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Un souvenir, un tirage

7–11 minutes

Bonjour à toutes et à tous,

Aujourd’hui, je vous propose un article encore un peu différent de ce que je peux vous proposer d’ordinaire ! Je voudrais vous montrer comment, parfois, il suffit d’un souvenir pour dérouler un tirage qui fait sens dans notre vie actuelle et peut nous aider à progresser ! J’ai choisi le 6 de Coupes pour illustrer cet article parce que je trouve que, dans ce contexte, il fait parfaitement sens !

Pour structurer un peu mon propos, je vous propose une anecdote anodine, un souvenir marquant, une interprétation a posteriori, et un tirage créé pour l’occasion !

Une anecdote anodine…

L’autre jour, je faisais mes courses dans un magasin Naturalia différent de celui dans lequel j’ai mes habitudes. Au moment de passer en caisse, je remarque un présentoir avec du papier d’Arménie (vous connaissez ? ces petits carnets vert et jaune qui contiennent plusieurs feuilles de papier buvard parfumé à faire bruler). Cela faisait longtemps que je n’en avais pas fait bruler chez moi, l’encens et le palo santo (éthique et durable hein, c’est à dire issus de bois tombé au sol naturellement et ramassé par des communautés locales) l’ayant détrôné ces dernières années. J’en ai directement acheté plusieurs paquets.

Un souvenir marquant…

Dès que j’ai allumé le papier et senti son parfum se dégager, j’ai été transporté longtemps en arrière, dans ma prime jeunesse, chez mes grands-parents. Ma grand-mère avait toujours un paquet de papier d’Arménie chez elle, et lorsque je venais, elle me donnait une coupelle, une lamelle de papier d’Arménie savamment pliée qu’elle allumait en son bord avec une allumette (si vous connaissez ce papier, vous savez que chaque feuille est divisée en 3 lamelles), éteignait la flamme et me faisait faire le tour de toute la maison avec le papier incandescent pour en répandre la fumée parfumée.

C’était très codifié : je devais toujours partir de la porte d’entrée, puis faire le tour de chaque chambre dans l’ordre d’apparition dans le couloir, puis le salon / salle à manger (avec une insistance sur la bibliothèque), la cuisine et la buanderie, dernière pièces avant la sortie vers le jardin.

J’étais hyper fier d’avoir cette responsabilité là ! Et je l’ai toujours fait, même en grandissant.

Une interprétation a postériori

C’est fou de me rendre compte, après toutes ces années, de l’importance de ce petit rituel pour moi, et de voir que j’ai reproduit sans m’en rendre compte le même schéma chez moi (allumer le papier près de la porte d’entrée, faire la chambre, puis chaque pièce dans l’ordre du couloir, une attention particulière à la bibliothèque, et terminé par la dernière pièce de mon appart).

Je me rends compte, maintenant que j’y prête attention, que j’associe cette fumée et ce parfum à ma grand-mère, à ma jeunesse aussi et aux après-midis que je passais chez mes grands parents, à escalader les arbres du jardin (surtout un immense noyer et un magnifique mimosa), à construire des cabanes dans la forêt de Chiberta qui jouxtait leur jardin (j’en ai passé des journées en forêt), à jouer à la pelote au fronton Orok Bat et à prendre le goûter (un chocolat chaud et des biscuits) avec ma grand-mère en regardant le feu de cheminée, question pour un champion en fond sonore…

Ce sont des supers souvenirs d’enfance, teintés de nostalgie, mais tellement clairs dans mon esprit maintenant qu’ils ont été ravivés par ce parfum…

Je me rends compte de la dimension symbolique de l’objet, du rituel, et je me dis que je ne l’ai pas acheté par hasard ! j’avais besoin de ce petit rituel !

Et un tirage de cartes !

J’ai eu envie de prolonger cette expérience et de créer un tirage de cartes que je pourrais faire pour aller au-delà de ce moment de mémoire et de nostalgie, et retrouver les bienfaits du papier d’Arménie aujourd’hui dans ma vie. Voici une proposition de tirage en 5 cartes (assez classique) :

  1. La maison : Qu’est-ce qui, chez moi, a besoin d’être purifié / nettoyé ?
  2. Le rituel : Comment m’y prendre / quelle action engager ?
  3. Le papier d’Arménie : Qu’est-ce qui pourra m’y aider / quelle ressource mobiliser ?
  4. L’enfance : ce que cela restaurera chez moi / quel effet en attendre ?
  5. Ma grand-mère : un conseil bienveillant pour mener à bien cette opération ?

Vous voyez, c’est pas si compliqué de créer un tirage ! Un parfum, un souvenir, une émotion, un tirage ! Je n’ai volontairement pas donné à ce tirage une coloration trop « shadow work » dans les intitulés des emplacements, parce que je ne voulais pas non plus en faire un tirage trop impactant et souhaitait garder la légèreté de mes souvenirs ! Mais bon, vous comme moi, nous savons que même les tirages les plus anodins peuvent donner les retours les plus spectaculaires alors nous ne sommes évidemment à l’abri de rien !

Nous aurions pu retenir des orientations très différentes :

  • explorer le thème de la maison plus avant, avec ce que chaque pièce pourrait appeler à purifier / nettoyer (je crois qu’il existe déjà en ligne un tirage du ménage de printemps ou quelque chose approchant) ;
  • explorer le rapport à ma grand-mère (ce qu’elle m’a appris, ce que reproduis, ce que ça m’apporte, sa mémoire chez moi, mon émancipation…) ;
  • explorer plus à fond l’objet du papier d’Arménie (le parfum, le carnet, les 3 sections, le feu, la fumée, la combustion, les cendres…) ;
  • aller plus loin dans les souvenirs avoisinants (créer un tirage autour du jardin, de la forêt, du dimanche en famille, du goûter…).

Bref, vous le voyez, l’inspiration est sans limite, et même si le tirage sur lequel vous arrivez finalement ne vous parait pas « original » ou « innovant », qu’importe : il aura pour vous un sens particulier, pourra vous accompagner à différentes étapes de développement, et même si les emplacements ne sont pas révolutionnaire c’est un tirage qui n’est composé que pour vous !

Et vous, cela vous arrive de créer un tirage à partir d’un moment, d’une sensation, d’un souvenir, d’une émotion ? Dites-moi tout !

Bonus : Je vous le partage, mon tirage ?!

Si cela vous intéresse, voici mon tirage de cartes, réalisé avec le Tarot aux ramures étranges de Rouxalis (j’ai choisi ce jeu parce qu’il me fait beaucoup penser au Pays Basque, à ses mythes et légendes, à son folklore, à sa force brute et naturelle) :

  • La Maison : 3 de Coupes
  • Le rituel : Le Soleil
  • Le papier d’Arménie : L’amoureux
  • L’enfance : Reine de Bâtons
  • La grand-mère : 5 d’Epées

Pour l’interprétation, en regardant la carte de la maison, je vois que le sujet sur lequel j’ai besoin de faire un peu de ménage c’est mon rapport aux sorties, aux fêtes, aux moments où je profite, je rigole, je m’amuse, les moments de légèreté. Il est vrai qu’avec le temps, le boulot et l’âge aidant, on s’est tous casés, beaucoup de mes amis ont des charges de famille et peu de disponibilités, je suis pour ma part devenu très casanier, et là où avant, j’aimais aller à des concerts, sortir en boite, retrouver des amis pour un resto ou un verre, j’ai tendance à rester chez moi, par flemme, par fatigue, par facilité aussi. Et c’est vrai que la plupart du temps, je trouve cet aspect casanier confortable, mais à y regarder de plus près, c’est assez pesant et frustrant, et j’aimerais retrouver un peu d’animation, de motivation et d’entrain, revenir à un rapport plus simple et plus sain avec les sorties / l’amusement / la légèreté.

S’agissant du rituel, de l’action à mettre en œuvre, ce Soleil est assez simple à aborder. D’abord, il faut mettre en lumière cette situation : tant que je n’y pense pas, tant que je ne verbalise pas, c’est comme si ce n’était pas là et c’est un aspect qui reste dans l’ombre (ce qui ne le fait pas disparaitre pour autant). Le dire, le mettre en lumière, exprimer le souhait de changer cela, c’est déjà un premier pas. Ensuite, il y a le fait de retrouver la chaleur que ces moments peuvent me procurer, ce feu intérieur, ce rayonnement lorsqu’on passe une super soirée, un moment suspendu, à danser entre pote dans un bar qu’on aura préalablement investi. Troisième chose que je vois ici, c’est que nous sommes en pleine saison estivale, moment idéal pour justement sortir, profiter, retrouver un peu de cette légèreté dans les soirées chaudes, parfumées de monoï, de sable et de sel que l’été peut nous offrir !

S’agissant maintenant du papier d’Arménie, la ressource à mobiliser est l’Amoureux. Bon, en première lecture, on peut se dire que je peux mobiliser ma moitié pour soutenir ce projet, m’accompagner dans une vie perso plus active et être moteur les fois où je faiblirai ! Mais on peut aussi y lire le fait de se choisir soi-même, et là je pense au fait de faire les sorties que MOI j’ai envie de faire sans me demander si d’autres seront d’accord, auront envie, si ça plaira… Il y a clairement l’idée de se faire plaisir à soi-même avant tout plutôt que de se censurer en amont et de plus rien faire du tout. S’écouter et faire ses choix en fonction de soi, c’est ça qui facilitera les choses !

La carte consacrée à l’enfance indique que ce je retrouverai si j’agis ainsi, c’est le feu intérieur ! Je parlais de chaleur intérieure lorsque j’évoquais le Soleil, ici on est chaud bouillant ! J’associe toujours cette carte à une danseuse hyper sensuelle qui capte toute une audience à peine elle entre dans un pièce, et c’est particulièrement à propos je trouve ! Saviez-vous que je suis un très bon danseur ?! Ya peu de chance que vous le sachiez vu que je sors très peu ! Mais c’est un aspect que je pourrais retrouver : le plaisir de la danse, de la fête, et le feu que cela peut allumer chez moi !

Le conseil de la grand-mère, c’est un 5 d’Epées, et je le prends comme le fait de faire cesser les pensées et idées parasites et de foncer vers l’objectif que je suis en train de m’assigner. Pas de tergiversations, pas d’hésitations, pas de détours. Une ligne droite vers l’objectif, quitte à ce que soit un peu rude ou rugueux pour les autres. Ca doit driver !

Voilà !

J’espère que cet article vous aura intéressés et donné des idées !

A bientôt,

Gregory, aka @lesvoiesdufou

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