarches possibles pour faire valoir mes droits, mais j’ai eu une fin de non recevoir : ils ont simplement fait une « enquête » qui s’est limitée à lire le suivi de colis et à revenir vers moi pour me dire « colis livré », et quand j’ai contesté ils m’ont dit que seul l’expéditeur pouvait faire un recours (insupportable réponse, quand on a payé le produit, les frais de port et que l’information mensongère nous concerne !). Bref, j’ai réécrit aux créateurs du jeu, qui ont laissé mes messages lettre morte.
Au final, j’ai eu le sentiment d’avoir jeté 80 balles à la poubelle, et je ne saurai jamais si la Poste a perdu le colis, si le livreur l’a gardé pour lui, ou s’il a mis le colis au-dessus des boites aux lettres et qu’un voisin (ou un visiteur) s’est senti le droit de se servir… Les boules !
Je pourrais me rebooster en me disant que grâce à moi, un projet a pu être mené à bien, c’est vrai, mais je suis dég quand même de ne jamais avoir été considéré comme de bonne foi et avoir dû me contenter d’être ghosté par les créateurs !
Mais bon, il y a pire… la catégorie suivante par exemple !
4. Les projets dont les créateurs… s’évanouissent dans la nature !
Ca, c’est une configuration plus récente, que je n’ai pas connu durant mes premières années sur Kickstarter (ce qui explique sûrement que j’ai persévéré jusque là !).
The Clouds of Destiny Tarot », de Montenzi & Co (Rolleston, NZ)
The Ancestral Tarot Deck », de Denice Smith (Michigan City, IN)
J’ai financé ces deux projets de jeux en novembre 2024… Clairement j’ai été mal inspiré ce mois-là ! Pourtant, j’avais déjà financé un projet de Montenzi & Co (le Legendarium), et le projet s’était déroulé sans accroc, j’avais donc confiance pour le Clouds of Destiny… Bon bah là, plus de son, plus d’image depuis juillet 2025.
Sur le projet « the Ancestral Tarot Deck », la créatrice dit qu’elle a envoyé les demandes de coordonnées postales en avril, mais personne n’a rien reçu, et les commentaires sont très nombreux à affirmer qu’il s’agit d’un « scam » (une arnaque), et vu l’absence de nouvelles depuis bientôt un an, je ne peux que leur donner raison.
Le problème, c’est que dans cette hypothèse, Kickstarter ne fait rien du tout : on se retrouve finalement très seuls avec notre financement dans la nature, aucune nouvelle du projet, sans même savoir si à un moment il y a véritablement eu un projet. C’est pour moi l’énorme point faible de la plateforme : elle fait peser tous les risques sur les financeurs, et ne leur apporte aucune garantie.
Pourtant, elle fixe des règles : les créateurs doivent communiquer régulièrement, donner l’état d’avancement de leurs projets, partager sur les difficultés, les éventuels délais, etc. Mais là, clairement, j’ai deux exemples où ce n’est pas absolument pas respecté et il ne se passe rien.
Et surtout, si on peut signaler à Kickstarter un projet, les motifs disponibles ne comprennent pas ce genre de situation, le manquement d’un créateur à ses engagements. Alors on se retrouve vraiment seuls, et c’est vraiment frustrant !
Mais que voulez-vous, pour ces projets j’ai commencé à faire mon deuil…
Bilan des courses ?
Le bilan est un peu en demi-teinte de mon côté : d’un côté, j’ai pu financer des jeux qui sont exceptionnels, et je suis très content d’avoir contribué à leur mise au monde parce que sinon, ils m’auraient manqué ! D’un autre coté, j’avoue que cette logique qui veut que tous les risques soient portés par les particuliers qui financent des projets est exaspérante, et qu’il manque de vraies garanties et garde-fous de la part de la plateforme !
J’ai pris la décision, après les deux disparitions évoquées ci-avant, de ne pas financer d’autres projets pour le moment, tant que la plateforme n’améliorera pas les choses.
Je ne dis pas que je ne financerai jamais d’autres projets sur la plateforme, je crois que Nico du Salon des Arcanes envisage d’utiliser la plateforme pour de futurs projets et comme je le connais bien et lui fais toute confiance, je contribuerai à ses futurs projets, mais en l’état j’ai trop mal vécu les derniers projets pour vouloir me relancer dans l’aventure à court terme.
Je vais déjà attendre de recevoir les jeux en cours de création pour reprendre un peu confiance en la plateforme !
Heureux de vous retrouver pour un article relatif à un sujet sur lequel je suis souvent questionné par les personnes qui débutent dans l’apprentissage du tarot : comment je suis venu au Tarot et, surtout, comment je me suis formé ?
Je trouvais intéressant de retracer un peu cela ici, alors prenez un bon thé, installez vous confortablement, et papotons un peu !
Comment je suis venu au Tarot ?
La première chose à dire ici, c’est que le Tarot a toujours été dans ma vie, parce que ma mère tirait le Marseille (mais dans la version de Oswald Wirth) et le Grand Etteilla (c’est moi qui possède ses jeux aujourd’hui), selon une méthode qu’elle avait apprise d’une tante si je me souviens bien (moi je ne l’ai pas connue) qui avait décelé chez elle « le don » (ma famille flirte avec l’ésotérisme depuis quelques générations déjà !).
J’ai des souvenirs très clairs des séances de tirages que faisait ma mère pour des amies ou des cousines, où nous (les enfants) étions assignés dans nos chambres avec interdiction de déranger ou de faire du bruit pendant toute la durée de la séance, que ma mère agrémentait d’encens japonais, de musique douce, d’un thé et d’un gâteau fait maison ! Je me souviens me pencher, la tête à l’envers, pour apercevoir le tirage entre les marches de l’escalier et capter des bribes de conversations interdites ^^. Le tarot était clairement un instrument magique, à portée de main !
Si ma mère purifiait son tarot et suivait des usages précis pour les tirages (mélanger les cartes d’une certaine manière, tirer de la main gauche, etc), elle nous laissait en revanche regarder les cartes, en tirer une de temps en temps, et surtout ses jeux nous étaient accessibles sur un étage dédié de la bibliothèque familiale. Clairement, nous savions tous que ce n’étaient pas des jeux, qu’il y avait des usages dédiés et un cérémoniel, mais si nous en avions envie nous pouvions y accéder.
De fait, j’ai très vite voulu avoir des cartes à moi, et j’étais très jeune (peut-être 6 ans, dans ces eaux-là) lorsque je demandais à ma mère de m’acheter mon premier jeu, dans une brocante. C’était un tarot égyptien, je m’en souviens parfaitement bien que je n’en dispose plus aujourd’hui et que je ne l’aie jamais retrouvé sur le marché ! A l’époque, je ne savais pas le lire, mais j’utilisais ce deck comme un jeu aux puissants pouvoirs magiques (j’avais et j’ai toujours énormément d’imagination).
Ensuite, j’ai acheté plusieurs jeux durant mon adolescence (essentiellement dans une boutique ésotérique de Bayonne qui s’appelait « le nombre d’or » où j’ai également trouvé mes premier ouvrages de magie qui étaient quand même assez rares à l’époque !), surtout des oracles (je n’arrivais pas à acheter un tarot de Marseille parce que je n’aimais pas l’idée de devoir laisser les 2/3 du jeu dans la boite lors des tirages, et je n’ai pas souvenir d’avoir croisé un jeu Rider Waite Smith à l’époque. De même, je ne voulais pas lire les mêmes types de jeux que ma mère, parce que j’ai toujours eu un rapport compliqué à l’héritage ésotérique familial dont je voulais m’affranchir), et j’ai fini par trouver un jeu intitulé Les cartes divinatoires du Karma, de M. Mantovani, qui était beau, centré sur les éléments, clair, précis, détaillé, avec des interprétations par domaines qui me parlaient beaucoup. Je devais être au début du lycée, parce que je me souviens avoir ce jeu dans mon sac et l’emmener régulièrement pour faire des tirages avec des copines sur des sujets adolescents sans grand enjeux (mais avec des résultats spectaculaires qui nous avaient un peu effrayés à l’époque, notamment sur les ruptures à venir, les résultats de contrôles, etc.). J’ai toujours ce jeu aujourd’hui, et je garde une profonde affection pour lui et l’utilise de temps en temps (c’est un peu devenu une relique pour moi et j’en prends grand soin !).
A la même époque, j’ai rencontré deux copines de lycée qui étaient également versées dans la cartomancie et la magie. Nous avions découvert cet intérêt commun lors d’un déplacement scolaire à Pau où, ayant plus d’une heure à tuer en attendant le bus du retour, nous avions fini dans café où elles m’avaient spontanément tiré des cartes de l’oracle Gé. Là encore, j’ai un souvenir extrêmement précis de cette séance, du bruit alentour, de la table en bois massif, des petites appliques, de l’énergie du jeu qui collait tellement avec l’énergie de l’instant…
Après le lycée, la cartomancie fera des allers retours dans ma vie, avec des périodes où j’aurai envie de m’y remettre, d’apprendre, puis des périodes où je ne toucherai plus un jeu pendant des mois voire des années. Ces allers retours se sont poursuivis de la fac aux premiers boulots.
Puis j’ai eu envie de m’y mettre pour de vrai, d’approfondir les choses, de comprendre le sens, la symbolique, l’usage, la mécanique du Tarot (surtout depuis ma rencontre avec le tarot RWS). C’était une période qui correspondait aussi à une activité personnelle plus importante dans le domaine de la magie, qui m’avait d’ailleurs motivé à ouvrir un compte insta dédié à la pratique magique (ne perdez pas de temps à le chercher, son nom n’avait rien à voir avec moi ou avec les voies du fou, il est fermé depuis longtemps, mais ca aussi je pourrai vous en parler un jour !). Mes partages sur ce compte étaient initialement centrés sur la pratique magique, sur les rituels, sur « l’esthétique sorcière », mais plus j’avançais dans le tarot, plus mes posts représentaient des cartes et des tirages au point qu’il n’y avait quasiment plus que ça. J’ai donc créé le compte « les voies du fou » et j’ai tenu les deux comptes en parallèle pendant un temps avant de me consacrer aux seules voies du fou.
Ce compte a d’abord été un journal de tirage, avant de devenir un livret d’exercices et de partage. Son développement a coïncidé avec les confinements, qui ont été un vrai booster d’apprentissage pour moi, parce que j’avais enfin du temps de vie et de cerveau pour m’y consacrer, me former, progresser… Les voies du fou est devenu un compte me permettant de partager ma passion, de rencontrer du monde, il a contribué à développer ma pratique, à l’ancrer dans mon quotidien et à en faire un outil de divination, mais aussi de développement personnel, de création, de réflexion, de philosophie, de poésie…
J’ai ainsi connu une très forte connexion au tarot qui a généré une très grande activité autour de la carto pendant plusieurs années, la plus longue période que j’ai connue à ce jour, qui s’est accompagnée d’une collectionnite aigüe de jeux et d’ouvrages. J’ai suivi des ateliers de pratique (j’y reviens en partie 2), rejoint une asso, et depuis j’utilise le tarot pour des usages divers et variés, alors qu’initialement je ne tirais les cartes que pour moi, je les tire aussi pour des tiers désormais, je partage ma lecture, mon référentiel personnel d’interprétation. Avec Etrange Tarot, je construis des ateliers, des sessions de travail, bref j’ai une pratique plus ouverte aux autres et assez décomplexée (je n’ai, par exemple, aucune difficulté à en parler au boulot, et la plupart de mes collègues savent que je tire les cartes).
Une anecdote amusante quand même : j’ai présenté il y a quelques années un concours important, et ma présentation personnelle a été construite à l’aide de cartes de tarot ! 3 cartes, trois idées fortes à mettre en avant. Ca a très bien fonctionné !
Je sens aujourd’hui que j’évolue vers une approche plus apaisée du sujet, probablement grâce à la fermeture de mon compte instagram, j’ai moins de pression à faire ou à acheter des trucs qui ne saturent plus mon espace de vision et de réflexion (je reste un collectionneur de jeux hein ! mais je n’ai plus ce truc d’avoir absolument le dernier jeu sorti, j’achète si ça me plait et le moment venu).
J’évolue aussi vers une exploration des différents aspects symboliques du tarot (en ce moment, astrologique et planétaire, mais aussi alchimie depuis un moment, et j’espère évoluer sur mon appréhension de la kabbale dans les mois à venir…) et d’autres formes de cartomancie, notamment la carto tradi qui revient pas mal en ce moment, et ses usages spécifiques (par exemple en hoodoo, mais aussi en sorcellerie).
De ce qui précède, je retiens finalement que je ne suis pas venu au Tarot, il a toujours été là, mais sa présence initialement balbutiante n’a fait que se renforcer avant de s’affirmer pleinement et aujourd’hui, il fait partie intégrante de ma vie.
Comment me suis-je formé au Tarot ?
Du récit précédent, vous aurez compris que pendant des années, je ne me suis pas formé au Tarot, ayant conservé une pratique dilettante. J’utilisais alors le livret pour interpréter chaque carte que je tirais. C’était un peu mécanique, mais surtout c’était… FRUSTRANT ! Souvent, les livrets étaient très courts (vous voyez, les mini livrets blancs là, qui comprennent des développements types en plusieurs langues et seulement quelques mots par carte), approximatifs (les éditeurs mettaient le même livret dans toutes les boites de tarots, quels que soient leurs designs ou le système en présence), sans explication véritable (or, moi, j’ai besoin de comprendre les choses).
Lorsque j’ai enfin décidé de m’y mettre sérieusement, j’ai pu bénéficier des prémices de la montée en puissance de la bulle spéculative autour de l’ésotérisme, et ma progression a été accompagnée par une croissance majeure de l’offre de formation.
Les premières vraies ressources que j’ai pu trouver, ce sont des vidéos Youtube de Sébastien Michel, dans lesquelles il explique les arcanes majeurs du tarot de Marseille et son approche liée à la composition picturale classique pour lire les cartes. J’ai vraiment beaucoup aimé sa façon de lire les cartes et j’ai ensuite acheté les 3 livres qu’il a publiés : Le théâtre du tarot, Le tarot par la pratique, Créer son succès avec le tarot de coaching.
En parallèle, j’ai acheté la bible d’Emmanuelle Iger, Lire le tarot avec le Rider-Waite (éditions Trajectoire), qui m’a vraiment permis de faire la différence entre les deux jeux, comparer les cartes, rentrer dans la logique systémique du tarot et appréhender toutes les dimensions d’interprétation possibles. J’ai aussi lu tous les articles qu’elle avait pu publier sur son site internet « lesmotsclefs » (franchement, beaucoup d’articles vraiment très intéressants à lire, je vous recommande d’y fouiller un peu !).
J’avais envie de suivre une formation en présentiel, mais initialement je n’en ai pas trouvé. J’ai en revanche entendu parler de la formation en ligne « Tarot intuitif » faite par Margot Robert Winterhalter. Après plusieurs tergiversations (le mot « intuitif » ne me paraissait pas coller avec le type de formation que je voulais suivre et je craignais que ce soit un peu « en l’air »), j’ai fini par la prendre à l’occasion d’une promo. J’ai suivi la plupart des modules en lisant en parallèle le livre d’Emmanuelle Iger pour croiser les approches, les lectures, les manières de voir les choses.
Les confinements ont été une opportunité folle d’approfondir tout cela, et de faire le tour de la toile ! J’étais alors dans une logique de tirer « une carte par jour » et de suivre quelques challenges sur la toile (le Tarot Polar de Cécilia à jamais dans mon cœur !), je ne m’étais pas vraiment confronté à des tirages de cartes, les gros tirages (genre croix celtique) me faisaient flipper et je me considérais comme un grand débutant attaché à mes livres (erreur typique je crois !).
Au sortir des confinements, j’ai eu l’opportunité de faire un atelier de pratique en présentiel avec Audrey, THE Oraclinzel Professor, et de participer aussi à un « Tarot Shopping » où Audrey et Emmanuelle Iger vendaient des jeux et on pouvait mettre son nom dans un panier pour faire un tirage à quelqu’un. J’ai eu la chance de faire un tirage à une dame avec l’aide d’Emmanuelle, puis d’être accompagné par elle sur un tirage de croix celtique que je n’osais pas faire jusqu’alors et c’était ultra riche d’enseignement (franchement, la sensation d’un bond immédiat dans la compréhension du truc, l’impression d’enlever les petites roues que je gardais sans raison). C’est clairement un aspect qui marquera ma pratique par la suite, le partage, l’aide, l’accompagnement, l’échange.
J’ai logiquement voulu suivre la formation d’initiation au tarot donnée par Emmanuelle Iger sur 2 jours, mais elle ne disposait plus de local et a mis cette formation en suspens pendant plusieurs mois. C’est à peu près à ce moment-là, je crois, que j’ai découvert Hyena Soul Shadow et sa formation Tarot et pop culture (je ne sais pas comment j’ai fait jusqu’alors pour passer à côté vu la notoriété de Hyena !), et moi je suis un bon geek alors cela m’a parlé tout de suite ! Je me suis inscrit sur sa plateforme et j’ai suivi quasiment tous les modules. Cela m’a notamment aidé à réintégrer l’aspect ésotérique / divinatoire du tarot dans mon apprentissage, qui avait été un peu écarté par un trop plein de tarot psy (plus sécurisant, mais nettement moins fun !).
Avec l’avènement de la sphère tarot sur insta est venue aussi la collectionnite de jeux de tarot. Moi, de base, je ne suis pas un collectionneur (même si je peux être un accumulateur). Mais j’ai trouvé dans l’achat de jeux d’artistes la possibilité de rencontrer des visions et des interprétation différentes des cartes du tarot : lorsqu’un artiste redessine un 7 d’Epées en échelle avec un personnage qui monte dessus, un Cavalier d’Epées en activiste, un Hiérophante en shaman ou en livre des ombres, c’est tout un nouveau référentiel qui se débloque, et j’adore ça ! Être interpellé par la vision d’une carte et ce qu’elle implique en interprétation.
Lorsqu’Emmanuelle Iger a retrouvé un local, je me suis inscrit à une session de formation (je pense que cela faisait deux ans, peut-être trois que je pratiquais sérieusement et quotidiennement le tarot, et j’avais déjà plusieurs jeux dans ma collection). Finalement, malgré toute la qualité de cette formation que je vous recommande si vous débutez, je me suis rendu compte que je n’ai rien appris, je connaissais déjà les cartes, les tirages de base, les manières de lire et lier les cartes entre elles, j’avais déjà un bon bagage théorique. J’ai pu poser des questions, trouver un premier groupe de pratique, mais surtout j’ai pu me rendre compte que je n’étais plus débutant et qu’il fallait que j’enlève les petites roues et que je pousse les choses plus loin !
Je me suis alors consacré à la pratique et non plus à la formation : j’ai suivi de nombreux ateliers avec Audrey (à Paris puis à Meaux), fait de nombreux challenges tarot, créé des tirages, et orienté mon activité en ligne vers la création d’exercices pour aider à l’apprentissage du tarot. J’ai sans cesse augmenté ma collection de jeux, mais aussi ma collection de livres. J’ai alors rencontré les auteurs classiques, ceux qui ont été les premiers à écrire sur le tarot et ses symboles. J’ai lu sur l’histoire du tarot, j’ai aussi commencé à lire des ouvrages anglo-saxons sur le tarot, sur les tirages, sur les associations, sur les cartes inversées, sur la Golden Dawn, sur le tarot créatif…
Nous sommes maintenant plusieurs années plus tard et je continue sur cette ligne d’apprentissage, mais en diversifiant mes sujets d’étude, et en prenant un virage plus « ésotérique » sur le sujet, pour retrouver le sens des symboles, comprendre la dimension hermétique du tarot (cela me conduit à revenir pas mal vers le tarot de Marseille d’ailleurs). Avec Etrange Tarot, j’ai davantage une dimension de « transmission » qui s’est ajoutée, qui est aussi riche d’enseignements sur ma capacité à exprimer clairement une idée, un concept, à qualifier un égrégore, souligner un symbole, un nombre, une composition graphique…
Et puis les tirages que je fais pour des tiers sont aussi de bons vecteurs de progression : accepter ce que je perçois dans un tirage, exprimer clairement et logiquement les choses (même lorsqu’elles font mal ou qu’elles sont inconscientes), mettre les formes évidemment et reformuler, encore et encore, pour bien se faire comprendre, réserver les marges de manœuvre, d’initiative et d’action du consultant, gérer ma frustration lorsque le consultant n’est pas prêt à comprendre ou mettre en œuvre un tirage, accompagner sans diriger, dire sans imposer…
Vous l’aurez compris, je suis toujours en apprentissage, et je le serai probablement toute ma vie ! Mais je progresse, je me vois progresser, passer des paliers imaginaires, et j’apprécie particulièrement changer de point de vue ou de perspective sur le sujet à la manière d’un Pendu, ou d’un peintre qui représente toujours une angle de vue différent de sa muse. C’est très plaisant !
J’espère que cet article plus personnel vous aura intéressé-e-s !
Avez-vous suivi une ou plusieurs de ces formations ? Envisagez-vous de le faire ? Comment vous assurez-vous de toujours progresser dans votre pratique ?