Auteur : lesvoiesdufou

  • Histoire de cartomancienne : la Sibylle de l’échafaud

    Histoire de cartomancienne : la Sibylle de l’échafaud

    Bonjour à toutes et à tous,

    Je suis très heureux de vous retrouver pour un article un peu différent de ceux auxquels j’ai pu vous habituer sur ce site ! J’ai décidé de vous parler d’une cartomancienne que j’ai croisée au gré de mes lectures tarologiques : Madame Schwartz, aussi surnommée la « Sibylle de l’échafaud ».

    [Trigger warning : cet article évoquera la mort, par exécution, assassinat ou suicide. Si vous êtes sensibles à ces questions, passez votre chemin.]

    Source

    J’ai croisé son nom dans un livre du mage Dessuart, que j’ai trouvé chez un bouquiniste, qui s’intitule « La Cartomancie : Devins et destins« , publié aux éditions Fernand Nathan (mon livre est une édition de 1987, je ne sais pas si c’est une édition originale ou pas). Ce livre croise données historiques, illustrations de cartes et tarots, histoires de cartomancien-ne-s célèbres, et quelques références d’interprétation.

    En lisant le sommaire de l’ouvrage, j’ai immédiatement été happé par ce nom, à la fois beau et dramatique, que je n’avais jamais croisé auparavant : « la Sibylle de l’échafaud« .

    Il ne m’en fallait pas plus pour avoir envie de creuser le sujet ! A l’aide du résumé fait le mage Dessuart, j’ai pu retrouver sa principale source d’information : une nouvelle écrite par Alfred de Caston et publiée dans le Figaro en octobre 1865 et justement intitulée « La sibylle de l’échafaud« . Vous pouvez retrouver cette nouvelle dans son intégralité et gratuitement ici.

    Cette nouvelle raconte une tranche de vie : une soirée où, Alfred de Caston et le journaliste écrivain Privat d’Anglemont décident, sur l’impulsion de ce dernier, d’aller consulter, rue de la Vieille Lanterne à Paris (à l’époque, un quartier mal famé et dangereux : c’est une ruelle du moyen-âge sinistre et étroite, qui n’était qu’un ruisseau à ciel ouvert en contre-bas de la rue de la Tuerie, un véritable coupe-gorge), une vieille cartomancienne que d’Anglemont avait consultée, 4 ans plus tôt, avec son ami le poète Gérard de Nerval.

    Pour bien comprendre cette nouvelle, dont la cartomancienne n’est qu’une protagoniste, il faut préciser que Gérard de Nerval a été retrouvé mort le vendredi 26 janvier 1855, avant 7 heures du matin, pendu à la grille de l’atelier du serrurier Boudet situé, justement, rue de la Vieille Lanterne. Il était vêtu en habit noir, ses pieds chaussés d’escarpins vernis rasaient le sol, et il avait conservé son chapeau haut de forme sur la tête… Le rapport de police, établi suite à une enquête, conclut à un suicide. Les proches du poète pensent pour beaucoup à un assassinat, mais la quasi-totalité des biographes évoquent un suicide, notamment lorsqu’ils se penchent sur les semaines et les jours qui ont précédé sa mort (pour en savoir plus, un article du Monde y est consacré).

    Cette nouvelle est très émouvante, parce qu’elle témoigne de l’amitié portée à ce poète, tant par ses deux amis lettrés que par la vieille cartomancienne, qui raconte qu’elle aurait tout donné et même sa vie pour lui éviter de finir pendu devant sa fenêtre.

    Qui est donc la Sibylle de l’échafaud ?

    Comme indiqué précédemment, le vrai nom de la sibylle de l’échafaud était Mme Schwartz, et elle a véritablement existé puisque la nouvelle d’Alfred de Caston relate un évènement vécu.

    Dans la nouvelle, nous apprenons qu’elle était la fille de Pierre Lignon, un criminel décapité en place de Grève le 7 mars 1800, et la veuve de Louis Schwartz, lui aussi criminel, chef de la bande dite « des allemands » et exécuté place de la Roquette et surnommé « l’Apollon de la guillotine », en référence à son corps particulièrement athlétique et à la dignité dont il a fait preuve lors de son exécution.

    Je n’ai malheureusement pas trouvé d’informations complémentaires à celles apportées par la nouvelle pour retracer la vie et les crimes de ces deux hommes… Cela nécessiterait probablement d’aller fouiller dans les archives de la police pour trouver des informations sur eux, mais en ligne je n’ai rien trouvé. (Ndlr : Comme son histoire m’intrigue énormément, il n’est pas impossible que je profite de mes congés estivaux pour faire un tour aux archives ^^).

    Jeune, Mme Schwartz était une très belle femme, qui a mis en émois le monde de la pègre. Elle le rappelle elle-même dans la nouvelle : « Mais telle que vous me voyez, jadis j’étais jeune et belle, si belle que, dans mon bon temps, il y en a plus d’un qui s’est fait raccourcir pour satisfaire le moindre de mes caprices. – Ah! poursuivit-elle avec orgueil, ce n’est pas pour rien que la haute pègre m’avait donné le nom de la belle largue du Boulanger. »

    Cette expression, « la belle largue du Boulanger« , peut être remplacée par « belle maîtresse du diable« , ce qui sous-entend une beauté à se damner (source : https://laporteouverte.me/, site où vous retrouverez la nouvelle dans son entier (lien direct plus haut)). L’auteur ne s’y trompe pas, puisqu’il dit : « J’avoue que j’étais profondément émotionné au feu qui brillait encore dans les yeux de la prophétesse. On comprenait que cette femme disait la vérité et qu’elle devait avoir eu, dans sa jeunesse, une de ces beautés fatales qui entraînent les hommes vers l’abîme« .

    Au moment de l’histoire, la sibylle de l’échafaud est plutôt perçue comme une vieille sorcière, qui vit dans une chambre miteuse, dans un sombre immeuble d’une rue où il vaut mieux ne pas trainer la nuit venue…

    L’histoire ne dit pas comment elle a appris à tirer et lire les cartes, et nous ne savons pas davantage combien de criminels comptait dans sa clientèle, ni si ses prédictions étaient fiables ou reconnues. Elle même met ses dons en doute dans la nouvelle, rappelant qu’elle n’a pas réussi à empêcher les hommes de sa vie de finir exécutés.

    Et pourtant, malgré ces malheurs, elle a continué à dédier sa vie aux membres de la pègre, à ce milieu dans lequel elle a grandi. Nous ne savons pas non plus comment elle a fini sa vie après l’épisode relaté dans la nouvelle, nous ne disposons ainsi que d’une tranche de vie dont je n’ai trouvé ni avant, ni après.

    Comme exerçait-elle son art ?

    La Sibylle de l’échafaud s’était fait une spécialité de tirer les cartes aux membres de la pègre, à « messieurs les voleurs, les assassins et leurs aimables compagnes« .

    Pour la consulter, il fallait se rendre chez elle : dans la fameuse rue de la Vieille Lanterne, il fallait pénétrer dans un immeuble, traverser un sombre couloir et monter 5 étages en empruntant un escalier branlant, étroit, « impossible » et dangereux, en s’agrippant à une corde graisseuse qui servait de rampe.

    Arrivé sur le cinquième pallier, la porte d’entrée de la chambre de la sibylle restait entrouverte.

    Là, si elle ne vous reconnaissait pas, elle vous accueillait sans ménagement, sous la menace de ce qui lui tombait sous la main, par exemple un poêlon, et vous invectivant pour savoir si vous étiez « de la rousse » (comprendre = la police). « Ce n’est pas la fille de Pierre Lignon et la femme de Louis Schwartz qui fera jamais métier de donner des renseignements à la police« .

    Sa chambre était très simple, composée de murs autrefois blanchis à la chaux et peu meublée : « le mobilier qui garnissait cette pièce se composait d’un lit, de deux chaises, d’une table en bois blanc noirci par le temps et d’un fourneau. Le dessous du lit et le tiroir de la table devaient servir à serrer les objets indispensables, car rien ne traînait dans cette chambre« . Sur les murs étaient affichées des gravures tragiques avec textes surplombées d’une branche de buis, relatant notamment les exécutions de son père et de son mari, mais aussi l’affaire de la Brinvilliers (rendue célèbre par l’affaire des poisons).

    Si vous arriviez à la convaincre que vous n’apparteniez pas aux forces de police, elle tirait d’un tiroir un vieux jeu de piquet (le jeu de 32 cartes) « tellement sale, que les soldats l’auraient refusé dans un poste« , sans jamais se départir de son visage dur et de son regard direct emprunt d’un feu qui vous déshabillait.

    Elle tirait les cartes contre paiement, et demandait au consultant d’exprimer clairement la raison de sa visite. Sa méthode ? Faire couper le jeu par le consultant, et pratiquer un étalement par rangées de 8 cartes, avec des cartes retournées. Le mage Dessuart parle du « grand et du petit jeu », dans la nouvelle la voyante par de « réussite ».

    « Voyons, nous demanda la vieille en retournant à ses cartes, l’on ne vient pas chez moi pour des prunes. Avez-vous une affaire en train, pour laquelle vous désirez que je vous fasse une réussite ?« 

    Nous n’avons pas davantage de détails sur ses tirages, puisque le reste de la nouvelle se concentre sur la relation des protagonistes avec le poète au destin tragique. La nouvelle se conclut comme suit :

    « Quant à votre bonne aventure, vous voyez bien que je ne suis pas plus sorcière que vous, puisque je n’ai pas sauvé un seul des êtres que j’aimais ; regardez ma galerie de famille.

    Cependant, en souvenir de Gérard de Nerval, laissez-moi vous donner un conseil : L’air de ce quartier est malsain pour ceux qui n’y sont pas habitués, il est imprudent de venir, la nuit, voir ce qui s’y passe ; la Seine n’est qu’à deux pas et il faut peu de temps pour serrer une cravate ou pendre un curieux au premier barreau que l’on a sous la main. »

    En nous donnant ce conseil, l’ancienne largue du boulanger nous avait conduits jusqu’à la porte. C’était significatif, il ne nous restait qu’à nous retirer. C’est ce que nous fîmes. »

    Conclusion

    Il transparait de la nouvelle d’Alfred de Caston que cette cartomancienne vivait dans une véritable misère, et qu’elle a connu toutes les difficultés et les peines que la vie peut apporter, puisqu’elle a perdu tous les hommes qu’elle aimait et a poursuivi sa vie en accompagnant les membres de la pègre parmi lesquels elle avait grandit.

    Sa vie, particulièrement romanesque, est aussi très mystérieuse tant nous manquons d’information pour mieux la connaitre et l’appréhender.

    J’avoue avoir une certaine affection pour elle, pour son destin tragique, mais aussi pour sa force, son attitude pragmatique et directe et la manière dont elle consulte le destin pour les brigands et malandrins qui s’apprêtent tenter leur chance dans des entreprises criminelles de haut vol.

    je vous invite à lire l’entière nouvelle pour la découvrir également au travers de son rapport à la grande humanité et compassion dont le poète Gérard de Nerval a su faire preuve à son égard, et les émotions que cela a suscité chez elle.

    Aviez-vous déjà entendu parler de la Sibylle de l’échafaud ? Que pensez-vous de son histoire ? Est-ce que, vous aussi, vous avez envie d’en apprendre plus sur elle ?

    A bientôt pour de nouveaux articles en lien avec le tarot, la cartomancie et la magie !

    Et, s’il vous plait, n’oubliez pas :

  • Atelier_Mobiliser son intuition dans un tirage de cartes : cinquième et dernier nœud

    Atelier_Mobiliser son intuition dans un tirage de cartes : cinquième et dernier nœud

    Hello, et bienvenue dans cette dernière partie d’atelier consacré à la mobilisation de son intuition en tirage !

    Avec la séquence précédente, on s’est détachés de la rigueur scientifique pour s’autoriser à ressentir sans indice, à l’aveugle, avec nos sensations comme seule source d’information. Pour cette dernière séquence, je reviens sur un temps de travail plus « terre à terre » et qui découle directement des constatations scientifiques partagées dans le premier temps d’atelier : l’intuition, sans garde-fou, est mère d’illusion. Percevoir, ressentir, c’est bien, mais faire le tri dans ce que l’on perçoit, c’est mieux ! C’est pourquoi je vous propose deux séquences dédiées aux biais qui peuvent dévoyer notre intuition et nous induire en erreur.

    Cinquième nœud : Trier

    Une des difficultés, lorsqu’on mobilise son intuition en tirage, c’est de savoir si l’on peut s’y fier. Est-ce que notre intuition voit juste ? Nous avons déjà vu, en introduction, que l’intuition est un processus rapide, implicite, fondé sur l’expérience, inaccessible introspectivement mais réel et efficace.

    Toutefois, l’intuition peut être confondue avec un autre phénomène psychologique : les biais.

    Déroulé :

    Pour info : en atelier, les noms des biais étaient placés sur la table, au milieu des participant-e-s. Là, pour plus de commodité, vous les trouverez en liste après la description du déroulé.

    • Vous trouverez, ci-après, les noms de différents biais qui trouvent à s’appliquer lorsqu’on parle d’intuition, et qui peuvent surgir lors d’un tirage de cartes ;
    • Connaissez-vous ces biais ? Savez-vous ce qu’ils signifie ? Comprenez-vous quels sont les aspects sur lesquels ils doivent nous alerter lorsque l’on fait un tirage et pourquoi il est important de les connaitre ?
    • Pour chacun des biais cités ci-après, notez sur votre journal ce que vous savez ou ce que vous comprenez de ce biais, simplement en lisant son nom. Puis, une fois avoir pris des notes, cliquez sur la flèche devant le nom du biais, pour avoir des apports théoriques.
    • Je précise que les apports théoriques de cette séquence sont principalement tirés de la bibliothèque de l’approche comportementale développée par la direction interministérielle de la transformation publique, une source officielle et fiable, donc ! Je n’ai pas repris tous les biais ici, parce qu’ils ne trouvent pas tous à s’appliquer à notre cas, mais n’hésitez pas à parcourir la bibliothèque : elle comporte les descriptions des biais, mais aussi celles des leviers pour les dépasser. Enfin, si le sujet des sciences comportementales vous intéresse et si vous souhaitez aller plus loin, il y a de nombreuses ressources gratuites et fiables sur le site de la modernisation publique.

    Allez, on y va ! Voici les biais qui j’ai pu lister (il y en a certainement d’autres, mais c’est déjà une belle sélection !) :

    Biais de cadrage

    La façon dont une question, un problème ou un choix est formulé(e) ou présenté(e) peut influencer la réponse des individus ou leur prise de décision

    Exemple :

    Des participants devaient imaginer un scénario (600 personnes sont affectées par une épidémie) puis choisir selon leur condition expérimentale (expression en gains/en pertes), entre :

    • Un programme A permettant de sauver 200 personnes /où 400 personnes meurent.
    • Un programme B avec une probabilité 1/3 que les 600 personnes soient sauvées /personne ne meure et 2/3 que personne ne soit sauvé /que les 600 personnes meurent.

    Bien que les deux alternatives A soient équivalentes, 72% des participants choisissent l’option A bleu contre 22% pour l’option A orange (Tversky & Kahneman, 1981).

    Biais de confirmation

    Propension des individus à négliger les informations non conformes à leurs connaissances ou croyances préalables sur un sujet. Le cerveau tend spontanément à rechercher les informations qui confirment une impression initiale ; négliger celles qui la contredisent. Conséquence : une intuition première peut devenir auto-renforçante.

    Notion reliée : Perception sélective Exemple : Le biais de confirmation est particulièrement présent sur les réseaux sociaux lors d’élections, notamment présidentielles. Dans un contexte politique en particulier, les gens ne vont aimer partager que les articles ou vidéos qui vont renforcer leurs opinions et immédiatement rejeter ceux qui s’y opposent.

    Biais d’optimisme

    Les individus s’estiment souvent moins exposés à des évènements négatifs que les autres et pensent que les objectifs qui leurs sont fixés sont plus réalisables qu’ils ne le sont réellement.

    Exemple : Une étude a montré que les individus sous-estiment la probabilité d’avoir un accident de voiture et surestiment leur compétence de conducteur par rapport à leurs pairs. Ce biais d’optimisme semble provenir d’une surestimation du niveau de contrôle que les individus pensent avoir sur les événements (DeJoy, 1989).

    Heuristique de disponibilité

    Mode de raisonnement qui se fonde principalement sur les informations immédiatement disponibles en mémoire. Le cerveau estime la probabilité d’un événement en fonction de la facilité avec laquelle des exemples viennent à l’esprit, et non de leur fréquence réelle. Conséquence : l’intuition est déformée par les souvenirs récents, les événements marquants, les images émotionnelles fortes.
    Notions reliées : Effet de récence, Perception biaisée des probabilités
    Exemples : Les individus anglophones pensent qu’il y a plus de mots qui commencent par K que de mots dont c’est la troisième lettre car beaucoup de mots courants commençant par K leur viennent
    à l’esprit, alors que cela est faux en termes de fréquence objective (Kahneman & Tversky, 1973).
    Les individus ont plus tendance à souscrire une assurance juste après une catastrophe naturelle (Karlsson,Loewenstein & Ariely, 2008).

    Biais d’ancrage

    Les individus ont tendance à se fonder sur l’information reçue en premier pour prendre une décision, à être influencés par la première impression.

    Notion reliée : Biais de cadrage Exemple : Lors d’une étude, on propose à des juristes une expérience pendant laquelle ils doivent proposer une durée de peine de prison pour un cas criminel hypothétique. Leur réponse était influencée par un chiffre qui leur était donné dont ils savaient qu’il avait été généré aléatoirement (Englich et al., 2005). Un chiffre haut entraînait une peine plus longue, un chiffre bas une sanction plus courte.

    Perception sélective

    Prise en compte des informations de manière sélective en fonction de sa propre expérience, de ses attentes ou de ses pensées

    Notions reliées : Attention limitée, Biais de confirmation

    Exemple : Dans une expérience, les participants devaient écouter l’histoire d’un vol puis évaluer la prédominance des déclarations affirmant qu’un personnage était responsable (ou non) de ce vol. Les participants ayant un a priori sur la culpabilité du personnage ont estimé les déclarations allant dans ce sens comme étant plus fréquentes que celles qui la contredisent. En réalité, elles étaient en quantité égale (Gadenne & Oswald, 1986).

    Illusion de corrélation

    Fait de percevoir entre deux événements une corrélation (causale ou non) qui n’existe pas ou qui est bien plus faible en réalité

    Notion reliée : Illusion de causalité : confusion, à tort, entre corrélation et lien causal. Exemple : Dans une expérience célèbre, des formes géométriques sur un écran sont programmées pour se suivre d’une certaine manière. Bien que les individus sachent que le tout est programmé par un algorithme, ils ont l’impression que l’une des formes ­ fuit ‑ l’autre qui la ­ poursuit ‑, c’est-à-dire ont l’impression que les formes sont animées et que le mouvement de l’une est causé par le celui de l’autre. (Michotte, 1963)

    Illusion de contrôle

    Les individus surestiment souvent leur capacité à contrôler ou à influencer les événements
    Notion reliée : Libre arbitre
    Exemple : Des chercheurs ont montré que lorsque les individus peuvent choisir leur ticket de loterie parmi un ensemble de tickets, ils sont plus confiants dans leur réussite que les individus qui ne choisissent pas qui ne choisissent pas leur ticket.
    Pourtant, la probabilité de gagner n’est la même dans les deux cas ! (Langer, 1975)

    Biais de statu quo

    Les individus préfèrent conserver l’état actuel des choses et opter pour les choix qui minimisent le changement.

    Synonyme : Inertie

    Précision :

    Biais qui traduit la résistance au changement. Toute nouveauté est perçue comme plus risquée que bénéfique, ce qui conduit à adopter le choix habituel ou celui proposé par défaut.

    Exemple : Dans les pays où le don d’organe est l’option par défaut, le taux de consentement au don est de 90% en moyenne, alors qu’il est d’environ 15% dans les pays où il faut effectuer une démarche active pour être donneur (Johnson & Goldstein, 2003).

    Biais émotionnels

    L’état émotionnel modifie fortement l’intuition.

    Par exemple : peur, colère, euphorie, anxiété, fatigue, attachement affectif, peuvent perturber l’évaluation intuitive.

    C’est un point central chez Antonio Damasio : les émotions nourrissent l’intuition, mais peuvent aussi la déformer. Exemple : Une forte anxiété peut transformer une intuition prudente en une perception exagérée du danger.

    Biais de halo

    Une caractéristique positive ou négative contamine l’ensemble du jugement intuitif.

    Exemple : Une personne élégante, éloquente ou diplômée sera intuitivement perçue comme :

    • plus compétente,
    • plus honnête,
    • plus intelligente,

    même sans preuve réelle.

    Biais du survivant

    Le biais du survivant (survivorship bias) correspond au fait que l’on construit intuitivement une compréhension du réel à partir des seuls cas visibles ayant « survécu » au processus de sélection, en oubliant tous les cas invisibles qui ont échoué, disparu ou été éliminés. Autrement dit, le cerveau intuitif raisonne spontanément à partir des exemples disponibles et marquants, sans percevoir l’ampleur des cas absents.

    Il est vraiment important de bien les connaitre et de les comprendre pour les reconnaitre lorsqu’ils se manifestent, parce qu’ils peuvent être puissants et s’activent souvent dans nos zones de conviction : nous sommes tous sujets aux biais, c’est un processus normal. L’important, c’est les comprendre suffisamment pour qu’une petite alarme s’allume dans notre tête lorsqu’ils se mettent en route et prennent le pas sur le reste.

    Pas de reconnaissance des biais, pas d’intuition : le risque est bien trop élevé de laisser un biais parler pour nous. N’hésitez pas à creuser bien au-delà de ces courtes descriptions la manière dont ces biais se déclenchent et s’appliquent, et surtout explorez plus avant la bibliothèque que je vous ai mise en lien pour parcourir aussi les leviers permettant de les éviter ou de les dépasser.

    Pour clôturer cet atelier, je vous propose un exercice tiré de l’ouvrage « Le temps : mode d’emploi, reconquérir son temps… et sa vie » de Philippe Cruellas et Raphaël Benayoun (1986, éditions ESF), qui est consacré à l’identification de nos petites voix.

    Ces petites voix, ce sont les valeurs et les croyances qui nous ont été transmis pendant l’enfance de manière inconsciente et qui, aujourd’hui encore, fonctionnent comme des « drivers » / des « moteurs » dans notre fonctionnement. L’idée, ici, est d’identifier les principales petites voix qui s’expriment chez nous pour apprendre à reconnaitre leurs manifestations, et la manière dont elles influencent nos comportements et nos choix.

    Pour cela, vous allez répondre à 50 questions, en notant, pour chacune d’entre elles, le numéro de la question, et un nombre entre 0 et 4 : 0 = Ce n’est pas moi ; 1 = C’est peut-être moi ; 2 = C’est quelques fois moi ; 3 = C’est souvent moi ; 4 = C’est tout à fait moi. Ensuite, vos réponse seront replacées dans une grille d’analyse pour vous donner vos petites voix.

    Le principe c’est de répondre la première chose qui vous vient à l’esprit, ou la plus proche de la réalité. Ce test doit aller vite, vous ne devez pas réfléchir longuement aux questions, mais indiquer la première chose que vous pensez être juste.

    Let’s go ! (évidemment, vous ne pourrez pas répondre sur le tableau ci-après, mais vous pouvez reporter dans vos notes vos réponses à chaque question)

    QuestionRéponse (entre 0 et 4)
    1J’ai toujours l’impression de me battre contre la montre
    2Je pense que l’effort est plus important que le résultat
    3Je pense que dans la vie, je dois me débrouiller seul
    4Pour commencer une tâche, il me faut « toutes » les informations
    5Il est important que les autres soient bien disposés à mon égard
    6Le stress me dope
    7J’ai souvent peur de ne pas être à la hauteur
    8Je suis très exigeant envers moi-même et les autres
    9Pour être satisfait, je dois exceller
    10Pour être aimé, je rends service plus que la moyenne
    11Je ne peux déléguer car les autres sont trop lents
    12Je dois dépenser beaucoup d’énergie pour faire les choses
    13Je ne suis pas proche de mes émotions ni de leur expression
    14Pour être efficace, ma tâche doit être parfaite
    15Pour mon patron, je suis disponible, même chez moi
    16Je parle vite
    17J’ai un sentiment d’oppression et la peur d’exploser si je me laisse aller
    18J’aime accomplir de nobles tâches
    19Les faits, les chiffres, la logique, voilà les vraies valeurs
    20Il faut dire aux gens ce qu’ils ont envie d’entendre
    21J’ai envie d’interrompre les gens pour finir leurs phrases à leur place
    22J’ai le sentiment, depuis longtemps, d’être responsable de ce qui arrive aux autres
    23L’échange intellectuel est le domaine où je suis à l’aise
    24L’exactitude à tout prix, voilà le prix de mon image
    25J’aime savoir qu’un collègue a besoin de moi
    26Je dis souvent : « pressons… oui… oui… et alors ? »
    27Les autres disent de moi que je me plains souvent
    28J’aime ce qui fait appel à la logique
    29Je dois donner à penser à mon client que je sais tout
    30Il faut savoir se mettre en quatre
    31J’ai coutume de faire les 100 pas lorsque je suis en attente de quelque chose
    32Les gens viennent à moi, sans que je leur demande car on me trouve gentil
    33J’ai du mal à faire confiance et à m’abandonner
    34Pour moi, une objection est le signe de mon incompétence, aussi je dois tout réussir pour ne pas être critiqué
    35J’aime aider les autres
    36Je tapote souvent avec mes doigts ou mes pieds
    37Je crée des situations confuses où je suis stupide et impuissant
    38La manière dont les autres me jugent sur ce que je fais m’importe beaucoup
    39Je suis convaincu que je suis le meilleur
    40Je ne sais pas dire non
    41Je vais trop vite, ce qui me fait faire des fautes d’inattention
    42Que d’efforts pour répondre à toutes ces questions !
    43Je me sens en sécurité
    44Tant qu’une tâche n’est pas réalisée comme je l’imaginais, je recommence
    45J’aime jouer le rôle du confident
    46Je ne peux rester inactif et, au besoin, je fais plusieurs choses en même temps
    47Ma mère me disait souvent : « avec un peu plus d’efforts… »
    48Dans une tâche à plusieurs, je n’aime pas que l’on ne respecte pas le timing, l’objectif, et que l’on fasse des digressions
    49J’attends de mes collaborateurs qu’ils fassent exactement ce que je leur dis
    50En répondant à ces questions, je me demande si les réponses correspondent bien à ce que l’on attend de moi

    Vous voilà au bout !

    On interprète vos résultats ? Voici comment reporter vos réponses (chaque numéro dans le tableau correspond au numéro d’une question, reportez à côté vos réponses (en nombre entre 0 et 4) puis faites le total, colonne par colonne, pour avoir un score par petite voix) :

    Sois fortFais plaisirFais des effortsFais viteSois parfait
    3 5 2 1 4 
    8 10 7 6 9 
    13 15 12 11 14 
    18 20 17 16 19 
    23 25 22 21 24 
    28 30 27 26 29 
    33 35 32 31 34 
    38 40 37 36 39 
    43 45 42 41 44 
    48 50 47 46 49 
    Total Total Total Total Total 

    Pour l’interprétation de ce test, il convient de retenir les 2 à 3 petites voix avec le score le plus élevé comme étant des marqueurs identifiés dans votre fonctionnement. Les principaux marqueurs de ces petites voix sont synthétisés juste après (j’ai mobilisé pour cela les nombreuses sources disponibles en ligne pour ce test et les ai synthétisées dans leurs principaux apports, mais vous pouvez également creuser en ligne si vous le souhaitez) :

    Fais plaisir

    Cette petite voix pousse à faire passer les besoins et les priorités des autres avant les siennes, voire à anticiper et devancer les demandes des autres dans notre comportement.
    Une personne qui « vit » avec cette « petite voix » :

    • garde en mémoire des phrases comme « Ne fais pas de peine à ta maman », « Ne fais pas de bruit, papa est fatigué », « Occupe-toi donc de ton petit frère », « Ne sois pas égoïste », « Sois gentil ».
    • est convaincue qu’il y a moyen de faire plaisir à tout le monde », « Je dois penser toujours d’abord aux autres, sinon on ne m’aimera pas ».
    • est quelqu’un qui est (généralement) de bonne compagnie, empathique et altruiste, flexible et adaptable mais aussi craint de décevoir, se laisse envahir par les autres, recherche sans cesse le besoin de se sentir accepté et aimé par tous, ne sait pas dire non, est susceptible et se sent facilement victime de son dévouement car se sent coincé ou submergé.
      Biais potentiel : Ce driver conduit les gens à dire oui pour faire plaisir, à vouloir aider les autres, à tout faire pour satisfaire les besoins des autres avant ses propres besoins. Un bon moyen de s’oublier.
    Fais vite

    Ou dépêche toi !

    Cette petite voix nous pousse à toujours aller le plus vite possible et faire tout au moment même.

    La personne qui « vit » avec cette « petite voix » ;

    • garde en mémoire des phrases comme « Tu vas être en retard ! », « Tu as une minute pour faire ça ! », « Tu es toujours le dernier ».
    • est convaincue qu’on ne fait bien les choses que vite ;
    • est quelqu’un qui est (généralement) efficace (peut honorer des délais très courts), se met en mouvement rapidement, réactif mais aussi impatient, agité et stressé.

    Biais potentiel : Tout doit être fait immédiatement. L’urgence est la règle et il ne faut pas perdre du temps. La réflexion est une forme d’oisiveté déguisée Tout se passe dans l’action. Faire, faire et faire encore, « Être » est beaucoup trop menaçant.

    Maintenant que vous savez quelles petites voix vous « drivent », vous êtes en capacité de les identifier lorsqu’elles s’expriment dans vos lectures de tarot : vos consultants ne sont pas vous, ils n’ont pas les mêmes mécanismes de fonctionnement, pas les mêmes petites voix. Vous en apercevoir vous permettra d’adapter votre discours, voire de faire taire votre intuition lorsqu’elle n’est que l’expression brute de ces petites voix.

    Je ne dis pas que vous ne devez pas du tout les utiliser dans vos tirages : elles peuvent être de précieux angles de vue, qui peuvent manquer à votre consultant (et d’ailleurs, si vous êtes présent-e en ligne, il est possible que vos petites voix soient justement ce qui emmènera un consultant vers vous !). Simplement vous devez comprendre où débutent vos petites voix et où s’arrête votre intuition.

    Parfois, identifier les petites voix de votre consultant pourra aussi vous être d’une aide précieuse : vous saurez mieux lui parler selon ses propres drivers, mieux les mettre en lumière ou les neutraliser lorsque nécessaire, pour lui permettre de dépasser ces petites voix qui ont été si longtemps structurantes pour lui.


    Ainsi s’achève cet atelier dédié à la mobilisation de son intuition dans un tirage de cartes !

    Qu’en avez-vous pensé ? Est-ce qu’il vous a été utile ? Avez-vous le sentiment de mieux comprendre les mécanismes qui sous-tendent votre intuition ? D’être mieux armé-e-s pour comprendre et mobiliser votre intuition ? Pour la distinguer d’éventuels biais comportementaux ? Est-ce que cela vous donne des idées de tirages, ou de manières de les pratiquer ?

    Le plus important : pensez-vous qu’à l’avenir, vous pourrez mobiliser votre intuition dans un tirage de cartes ? En tout cas, je l’espère, et j’espère que vous aurez apprécié cet atelier avec moi (ou presque !).

    A bientôt pour de nouveaux articles (moins longs que cet atelier… ou pas ! hahaha !).

    Et n’oubliez pas :

  • Atelier_Mobiliser son intuition dans un tirage de cartes : quatrième nœud

    Atelier_Mobiliser son intuition dans un tirage de cartes : quatrième nœud

    Bienvenue dans cette quatrième partie d’atelier !

    Maintenant, on va un peu s’éloigner de la rigueur scientifique et se donner l’occasion d’une expression libre de son intuition, dans deux exercices complètement « à l’aveugle », avec une gradation dans la difficulté !

    Quatrième nœud : Mobiliser

    Sur cette séquence, nous allons revenir ce que nous venons d’apprendre dans les séquences précédentes, c’est à dire s’ancrer, ressentir, percevoir, et pousser les choses un cran plus loin afin de mobiliser efficacement notre intuition. Nous allons le travailler en deux temps : durant le premier temps, nous ne cherchons pas à « deviner » la carte, le but de l’exercice est au contraire de confronter ce que l’on a ressenti avec les caractéristiques de la carte pour en tirer des enseignements. Sur la seconde séquence, là, nous poussons l’exercice jusqu’à deviner la carte mystère, mais ne brulez pas les étapes !

    Déroulé :

    Pour info : dans l’atelier, cet exercice se pratiquait à deux, et les participants pouvaient ainsi croiser leurs interprétations et d’aller plus loin dans l’exercice. Si vous avez l’occasion de pratiquer avec quelqu’un, ce sera un vrai plus !

    • Mélangez votre jeu de tarot, et tirez une carte « au hasard » face cachée. Posez-la devant vous et assurez-vous de ne pas pouvoir voir de quelle carte il s’agit ;
    • Durant l’exercice, vous pouvez la toucher, la prendre dans les mains, la laisser sur la table, la tester avec un pendule… tant qu’elle reste face cachée !
    • Ancrez-vous dans le sol, détendez votre corps et votre esprit (reprenez la relaxation faite en début d’atelier), et lorsque vous êtes prêt-e, testez vos ressentis, vos perceptions face à cette carte face cachée, en vous appuyant sur la grille d’analyse utilisée précédemment, et notez vos constatations jusqu’à ce que vous ayez épuisé toutes vos perceptions (prenez vraiment le temps qu’il faut : il n’y a pas d’urgence) ;
    • Ne cherchez pas à deviner la carte : ce n’est pas le but de cet exercice ! Ici, notez vraiment tous vos ressentis, sans chercher à « deviner », parce que cela vous enfermerait trop vite dans votre recherche de sensations ;
    • Une fois fait, répondez aux questions suivantes en suivant cet ordre :

    Prenez le temps de journaler après cet exercice, notez tout ce qui vous passe par la tête, et revenez-y plus tard (le lendemain, la semaine suivante, peu importe, à un moment où vous reviendrez l’esprit suffisamment détaché pour regarder nos notes avec objectivité).

    Renouvelez cette séquence autant de fois que vous le souhaitez, pour vous familiariser dans l’usage de vos ressentis et de votre intuition.

    Cette séquence ne doit intervenir qu’après avoir réalisé plusieurs fois la séquence précédente (en atelier, nous n’avions pas le temps de la refaire X fois, mais vous, chez vous, vous disposez de ce temps là alors profitez-en !).

    Déroulé de la séquence :

    • Comme la précédente, sauf que cette fois-ci c’est totalement à l’aveugle !
    • Ancrez-vous au sol, respirez, détendez votre corps et votre esprit ;
    • Notez précieusement tout cela, et comme pour la séquence précédente, une fois terminée l’analyse de vos ressentis, identifiez les axes principaux qui se dégagent dans vos ressentis pour les réduire entre une et trois idées fortes ;
    • Croisez les principaux axes traduisant vos ressentis avec ce que vous avez perçu de la carte elle-même, et faites un pronostic : quelle est la carte la plus probable dans cette combinaison intuitive ? Même si vous n’êtes pas sûr-e, notez quelque chose, engagez-vous !
    • Ouvrez l’enveloppe et révélez la carte qui s’y trouve.

    Alors ? C’est un match ? Rien à voir ? Maintenant que vous connaissez la carte, il est temps de journaler, et selon deux dimensions :

    Notez précieusement toutes vos constatations, et tout ce qui pourra enrichir vos futures lectures, mais aussi vous aider à comprendre les sensations qui servent de vaisseau à votre intuition.

    J’espère que cela vous a plu !

    On se retrouve en partie 5 pour finir cet atelier avec un critère déterminant pour mobiliser efficacement son intuition : savoir trier les informations perçues !

  • Atelier_Mobiliser son intuition dans un tirage de cartes : troisième nœud

    Atelier_Mobiliser son intuition dans un tirage de cartes : troisième nœud

    Bienvenue dans cette nouvelle séquence d’atelier consacré à l’intuition !

    J’espère que les étapes précédentes se sont bien passées pour vous !

    Ici, nous déroulons une séquence intitulée « percevoir ». Après avoir posé des bases communes de compréhension et de description de l’intuition, après avoir travaillé sur la manière dont nous percevons nos émotions, nous allons nous concentrer désormais sur nos sens.

    Troisième nœud : Percevoir

    Cette séquence d’atelier est consacrée à la manière dont nos sens peuvent se manifester dans le cadre d’un tirage de cartes. Images, sons, sensations, goût étrange dans la bouche, parfums facilitant les tirages ou venant perturber les lectures… Nos sens ne sont pas seulement des marqueurs importants pour la manifestation de notre intuition, ils sont souvent des vecteurs de sa manifestation.

    Peut-être connaissez-vous les profils intuitifs dominants, on en trouve des indices dans certaines tournures de phrases :

    Travaillons un peu avec nos sens :

    Déroulé de la séquence :

    Une précision : lors de l’atelier, l’exercice se pratiquait à deux, chacun des membres du binôme se concentrant sur un sens différent. ici, j’adapte les consignes pour les réaliser seul-e

    • Mélangez un jeu de tarot, faces cachées et choisissez préalablement un sens sur lequel vous souhaitez travailler et lisez le paragraphe ci-dessous ;
    • Retournez une carte de tarot et observez attentivement pendant quelques secondes, puis fermez les yeux et concentrez-vous sur le sens que vous avez choisi d’analyser ;
    • Ne réfléchissez pas ! N’analysez pas ! Décrivez simplement ce que vous percevez dans vos notes, écrivez tout ce qui se manifeste chez vous, sans vous censurer ;
    • Une fois terminé, passez en revue vos notes, et analysez vos perceptions : ce qui fait sens, ce qui ne fait pas sens, ce qui vous interroge, ce que cela évoque pour vous, les connexions que vous pouvez opérer…
    • Ensuite, passez à un autre sens et/ou changez de carte de tarot, et renouvelez l’exercice autant que nécessaire pour vous y familiariser.

    Une fois choisi un sens, cliquez sur la petite flèche ci-dessous pour avoir quelques consignes qui vous guideront efficacement dans l’exercice :

    L’odorat
    • Concentrez vous sur les odeurs, les parfums…
    • « je sens… » Décrivez la première odeur qui vous vient intuitivement
    • Cette odeur est agréable ? désagréable ? elle m’évoque un souvenir ?
    L’ouïe
    • Concentrez-vous sur les sons, les bruits, les mélodies, les airs…
    • « J’entends… » Décrivez ce que vous entendez
    • Est-ce harmonieux ? dissonant ? plaisant ? désagréable ? Est-ce une mélodie / une chanson connue ? Un bruit naturel ? Artificiel ? Celui d’un objet ? D’un animal ?
    Le Toucher
    • Concentrez-vous sur vos sensations physiques
    • « je ressens… » décrivez ce que vous ressentez dans votre corps
    • Passez en revue vos sensations physiques : température, respiration, tension, sensations (confort, inconfort, picotements, etc) et vos mouvements inconscients (tortiller sur sa chaise, déplacement, avachissement…)
    • Y a-t-il des liens avec des ressentis similaires que sur l’exercice avec les émotions ?
    Le goût
    • Concentrez votre attention sur votre bouche, votre mâchoire, vos dents, vos papilles, votre langue, votre gorge…
    • « je goûte… » décrivez le premier goût qui vous vient en bouche
    • Est-il salé ? sucré ? amer ? acide ? Est-ce savoureux ? Umami ?
    • Est-ce que ce goût vous fait travailler les mâchoires ? Est-ce qui les crispe ? les joues ? la langue ? est-il facile à avaler ?

    Prenez le temps d’analyser ces différentes questions, à l’aune de cet exercice, mais plus largement de votre expérience en matière de prise de décisions par exemple. Ce sera un bagage précieux pour la suite !

    Ca, c’est une séquence qui n’était pas prévue dans l’atelier, qui ne durait que 2h30, mais je vous propose d’aller plus loin dans l’exercice de vos sens avec une séquence inédite !

    Déroulé :

    • Pour cette séquence, vous allez pratiquer un tirage en trois cartes, pour lequel vous allez classiquement poser une question ouverte, mélanger votre jeu et tirer trois cartes que vous étalerez devant vous ;
    • Seulement, vous n’allez pas mobiliser vos connaissances des cartes, uniquement vos sens : pour chaque carte, vous prendrez quelques instants pour l’observer, puis passerez en revue la manifestation de chacun de vos sens au contact de cette carte, pour répondre à son emplacement : « je vois… » ; « je sens… » ; « j’entends… » ; « je ressens… » ; « je goûte… » ;
    • Prenez vraiment le temps de passer en revue chacun des sens, même si certains ne se manifestent pas immédiatement (voire par du tout), ne vous arrêtez pas aux plus évidents ;
    • Pour chaque sensation identifiée, vous pouvez reprendre la grille d’analyse utilisée précédemment, avec les baromètres (pour qualifier vos sensations, et savoir si elles sont sombres, légères, élevées, etc) ainsi que la représentation du corps pour qualifier les ressentis physiques.

    Les emplacements :

    • Ce que je perçois du problème / ce qui résiste
    • Ce que je perçois des leviers d’action / ce qui facilite
    • Ce que je perçois de l’issue / un conseil

    Entrainez-vous pour débuter sur des questions faciles à traiter et sur lesquelles vous aurez des retours rapides : Comment négocier une augmentation ? Comment faire pour retourner en vacances au pays basque ? Comment voir davantage ma meilleure amie ?

    Pour cet exercice, restez vraiment sur la seule interprétation sensorielle : vos connaissances théoriques et pratiques du tarot n’ont pas droit de citer ! Nous les mobiliserons dans l’exercice suivant, ici, vous faire un tirage en ne mobilisant que vos sens et ressentis.

    Si le cadre est contraignant, tirez simplement une carte et considérez qu’elle comprends le problème, le levier et le conseil, et laissez la vous parler, laissez vos sens vous porter aussi loin que possible. Vous verrez, plus vous pratiquerez, plus cela deviendra aisé et instinctif.

  • Atelier_Mobiliser son intuition dans un tirage de cartes : deuxième nœud

    Atelier_Mobiliser son intuition dans un tirage de cartes : deuxième nœud

    Bienvenue à vous, pour la suite de cet atelier !

    Vous avez bien digéré les apports théoriques du premier nœud ? Vous êtes prêt-e-s pour une mise en pratique ? Alors c’est parti ! On s’attaque au deuxième nœud !

    Deuxième nœud : Ressentir

    Pour cette séquence, nous avons fait, durant l’atelier, une séquence de relaxation qui a duré quelques minutes. L’idée n’est pas d’entrer en méditation, mais simplement de prendre un temps pour se recentrer vers soi.

    Si cela vous intéresse, je vous mets le texte qui m’a servi de base pour cette relaxation (somme toute très classique, hein !), il vous suffit de cliquer sur la petite flèche à gauche, mais dans votre situation, l’idéal serait de trouver un audio ou une vidéo de relaxation (ce sera plus efficace !). Il y a l’embarras du choix sur les applications comme Spotify ou Youtube, je vous laisse trouver la relaxation qui vous conviendra le mieux.

    Je vous invite à faire, vous aussi, un temps de relaxation avant de passer à la suite, cela vous permettra de détendre l’ensemble du corps, de chasser les tensions et ainsi laisser libre cours à vos sensations et de mieux ressentir ce qui se passe dans votre corps pour les travaux à venir.

    Une fois détendu-e-s, relâché-e-s, passez à la séquence suivante.

    Cette séquence est consacrée à un exercice sur les émotions, parce que, comme évoqué précédemment, c’est un terrain favorable sur lequel l’intuition trouve à se manifester, c’est donc un terrain propice pour se reconnecter à son intuition, aux sensations qu’elle provoque, aux réactions inconscientes qui lui permettent de s’exprimer.

    L’idée ici, c’est, au moyen de 10 cartes dessinées par votre humble serviteur afin de représenter les émotions de trois manières différentes (un dessin, un mot, des couleurs), de se remémorer la manière dont ces émotions se manifestent chez nous. Quels sont les signes avant-coureurs, leurs manifestations les plus évidentes, leurs effets les plus anecdotiques.

    Pourquoi analyser cela ? Parce que cela va vous donner des indicateurs, des marqueurs, auxquels vous pourrez vous fier, par la suite, pour comprendre que votre intuition cherche à s’exprimer, et pour mieux comprendre ce qu’elle essaie de vous dire.

    Voici les cartes émotions prévues pour cet exercice :

    Le déroulé de la séquence est simple :

    Tout au long de cet exercice, rappelez vous de l’état de relaxation dans lequel vous avez débuté la séquence. Rappelez-vous qu’il n’y a aucune obligation de se confronter à une émotion qui serait dérangeante pour vous, qui créerait un malaise ou serait pénible à analyser. Passez simplement à la suivante. Enfin, prenez des notes précises de tout ce que vous percevez, du plus anodin au plus marquant, du plus subjectif au plus concret. L’idée ? Documenter la manière dont cette émotion trouve à s’exprimer chez vous. C’est l’occasion idéale de journaler et de prendre le temps.

    L’objectif de cette séquence est de vous permettre de mieux connaitre la manière donc une émotion s’exprime chez vous, et donc de la décoder à l’avenir. Revenez sur cette séquence autant de fois que vous le souhaitez. Passez en revue une, deux, trois, dix émotions si vous le souhaitez. Vous pouvez aussi aller plus loin parce que la palette des émotions ne s’arrête pas à dix. Il y a d’ailleurs des jeux de cartes émotions dans le commerce qui fonctionneront très bien.

    Ainsi, la prochaine fois que votre intuition prendra la forme d’une réaction émotionnelle, vous saurez la reconnaitre et la décrypter.



    La grille se compose de 3 parties différentes :

    Ils sont relativement simples, mais permettent de pousser un peu plus loin l’analyse de vos sensations, de vos ressentis :

    • Température : basiquement, est-ce que vous ressentez du chaud, du froid, du tempéré ?
    • Poids : ressentez-vous une sensation de lourdeur ou de légèreté ? De densité ? Est-ce que c’est « plombant » ? Ou au contraire est-ce que c’est « léger » (au sens pas sérieux, pas structurant) ?
    • Energie : est-ce que vous avez une sensation d’action ou d’inaction ? De mouvement ou d’immobilisme ? D’extériorité ou d’intériorité ? Cette émotion / sensation est-elle motrice pour vous ? Avez-vous l’impression d’être ancré ou d’être dans une situation mouvementée ?
    • Luminosité : cette émotion vous donne-t-elle une sensation de situation lumineuse ou sombre ? Est-ce une émotion qui s’exprime au grand jour ou qui s’insinue comme une ombre ?
    • Polarité : est-ce que c’est une sensation « positive » ou « négative » ? Cela vous met en joie ou vous déprime ? C’est plaisant comme sensation ou déplaisant ?
    • Plan / élévation : là, c’est plus subtil : est-ce que c’est une sensation qui élève (vers les cieux, le divin, le paradis) ou qui rabaisse (vers le sol, le sous-sol, les ténèbres, l’enfer) ? Est-ce que c’est ancré dans notre monde matériel, ou relève de la sphère spirituelle ? ou du monde sous-terrain ? est-ce qu’il est lié aux ancêtres ?

    S’il vous est difficile d’analyser directement ces baromètres, vous pouvez utiliser un pendule pour voir s’il se dirige plutôt à gauche ou plutôt à droite, et s’il a un mouvement dynamique ou si c’est un signal faible. Tout cela sera utile pour votre analyse.

    Elles servent à reporter les sensations que vous pourrez retrouver dans votre corps, du simple picotement aux papillons dans le ventre, de la raideur des trapèzes au rouge sur les joues… Reportez toute sensation qui vous parait familière.

    C’est ici que le pendule vous sera probablement le plus utile : avec lui, scannez les différentes parties du corps, comme nous l’avons fait pour la relaxation quelques instants plus tôt. La tête, le coup, les épaules, les bras, le torse, etc. Et pour chaque partie du corps ainsi scannée, attachez vous à analyser vos sensations physiques.

    Reproduisez cette représentation du corps (un bonhomme en bâtons fonctionnera aussi très bien) pour « pointer » les parties du corps qui réagissent, et décrire ce que vous ressentez.

    Nous ferons, dans la séquence suivante, un exercice dédié à la mobilisation des sens, mais si dès maintenant, en vous concentrant sur une émotion, vous sentez vos sens s’activer (sifflement dans les oreilles, images qui vous passent par l’esprit, goût amer dans la bouche…) notez les sur votre grille d’analyse.

    Ce sont, là encore, des marqueurs intéressants à repérer pour la manifestation de votre intuition.



    Comme vous l’avez vu plus haut, cette séquence était consacrée à « ressentir » ses émotions, dans son corps, dans ses sensations, et à essayer de les comprendre au travers de différents vecteurs d’analyse.

    Ces indications seront très précieuses pour vous lorsque ces émotions viendront se manifester dans un tirage et qu’elles titilleront votre intuition : vous pourrez d’abord faire la part des choses entre votre ressenti et ce que dit la carte, vous pourrez ensuite mobiliser utilement vos sensations en sachant les décrire et les qualifier, vous pourrez enfin enrichir votre lecture en croisant vos sensations avec votre connaissance théorique des cartes.

    C’est une couche supplémentaire dans votre référentiel d’interprétation, une autre manière de regarder les cartes par le spectre de vos propres sensations et réactions émotionnelles (à condition, d’une part, de vous autoriser à ressentir et, d’autre part, d’analyser ces sensations).

    Lorsque vous aurez terminé cette séquence, vous pourrez défaire le deuxième nœud et libérer ainsi votre capacité à ressentir.

    On se retrouve très vite pour le troisième nœud !

  • Atelier_Mobiliser son intuition dans un tirage de cartes : premier nœud

    Atelier_Mobiliser son intuition dans un tirage de cartes : premier nœud

    Bienvenue dans cet atelier !

    Avant de rentrer dans le fond du sujet, munissez vous d’une cordelette sur laquelle vous aurez au préalable réalisé 5 nœuds (pas la peine de faire des nœuds compliqués comme moi ici, 5 nœuds simples suffiront, d’autant que vous devrez les défaire ensuite !).

    Tenez cette cordelette dans vos mains quelques instants, fermez les yeux, et imaginez que cette cordelette représente votre intuition, sa capacité à se manifester, à vous orienter efficacement dans vos choix, à murmurer à votre oreille. Une fois cette visualisation opérée, touchez chacun des 5 nœuds avec vos doigts, et ressentez-les comme les blocages, limitations que subit votre intuition. Notre travail, pendant cet atelier, sera d’apprendre à lever ces limitations pour rendre à notre intuition sa fluidité.

    Lorsque vous êtes prêt-e-s, on y va !

    Premier nœud : S’ancrer

    Avant de travailler avec son intuition, il faut savoir de quoi on parle. Préalable indispensable à tout travail bien mené, commençons par travailler sur quelques définitions ! Cela permettra de mieux nous ancrer dans cet atelier, avec une définition commune ! Alors prenez quelques post-it (ou des feuilles ou un cahier chez vous) et c’est parti !

    Répondez, soit en quelques mots, soit en de courtes phrases, aux questions suivantes, en utilisant un post-it par idée :

    Alors, qu’avez-vous écrit ? Vous avez plutôt les idées claires ou c’est pas forcément facile pour vous de définir l’intuition ?

    J’ai récupéré quelques post-it de la séance, où pour l’animation, on a aussi fait des sondages à mains levées et des prises de paroles directes, donc je n’ai pas de post-it pour toute la session de questions (mais essentiellement pour la première, que les autres questions irriguent), en voici quelques-uns avec lesquels croiser vos propres idées :

    Vous trouvez des points communs avec les participant-e-s à l’atelier ?

    Pour retrouver les apports théoriques annoncés plus haut et partagés en atelier, cliquez sur le « spoiler » ci après !

    Je tiens à ajouter une précision complémentaire : je ne décris ici que l’état actuel des connaissances scientifiques sur l’intuition. Si nous avions fait cet atelier en 1950, le contenu théorique aurait été radicalement différent ! Et la recherche continue son travail d’analyse et de compréhension des phénomènes qui trouvent à s’exprimer avec l’intuition. Ayez à l’esprit qu’il ne s’agit là que d’un état des lieux, qui trouvera encore à évoluer dans les années à venir.

    Alors, est-ce que ces éléments font écho à vos propres constatations ? Est-ce que ces retours sur la littérature scientifique (en vérité, une petite partie de la littérature, et fortement vulgarisée ici) confirment ou infirment votre vision des choses ? Trouvez-vous dans ces écrits de quoi nourrir vos réflexions ?

    Moi, en tout cas, j’y ai trouvé de quoi mûrir une manière de « lire » l’intuition, en m’appuyant sur les réactions mises en lumière par ces auteurs, notamment le lien avec les émotions, les sensations, les sens, l’expérience.

    Pour vous aider à aller plus loin, voici quelques questions complémentaires sur lesquelles je vous invite à réfléchir maintenant que vous en savez plus sur l’intuition et ses modes de manifestation :

    Les réponses que vous apporterez à ces questions seront très précieuses.

    Durant la suite de l’atelier, nous allons travailler sur les bases solides que nous venons de construire ensemble. Avec l’enrichissement de vos connaissances théoriques sur l’intuition et ses modes d’expression et de manifestation, vous venez de défaire, symboliquement, le premier nœud, et de vous donner une définition sur laquelle ancrer la suite de votre pratique.

    On se retrouve dans le prochain article pour s’attaquer au deuxième nœud !

  • Atelier_Mobiliser son intuition dans un tirage de cartes : Introduction

    Atelier_Mobiliser son intuition dans un tirage de cartes : Introduction

    Bonjour à toutes et à tous !

    Voilà un loooong moment que je n’ai pas trouvé le temps de venir vous parler ici ! Il faut dire que si je n’ai pas manqué d’activité ces derniers mois, j’ai manqué de temps pour tout faire : l’organisation du festival Etrange Tarot, la préparation de mon atelier de 2h et de la table ronde que j’animais lors du festival, la préparation aussi des ateliers en visio que nous avions renforcés en fréquence entre février et mai… Et au-delà de cela, la vie, le boulot, une belle candidature pour un job de rêve qui m’a pris beaucoup de temps de cerveau…

    Bref ! Largement de quoi m’occuper !

    Du coup, les projets d’articles débutés ici sont restés en jachère. J’ambitionne bien de les reprendre, parce qu’il y a quelques beaux projets que j’aimerais approfondir et partager avec vous, il y a des trucs vraiment très cools ! Mais bon, je ne suis pas beaucoup maitre de mon temps de cerveau en ce moment !

    En tout cas, je ne vous oublie pas, et la preuve en est que je m’apprête à vous partager… Le contenu de l’atelier que j’ai conçu et animé pour le festival Étrange Tarot !

    Le thème était :

    Mobiliser son intuition dans un tirage de cartes

    Pourquoi un atelier sur l’intuition, moi qui suis plutôt un cérébral baigné dans la technique et l’apprentissage, le nez dans les bouquins ?

    Tout est parti de mes lectures récentes et, en particulier, d’une série de bouquins écrits par Miriam FAYE sur la cartomancie Hoodoo (que je vous recommande d’ailleurs, si vous lisez l’anglais), qui sont consacrés à l’usage des cartes à jouer dans le Hoodoo (elle a sorti sur Amazon une série de 4 bouquins que j’ai vraiment tous aimés, je vous les conseille).

    Ce qui m’a marqué dans ce livre, c’est que l’autrice n’analyse pas les cartes « à l’endroit » ou « à l’envers » (d’ailleurs, vous savez qu’en cartomancie tradi, ce n’est pas toujours facile à mettre en pratique, notamment avec les carreaux qui s’avèrent parfaitement réversibles !), mais introduit des nuances en fonction de la manière dont on ressent la carte. Elle donne ainsi des interprétation différentes selon que la carte apparait lourde ou légère, sombre ou lumineuse, dense ou au contraire creuse.

    Cela m’a vachement fait réfléchir sur ma propre pratique.

    D’abord, je me suis rendu compte que je ne « ressens » jamais mes cartes, ou en tout cas pas explicitement, ou expressément. Je me suis tellement fondu dans l’approche psychologique du tarot que je me suis petit à petit coupé de ces signaux au profit d’une approche purement analytique. Ensuite, je me suis rappelé que, plus jeune, au lycée ou à la fac, je fonctionnais plutôt avec mes ressentis qu’avec l’analyse des cartes, ce qui était normal puisque je ne savais pas les lire ! Mais c’est donc que j’avais cette capacité, et que depuis je l’ai inhibée. Enfin, je me suis interrogé sur ce qui pouvait nous conduire à ressentir une carte, et surtout à ressentir une carte à jouer : pas d’illustration, juste des symboles, et quand même la possibilité de les ressentir… Je voulais retrouver cela et voir si j’avais encore « le truc » !

    Alors, j’ai commencé à lire sur l’intuition, sur ce qui fait que l’on ressent des choses, sur la manière dont cela doit se manifester et si cela se travaille. Et comme on ne se refait pas, j’ai très vite lâché les bouquins de développement personnel (qui ne me parlaient pas du tout, avec une approche pseudo-psy fondée sur des affirmations non sourcées…) et j’ai trouvé une voie d’apprentissage dans la littérature scientifique et, en particulier, dans les publication de chercheurs en psychologie qui se sont intéressés à la question.

    J’ai trouvé cela passionnant, et ça m’a donné envie de le partager lors du festival, tout en y donnant une dimension plus « pratique », pour s’exercer, s’entrainer, comprendre. Parce que bon, à quoi bon comprendre si on ne sait pas mettre en pratique ?

    Je vais essayer, dans les prochains articles, de vous retranscrire cet atelier que j’ai animé pour le festival Etrange Tarot « comme si vous y étiez » : je vous mentionnerai le matériel nécessaire, le déroulé de l’atelier, mettrai en évidence les consignes pour les participants et vous mettrai en contenu déroulant les apports théoriques complémentaires que j’ai pu donner oralement lors de l’atelier.

    Cela fera aussi plaisir aux participants, qui retrouveront tout le détail de l’atelier ici et pourront approfondir la séquence à volonté !

    Nous suivrons aussi, dans ces articles, la logique que j’avais mise en pratique lors du festival : un atelier en 5 temps, rythmé par 5 nœuds différents réalisés sur une cordelette, chacun représentant symboliquement une limitation de l’intuition à défaire / à faire sauter !

    L’objectif : laisser libre cours à son intuition, à ses ressentis, ses sensations, et les distinguer de biais ou drivers comportementaux. Pour aider les participant-e-s, j’ai élaboré une grille d’analyse, et emprunté des exercices et ressources existants pour apprendre mieux se connaitre (je sourcerai tous mes emprunts : pas d’appropriation par ici !).

    Préparez bien votre matériel, prenez du temps pour vous, et faites cet atelier comme si vous y étiez ! Évidemment, vous pouvez séquencer les choses, comme je l’ai fait dans les articles à venir.

    Tout est prêt de mon côté, alors je vous propose de séquencer un peu les parutions : un article par jour, correspondant à un nœud de cette cordelette ! Je vais les programmer pour des parutions à midi, comme ca, samedi, vous disposerez de l’atelier dans son entier et vous pourrez vous faire une belle séquence de travail ce week-end ! C’est pas cool ça ?!

    Bonne lecture et n’hésitez pas à réagir en commentaires pour échanger sur ces différents exercices, me dire ce que cela évoque pour vous, ou partagez ce que vous avez perçu à chaque étape. C’est toujours précieux pour moi de vous lire, et surtout de savoir que je suis lu et que je ne partage pas ici pour rien !

    Je vous laisse sur deux citations que j’aime bien et qui collent pleinement au thème, et vous dis à demain pour le premier nœud :

  • Le tirage contextuel, aussi appelé tirage libre ou sans emplacements

    Le tirage contextuel, aussi appelé tirage libre ou sans emplacements

    Bonjour à toutes et à tous !

    Aujourd’hui, j’ai animé un atelier autour du tirage contextuel pour l’association Etrange Tarot, et je me suis dit que j’allais vous partager le contenu du petit power point d’introduction que j’avais préparé pour l’occasion, en espérant que cela vous soit utile !

    Pourquoi parlons-nous de tirage « contextuel » ?

    Cette appellation vient à l’origine de Taronaute (désormais Sylvie Swann), bien que ce type de tirage ait existé bien avant elle (dans les ouvrages classiques, on retrouve plutôt les termes de tirage « libre », « sans emplacement », « global », « à trois cartes », etc). Néanmoins, j’aime bien le terme de tirage contextuel parce qu’il est très explicite.

    En sémantique, le sens « contextuel » désigne l’interprétation d’un mot, d’une expression ou d’une phrase influencée par le contexte dans lequel elle est employée. Il met en lumière la façon dont le sens peut évoluer en fonction de facteurs situationnels, des intentions du locuteur et de la relation entre les participants à une conversation. L’intégration du contexte dans l’interprétation permet d’affiner le sens et de nuancer les interprétations.

    C’est exactement ce que l’on fait ici, sauf que les mots, phrases ou expressions sont remplacés par des cartes de tarot !

    Concrètement, c’est quoi ce tirage ?

    C’est assez simple : c’est un tirage pour lequel on pose une question (avec tout le soin habituel pour la formulation de cette question) puis, assez classiquement, on mélange son jeu, on tire 3 ou 5 cartes (les deux possibilités sont décrites dans les ouvrages classiques) et on fait un étalement sans définir préalablement les emplacements (ainsi, il n’y a pas une carte pour le problème, une carte pour le conseil, etc).

    Ce faisant, impossible d’appliquer la technique d’interprétation classique venant croiser l’emplacement avec la définition de la carte. Ce qui compte, en tirage contextuel, c’est la lecture globale du tirage, sa dynamique, les interactions entre les cartes.

    Et en pratique, ça se lit comment ?

    • Est-ce qu’il y a plutôt des majeurs ? (s’il y en a beaucoup = le tirage décrit une situation structurante, s’il n’y en a qu’un, il aura un intérêt plus important dans la lecture et pourra aider à identifier une narration)
    • Est-ce qu’il y a une « couleur » de mineurs qui domine ou qui revient, ou des personnages de cour, ou un nombre, ou une colorimétrie ? (ex. : s’il n’y a que des Coupes = tirage sentimental ou relationnel, ou mobilisant les émotions du consultant ; s’il n’y a que des 5 le tirage annonce une crise importante et des remous très forts)
    • Est-ce que des cartes attendues vu la question sont absentes du tirage ? Ou à l’inverse y a-t-il une carte inattendue qui apparait ?
    • Est-ce qu’il y a une harmonie dans le champ symbolique des cartes ou au contraire des oppositions ou polarités ? (là, on observe les archétypes et le champ symbolique, si on a 4 de Bâtons, 10 de Coupes et Soleil, o a une certaine harmonie, à l’inverse, si on a la Tour, le Soleil et la Lune, on interprètera avec plus de nuance…)
    • Est-ce qu’il y a une carte « dominante » ou « leader » ou « clé de voute » ? (un arcane majeur au milieu de mineurs, une carte symbolique plus importante, ou plus simplement une carte qui attire votre attention…)
    • Est-ce que les cartes sont orientées dans la même direction, en directions contraires, est-ce qu’il y en a de face ? (prêtez attention à l’orientation des cartes, à la manière dont elles « communiquent » entre elles)
    • Est-ce que les cartes de champ symbolique semblable sont rassemblées, éparses ?
    • Est-ce qu’un axe narratif se dégage au regard de l’enchainement des cartes ? (de gauche à droite, une suite de nombres, un nœud au milieu du tirage, une convergence ou une divergence, une cassure…)

    Pour lire les cartes, on les replace dans le contexte que nous avons préalablement identifié avec l’observation du tirage : ce sont les interactions entre les cartes elles-mêmes, la dynamique du tirage, la narration qu’elles décrivent qui nous servent à lire le tirage dans son ensemble d’abord, puis dans le détail ensuite.

    Plutôt simple en théorie !

    On tente quelques cas pratiques ?

    Je vous propose 3 petits exercices préparés avec l’aide de mon ami ChatGPT (j’avais la flemme de les construire, et surtout je voulais quelque chose de simple, adapté à des débutants, résumés en un paragraphe et pour ça, l’IA fait parfaitement le job !) :

    Claire est en couple depuis deux ans. Depuis quelques mois, elle ressent une certaine distance entre elle et son partenaire. Rien de conflictuel en apparence, mais la relation semble moins spontanée et plus incertaine. Elle se demande si cette période est simplement une phase passagère ou si quelque chose de plus profond est en train de changer dans leur relation.

    Alors, que lisez-vous ? Dites le moi en commentaires !


    Julien travaille depuis plusieurs années dans la même organisation. Son poste est stable et il maîtrise bien son travail, mais il ressent de plus en plus un besoin de changement. Une opportunité pourrait se présenter dans un autre service, mais il hésite : rester dans un environnement sécurisé ou tenter une évolution qui comporte des inconnues.

    Alors, que lisez-vous ? Dites le moi en commentaires !


    Laura vient de franchir une étape importante de sa vie personnelle : ses enfants ont quitté la maison et son rythme quotidien change beaucoup. Elle ressent à la fois un sentiment de liberté et une forme de questionnement. Elle a l’impression d’entrer dans une nouvelle phase de sa vie et souhaite mieux comprendre ce qui se transforme pour elle.

    Alors, que lisez-vous ? Dites le moi en commentaires !


    Voilà, c’est la fin de ce support d’atelier de pratique !

    Évidemment, durant l’atelier, nous avons prolongé en passant sur de vrais tirages, avec des jeux différents, des questions différentes émanant des participants…

    Évidemment aussi, s’agissant d’un support pour débutants, j’ai gardé un dispositif simple et conservé notamment une question préalable, mais une fois que vous serez familiers avec la technique de lecture, vous pourrez aussi faire ce type de tirages sans même poser de question préalable !

    Pas de question, pas d’emplacements, et une réponse quand même…. Que demande le peuple ?!


  • Backer un projet de Tarot sur Kickstarter : Avantages et Inconvénients

    Backer un projet de Tarot sur Kickstarter : Avantages et Inconvénients

    13–19 minutes

    Bonjour à toutes et à tous !

    Aujourd’hui, un article qui sera un peu plus « niche » que d’habitude, mais qui répondra aussi à des questions qu’on me pose souvent lorsque j’indique que je finance des projets de tarots sur Kickstarter. Alors, quels avantages, quels inconvénients ? Parlons-en !

    [les illustrations des différents jeux présentes dans cet article sont des vignettes copiées des campagnes que j’ai pu financer sur la plateforme, je n’en suis pas l’auteur, mais si vous souhaitez en voir plus sur les différents jeux, vous pouvez rechercher les campagnes en question qui sont toutes encore accessibles en ligne bien qu’elles soient clôturées]

    Kickstarter, c’est quoi déjà ?

    C’est facile, c’est une plateforme de financement collaboratif de projets créatifs, qu’on appelle aussi une plateforme de « crowdfunding » en bon français !

    Concrètement, Kickstarter permet à des artistes (musicien-ne-s, auteur-e-s, cinéastes, créateurs/créatrices de jeux et bien d’autres choses) qui seul-e-s, n’auraient pas eu les moyens de mettre au monde une de leurs créations, de présenter leur projet au public le temps d’une campagne de quelques semaines avec un objectif de financement fixé par l’artiste (le montant nécessaire pour mener à bien son projet).

    Les membres de la communauté Kickstarter peuvent décider de contribuer ou non au financement de ce projet, moyennant une contre-partie définie par avance par l’artiste (en général assortie de paliers selon le niveau de financement : on peut juste faire un don sans contre-partie, avoir simplement une carte postale signée, avoir un ou plusieurs produits, des bonus exclusifs…). Si l’objectif est atteint, alors les contributions sont prélevées, et le projet est lancé ! Si l’objectif n’est pas atteint, la campagne est annulée et aucun prélèvement n’est opéré. C’est donc aux artistes de bien dimensionner leurs campagnes !

    Un point important à avoir à l’esprit tout de même : ici, on n’achète pas un produit, ce n’est pas une boutique (même si la contre-partie est bien souvent un produit). On contribue au financement d’un projet, avec tous les risques que cela implique (retard de production (souvent), baisse de qualité ou abandon de paliers (parfois), abandon du projet (peu fréquent en théorie, mais quand même de plus en plus)).

    Du coup, lorsqu’on contribue au financement d’une campagne, on aide un artiste à créer, et à vivre de son art (yaaaaaay !), mais on assume également la majorité des risques et si le projet est abandonné on perd notre contribution et nous n’obtenons aucune contre-partie (la looooose).

    De même, comme on finance un projet, on paye généralement plus cher dans une campagne Kickstarter que lorsqu’on a l’opportunité d’acheter directement le produit fini a postériori de la campagne (encore une fois, on finance un projet, pas un produit, et ça se paye !). Il faut se dire que sans le financement initial du projet, il ne verrait jamais le jour et qu’on aide vraiment à la création.

    Pourquoi j’utilise Kickstarter ?

    Vous l’avez compris, j’utilise exclusivement Kickstarter pour financer des projets de tarots ! J’ai financé mon premier projet en avril 2021, il s’agissant de « Sephirot – a tarot board game » créé par Causa Creations. Aujourd’hui, j’en suis à 40 projets différents soutenus sur Kickstarter !

    En tant que contributeur, c’est extrêmement facile de financer un projet : on créé un compte sur Kickstarter, on rentre ses coordonnées bancaires et ses coordonnées tout court, et on navigue parmi des centaines de projets, tous à portée de main ! Il suffit de rentrer quelques recherches pour isoler le type de projets qui peuvent nous convenir, et de regarder de temps en temps si un on aimerait avoir un de ces projets chez soi !

    Le gros avantage à financer des projets de tarot sur Kickstarter, c’est aussi de trouver des artistes et des auteurs qui partagent nos goûts, notre esthétique, et de trouver des produits « sur mesure » qui ne seraient pas sur le marché autrement. Et d’ailleurs, le succès d’une campagne Kickstarter peut également permettre à une création d’être ensuite éditée en « mass market », et ça c’est bien cool aussi !

    Je suis assez fier d’avoir permis à différents projets de voir le jour, mais tout n’est pas rose non plus !

    Financer un projet : avantages

    Financer un projet présente plusieurs avantages.

    D’abord, vous permettez à un artiste dont vous appréciez le travail de vivre de son art (ca c’est quand même assez cool !).

    Ensuite, vous contribuez à la création de jeux indépendants et auto-édités, qui sont en général très qualitatifs, et surtout en exemplaires limités ce qui vous permet d’avoir un projet d’exception (j’ose le terme !), enfin, comme vous financez le projet et pas seulement le produit fini, vous pouvez échanger avec l’auteur, vous suivez toutes les étapes de création, vous pouvez aussi participer à certains choix (dos des cartes, bordures ou pas bordures, couleur des tranches, cartes bonus, choix entre deux designs…), ce qui rend l’expérience immersive et assez cool !

    Enfin, dernier argument sympa : comme vous financez le projet en amont de sa création, il y a souvent un délai de 6 mois / 1 an avant que la contre-partie ne vous parvienne, vous avez le temps d’oublier le projet et cela fait de très bonnes surprises !

    Voici une liste des projets que j’ai aidé à voir le jour et que je possède aujourd’hui dans ma tarothèque (vous en connaissez probablement plusieurs qui, depuis, se sont retrouvés chez le Salon des Arcanes notamment, et vous allez voir la variété de produits potentiels !) :

    Il y a aussi des projets en cours de création, que j’ai financés il y a moins d’un an et que je devrais recevoir dans les prochaines semaines / prochains mois :

    Je vous entends déjà (pour les plus pointilleux d’entre vous !) compter les projets listés ci-avant et vous dire « euuuh, il n’avait pas parlé de 40 projets soutenus ? Il en manquerait pas quelques-uns ? ». Hé bah si ! Mais il y en a plusieurs qui n’ont pas rejoint ma tarothèque, pour diverses raisons que nous allons évoquer maintenant !

    Financer un projet : inconvénients

    Les inconvénients sont également importants.

    Tout d’abord, comme je vous l’ai dit plus haut, vous financez un projet et pas un produit, si bien que si le projet tombe à l’eau, vous êtes marron. Ensuite, si le projet ne se passe pas comme prévu et que la qualité est rognée, vous obtenez un jeu de qualité médiocre (toujours mieux que rien me direz vous…).

    Un autre inconvénient, c’est que la plupart des créateurs sont américains, et les frais de port sont en général EXORBITANTS, et pendant très longtemps le financement ne comprenait pas la TVA et autres joyeusetés douanières, ce qui fait que pour récupérer le produit, il fallait en plus acquitter des frais de douanes parfois substantiels (sans compter les frais magiques que la Poste applique en plus pour la « gestion de dossier », en général 8 euros !). Frais de port + frais de douanes et taxes + frais de gestion, cela peut faire jusqu’à doubler le prix d’un jeu, il faut vraiment anticiper cela dans sa décision de financement ! (et comme vous ne savez jamais vraiment quand vous recevrez votre contre-partie, il faut aussi avoir les fonds disponibles pour régler ces frais complémentaires le moment venu et ne pas trop jouer les cigales !).

    Du coup, quels sont les « échecs » Kickstarter que j’ai pu vivre ? Hé bien ils sont de plusieurs ordres :

    Lorsque l’objectif de la campagne n’est pas atteint, comme je le disais plus haut, on n’est pas prélevés de notre engagement financier, donc techniquement, on n’a rien perdu. Mais c’est quand même ultra frustrant lorsqu’on s’est projeté sur un projet et qu’on a bien accroché au style de l’artiste ! Mais bon, c’est la vie d’un projet !

    Cela a été le cas pour seulement 2 campagnes me concernant :

    Je sais, le Sabbath Tarot 3e édition est aussi présent dans la liste au-dessus des jeux en cours de création, c’est simplement que Allan Spiers a finalement décidé de relancer sa campagne après que sa première tentative ait été infructueuse, faute d’atteindre l’objectif fixé ! (Là encore, peut-être voyez-vous que j’ai précédemment financé la seconde édition de ce jeu, et vous demandez pourquoi financer la 3e ? Hé bien parce que je l’adore et que j’aimerais en avoir en réserve si jamais j’étais un jour amené à l’abimer… On est collectionneur ou on l’est pas !).

    Pour le Radiant Millenial Tarot, je ne sais pas si finalement il a vu le jour, je n’ai pas vu passer de relance de la campagne et j’avoue que je n’ai pas été attentif aux suites.

    Cela ne m’est arrivé qu’une fois, avec le :

    C’est un jeu qui tourne autour des jeux d’amour, il est un peu érotique (modérément hein, vous emballez pas !), avec des personnages tous masqués et sexys, je trouvais que c’était pas forcément un type de jeu très représenté (et sympa pour certains types de tirages :-)).

    Le problème ? Les dimensions du jeu reçu sont ridicules (aujourd’hui, on appellerait ça une version « mini »), et la qualité des cartes une catastrophe ! J’ai reçu le jeu, je l’ai regardé, je me suis dit que rien que le mélanger reviendrait à l’abimer fortement au niveau des tranches, alors je l’ai rangé et je l’ai oublié jusqu’à aujourd’hui… Pourtant, le jeu venait avec énormément de goodies (je ne me rappelle plus trop quoi, mais je crois qu’il y avait une extension, un pochon, un tapis… peut-être un masque aussi mais je ne suis plus très sûr), mais j’aurais préféré ne pas avoir de goodies et que le jeu soit plus quali.

    Pas un de mes meilleurs souvenirs, mais que voulez vous, on ne gagne pas à tous les coups et on peut avoir les mêmes déceptions avec des jeux mass market !

    Ça, ça ne m’est arrivé qu’une fois, et pour un projet FRANCAIS bordel de m@#d€… (le seul que j’ai financé sur Kickstarter…), j’ai nommé :

    Ce jeu-là, je vous avoue que je l’ai eu en travers trèèèèèèèès longtemps et que je suis encore dégouté rien que d’y penser. J’ai financé ce projet en juin 2004, en « early bird » (j’étais un des premiers à le financer et pour cela j’ai eu un tarif préférentiel), j’ai choisi de financer le projet à hauteur de 80€, avec en contre-partie 2 jeux + 2 livrets.

    Le projet a été mené a priori correctement, j’ai fini par recevoir un numéro de suivi de la Poste pour mes contre-parties (donc plutôt cool), puis plus aucune nouvelle. Au bout d’un moment, je me suis rendu compte que c’était bizarre, j’ai consulté le numéro de suivi en ligne et là, j’ai vu écrit « colis livré dans la boite aux lettres »… Euuuuh, non seulement je crois que je serais au courant si c’était le cas, mais surtout il est IMPOSSIBLE de me livrer un colis comprenant 2 jeux de tarot dans ma boite aux lettres, parce que cela ne rentre pas (c’est une ancienne boite aux lettres dans mon immeuble, qui ne répond pas aux normes actuelles).

    J’ai écrit aux créateurs qui m’ont probablement pris pour mec qui essaie de les arnaquer. J’ai fait tout mon possible pour démontrer ma bonne foi, rien n’y a fait. J’ai écrit à la Poste et fait toutes les démarches possibles pour faire valoir mes droits, mais j’ai eu une fin de non recevoir : ils ont simplement fait une « enquête » qui s’est limitée à lire le suivi de colis et à revenir vers moi pour me dire « colis livré », et quand j’ai contesté ils m’ont dit que seul l’expéditeur pouvait faire un recours (insupportable réponse, quand on a payé le produit, les frais de port et que l’information mensongère nous concerne !). Bref, j’ai réécrit aux créateurs du jeu, qui ont laissé mes messages lettre morte.

    Au final, j’ai eu le sentiment d’avoir jeté 80 balles à la poubelle, et je ne saurai jamais si la Poste a perdu le colis, si le livreur l’a gardé pour lui, ou s’il a mis le colis au-dessus des boites aux lettres et qu’un voisin (ou un visiteur) s’est senti le droit de se servir… Les boules !

    Je pourrais me rebooster en me disant que grâce à moi, un projet a pu être mené à bien, c’est vrai, mais je suis dég quand même de ne jamais avoir été considéré comme de bonne foi et avoir dû me contenter d’être ghosté par les créateurs !

    Mais bon, il y a pire… la catégorie suivante par exemple !

    Ca, c’est une configuration plus récente, que je n’ai pas connu durant mes premières années sur Kickstarter (ce qui explique sûrement que j’ai persévéré jusque là !).

    J’ai financé ces deux projets de jeux en novembre 2024… Clairement j’ai été mal inspiré ce mois-là ! Pourtant, j’avais déjà financé un projet de Montenzi & Co (le Legendarium), et le projet s’était déroulé sans accroc, j’avais donc confiance pour le Clouds of Destiny… Bon bah là, plus de son, plus d’image depuis juillet 2025.

    Sur le projet « the Ancestral Tarot Deck », la créatrice dit qu’elle a envoyé les demandes de coordonnées postales en avril, mais personne n’a rien reçu, et les commentaires sont très nombreux à affirmer qu’il s’agit d’un « scam » (une arnaque), et vu l’absence de nouvelles depuis bientôt un an, je ne peux que leur donner raison.

    Le problème, c’est que dans cette hypothèse, Kickstarter ne fait rien du tout : on se retrouve finalement très seuls avec notre financement dans la nature, aucune nouvelle du projet, sans même savoir si à un moment il y a véritablement eu un projet. C’est pour moi l’énorme point faible de la plateforme : elle fait peser tous les risques sur les financeurs, et ne leur apporte aucune garantie.

    Pourtant, elle fixe des règles : les créateurs doivent communiquer régulièrement, donner l’état d’avancement de leurs projets, partager sur les difficultés, les éventuels délais, etc. Mais là, clairement, j’ai deux exemples où ce n’est pas absolument pas respecté et il ne se passe rien.

    Et surtout, si on peut signaler à Kickstarter un projet, les motifs disponibles ne comprennent pas ce genre de situation, le manquement d’un créateur à ses engagements. Alors on se retrouve vraiment seuls, et c’est vraiment frustrant !

    Mais que voulez-vous, pour ces projets j’ai commencé à faire mon deuil…

    Bilan des courses ?

    Le bilan est un peu en demi-teinte de mon côté : d’un côté, j’ai pu financer des jeux qui sont exceptionnels, et je suis très content d’avoir contribué à leur mise au monde parce que sinon, ils m’auraient manqué ! D’un autre coté, j’avoue que cette logique qui veut que tous les risques soient portés par les particuliers qui financent des projets est exaspérante, et qu’il manque de vraies garanties et garde-fous de la part de la plateforme !

    J’ai pris la décision, après les deux disparitions évoquées ci-avant, de ne pas financer d’autres projets pour le moment, tant que la plateforme n’améliorera pas les choses.

    Je ne dis pas que je ne financerai jamais d’autres projets sur la plateforme, je crois que Nico du Salon des Arcanes envisage d’utiliser la plateforme pour de futurs projets et comme je le connais bien et lui fais toute confiance, je contribuerai à ses futurs projets, mais en l’état j’ai trop mal vécu les derniers projets pour vouloir me relancer dans l’aventure à court terme.

    Je vais déjà attendre de recevoir les jeux en cours de création pour reprendre un peu confiance en la plateforme !

    Ici s’achève cet article ! Et n’oubliez pas :

  • Comment je suis venu au Tarot et comment je me suis formé ?

    Comment je suis venu au Tarot et comment je me suis formé ?

    Bonjour à toutes et à tous !

    Heureux de vous retrouver pour un article relatif à un sujet sur lequel je suis souvent questionné par les personnes qui débutent dans l’apprentissage du tarot : comment je suis venu au Tarot et, surtout, comment je me suis formé ?

    Je trouvais intéressant de retracer un peu cela ici, alors prenez un bon thé, installez vous confortablement, et papotons un peu !

    Comment je suis venu au Tarot ?

    La première chose à dire ici, c’est que le Tarot a toujours été dans ma vie, parce que ma mère tirait le Marseille (mais dans la version de Oswald Wirth) et le Grand Etteilla (c’est moi qui possède ses jeux aujourd’hui), selon une méthode qu’elle avait apprise d’une tante si je me souviens bien (moi je ne l’ai pas connue) qui avait décelé chez elle « le don » (ma famille flirte avec l’ésotérisme depuis quelques générations déjà !).

    J’ai des souvenirs très clairs des séances de tirages que faisait ma mère pour des amies ou des cousines, où nous (les enfants) étions assignés dans nos chambres avec interdiction de déranger ou de faire du bruit pendant toute la durée de la séance, que ma mère agrémentait d’encens japonais, de musique douce, d’un thé et d’un gâteau fait maison ! Je me souviens me pencher, la tête à l’envers, pour apercevoir le tirage entre les marches de l’escalier et capter des bribes de conversations interdites ^^. Le tarot était clairement un instrument magique, à portée de main !

    Si ma mère purifiait son tarot et suivait des usages précis pour les tirages (mélanger les cartes d’une certaine manière, tirer de la main gauche, etc), elle nous laissait en revanche regarder les cartes, en tirer une de temps en temps, et surtout ses jeux nous étaient accessibles sur un étage dédié de la bibliothèque familiale. Clairement, nous savions tous que ce n’étaient pas des jeux, qu’il y avait des usages dédiés et un cérémoniel, mais si nous en avions envie nous pouvions y accéder.

    De fait, j’ai très vite voulu avoir des cartes à moi, et j’étais très jeune (peut-être 6 ans, dans ces eaux-là) lorsque je demandais à ma mère de m’acheter mon premier jeu, dans une brocante. C’était un tarot égyptien, je m’en souviens parfaitement bien que je n’en dispose plus aujourd’hui et que je ne l’aie jamais retrouvé sur le marché ! A l’époque, je ne savais pas le lire, mais j’utilisais ce deck comme un jeu aux puissants pouvoirs magiques (j’avais et j’ai toujours énormément d’imagination).

    Ensuite, j’ai acheté plusieurs jeux durant mon adolescence (essentiellement dans une boutique ésotérique de Bayonne qui s’appelait « le nombre d’or » où j’ai également trouvé mes premier ouvrages de magie qui étaient quand même assez rares à l’époque !), surtout des oracles (je n’arrivais pas à acheter un tarot de Marseille parce que je n’aimais pas l’idée de devoir laisser les 2/3 du jeu dans la boite lors des tirages, et je n’ai pas souvenir d’avoir croisé un jeu Rider Waite Smith à l’époque. De même, je ne voulais pas lire les mêmes types de jeux que ma mère, parce que j’ai toujours eu un rapport compliqué à l’héritage ésotérique familial dont je voulais m’affranchir), et j’ai fini par trouver un jeu intitulé Les cartes divinatoires du Karma, de M. Mantovani, qui était beau, centré sur les éléments, clair, précis, détaillé, avec des interprétations par domaines qui me parlaient beaucoup. Je devais être au début du lycée, parce que je me souviens avoir ce jeu dans mon sac et l’emmener régulièrement pour faire des tirages avec des copines sur des sujets adolescents sans grand enjeux (mais avec des résultats spectaculaires qui nous avaient un peu effrayés à l’époque, notamment sur les ruptures à venir, les résultats de contrôles, etc.). J’ai toujours ce jeu aujourd’hui, et je garde une profonde affection pour lui et l’utilise de temps en temps (c’est un peu devenu une relique pour moi et j’en prends grand soin !).

    A la même époque, j’ai rencontré deux copines de lycée qui étaient également versées dans la cartomancie et la magie. Nous avions découvert cet intérêt commun lors d’un déplacement scolaire à Pau où, ayant plus d’une heure à tuer en attendant le bus du retour, nous avions fini dans café où elles m’avaient spontanément tiré des cartes de l’oracle Gé. Là encore, j’ai un souvenir extrêmement précis de cette séance, du bruit alentour, de la table en bois massif, des petites appliques, de l’énergie du jeu qui collait tellement avec l’énergie de l’instant…

    Après le lycée, la cartomancie fera des allers retours dans ma vie, avec des périodes où j’aurai envie de m’y remettre, d’apprendre, puis des périodes où je ne toucherai plus un jeu pendant des mois voire des années. Ces allers retours se sont poursuivis de la fac aux premiers boulots.

    Puis j’ai eu envie de m’y mettre pour de vrai, d’approfondir les choses, de comprendre le sens, la symbolique, l’usage, la mécanique du Tarot (surtout depuis ma rencontre avec le tarot RWS). C’était une période qui correspondait aussi à une activité personnelle plus importante dans le domaine de la magie, qui m’avait d’ailleurs motivé à ouvrir un compte insta dédié à la pratique magique (ne perdez pas de temps à le chercher, son nom n’avait rien à voir avec moi ou avec les voies du fou, il est fermé depuis longtemps, mais ca aussi je pourrai vous en parler un jour !). Mes partages sur ce compte étaient initialement centrés sur la pratique magique, sur les rituels, sur « l’esthétique sorcière », mais plus j’avançais dans le tarot, plus mes posts représentaient des cartes et des tirages au point qu’il n’y avait quasiment plus que ça. J’ai donc créé le compte « les voies du fou » et j’ai tenu les deux comptes en parallèle pendant un temps avant de me consacrer aux seules voies du fou.

    Ce compte a d’abord été un journal de tirage, avant de devenir un livret d’exercices et de partage. Son développement a coïncidé avec les confinements, qui ont été un vrai booster d’apprentissage pour moi, parce que j’avais enfin du temps de vie et de cerveau pour m’y consacrer, me former, progresser… Les voies du fou est devenu un compte me permettant de partager ma passion, de rencontrer du monde, il a contribué à développer ma pratique, à l’ancrer dans mon quotidien et à en faire un outil de divination, mais aussi de développement personnel, de création, de réflexion, de philosophie, de poésie…

    J’ai ainsi connu une très forte connexion au tarot qui a généré une très grande activité autour de la carto pendant plusieurs années, la plus longue période que j’ai connue à ce jour, qui s’est accompagnée d’une collectionnite aigüe de jeux et d’ouvrages. J’ai suivi des ateliers de pratique (j’y reviens en partie 2), rejoint une asso, et depuis j’utilise le tarot pour des usages divers et variés, alors qu’initialement je ne tirais les cartes que pour moi, je les tire aussi pour des tiers désormais, je partage ma lecture, mon référentiel personnel d’interprétation. Avec Etrange Tarot, je construis des ateliers, des sessions de travail, bref j’ai une pratique plus ouverte aux autres et assez décomplexée (je n’ai, par exemple, aucune difficulté à en parler au boulot, et la plupart de mes collègues savent que je tire les cartes).

    Une anecdote amusante quand même : j’ai présenté il y a quelques années un concours important, et ma présentation personnelle a été construite à l’aide de cartes de tarot ! 3 cartes, trois idées fortes à mettre en avant. Ca a très bien fonctionné !

    Je sens aujourd’hui que j’évolue vers une approche plus apaisée du sujet, probablement grâce à la fermeture de mon compte instagram, j’ai moins de pression à faire ou à acheter des trucs qui ne saturent plus mon espace de vision et de réflexion (je reste un collectionneur de jeux hein ! mais je n’ai plus ce truc d’avoir absolument le dernier jeu sorti, j’achète si ça me plait et le moment venu).

    J’évolue aussi vers une exploration des différents aspects symboliques du tarot (en ce moment, astrologique et planétaire, mais aussi alchimie depuis un moment, et j’espère évoluer sur mon appréhension de la kabbale dans les mois à venir…) et d’autres formes de cartomancie, notamment la carto tradi qui revient pas mal en ce moment, et ses usages spécifiques (par exemple en hoodoo, mais aussi en sorcellerie).

    De ce qui précède, je retiens finalement que je ne suis pas venu au Tarot, il a toujours été là, mais sa présence initialement balbutiante n’a fait que se renforcer avant de s’affirmer pleinement et aujourd’hui, il fait partie intégrante de ma vie.

    Comment me suis-je formé au Tarot ?

    Du récit précédent, vous aurez compris que pendant des années, je ne me suis pas formé au Tarot, ayant conservé une pratique dilettante. J’utilisais alors le livret pour interpréter chaque carte que je tirais. C’était un peu mécanique, mais surtout c’était… FRUSTRANT ! Souvent, les livrets étaient très courts (vous voyez, les mini livrets blancs là, qui comprennent des développements types en plusieurs langues et seulement quelques mots par carte), approximatifs (les éditeurs mettaient le même livret dans toutes les boites de tarots, quels que soient leurs designs ou le système en présence), sans explication véritable (or, moi, j’ai besoin de comprendre les choses).

    Lorsque j’ai enfin décidé de m’y mettre sérieusement, j’ai pu bénéficier des prémices de la montée en puissance de la bulle spéculative autour de l’ésotérisme, et ma progression a été accompagnée par une croissance majeure de l’offre de formation.

    Les premières vraies ressources que j’ai pu trouver, ce sont des vidéos Youtube de Sébastien Michel, dans lesquelles il explique les arcanes majeurs du tarot de Marseille et son approche liée à la composition picturale classique pour lire les cartes. J’ai vraiment beaucoup aimé sa façon de lire les cartes et j’ai ensuite acheté les 3 livres qu’il a publiés : Le théâtre du tarot, Le tarot par la pratique, Créer son succès avec le tarot de coaching.

    En parallèle, j’ai acheté la bible d’Emmanuelle Iger, Lire le tarot avec le Rider-Waite (éditions Trajectoire), qui m’a vraiment permis de faire la différence entre les deux jeux, comparer les cartes, rentrer dans la logique systémique du tarot et appréhender toutes les dimensions d’interprétation possibles. J’ai aussi lu tous les articles qu’elle avait pu publier sur son site internet « lesmotsclefs » (franchement, beaucoup d’articles vraiment très intéressants à lire, je vous recommande d’y fouiller un peu !).

    J’avais envie de suivre une formation en présentiel, mais initialement je n’en ai pas trouvé. J’ai en revanche entendu parler de la formation en ligne « Tarot intuitif » faite par Margot Robert Winterhalter. Après plusieurs tergiversations (le mot « intuitif » ne me paraissait pas coller avec le type de formation que je voulais suivre et je craignais que ce soit un peu « en l’air »), j’ai fini par la prendre à l’occasion d’une promo. J’ai suivi la plupart des modules en lisant en parallèle le livre d’Emmanuelle Iger pour croiser les approches, les lectures, les manières de voir les choses.

    Les confinements ont été une opportunité folle d’approfondir tout cela, et de faire le tour de la toile ! J’étais alors dans une logique de tirer « une carte par jour » et de suivre quelques challenges sur la toile (le Tarot Polar de Cécilia à jamais dans mon cœur !), je ne m’étais pas vraiment confronté à des tirages de cartes, les gros tirages (genre croix celtique) me faisaient flipper et je me considérais comme un grand débutant attaché à mes livres (erreur typique je crois !).

    Au sortir des confinements, j’ai eu l’opportunité de faire un atelier de pratique en présentiel avec Audrey, THE Oraclinzel Professor, et de participer aussi à un « Tarot Shopping » où Audrey et Emmanuelle Iger vendaient des jeux et on pouvait mettre son nom dans un panier pour faire un tirage à quelqu’un. J’ai eu la chance de faire un tirage à une dame avec l’aide d’Emmanuelle, puis d’être accompagné par elle sur un tirage de croix celtique que je n’osais pas faire jusqu’alors et c’était ultra riche d’enseignement (franchement, la sensation d’un bond immédiat dans la compréhension du truc, l’impression d’enlever les petites roues que je gardais sans raison). C’est clairement un aspect qui marquera ma pratique par la suite, le partage, l’aide, l’accompagnement, l’échange.

    J’ai logiquement voulu suivre la formation d’initiation au tarot donnée par Emmanuelle Iger sur 2 jours, mais elle ne disposait plus de local et a mis cette formation en suspens pendant plusieurs mois. C’est à peu près à ce moment-là, je crois, que j’ai découvert Hyena Soul Shadow et sa formation Tarot et pop culture (je ne sais pas comment j’ai fait jusqu’alors pour passer à côté vu la notoriété de Hyena !), et moi je suis un bon geek alors cela m’a parlé tout de suite ! Je me suis inscrit sur sa plateforme et j’ai suivi quasiment tous les modules. Cela m’a notamment aidé à réintégrer l’aspect ésotérique / divinatoire du tarot dans mon apprentissage, qui avait été un peu écarté par un trop plein de tarot psy (plus sécurisant, mais nettement moins fun !).

    Avec l’avènement de la sphère tarot sur insta est venue aussi la collectionnite de jeux de tarot. Moi, de base, je ne suis pas un collectionneur (même si je peux être un accumulateur). Mais j’ai trouvé dans l’achat de jeux d’artistes la possibilité de rencontrer des visions et des interprétation différentes des cartes du tarot : lorsqu’un artiste redessine un 7 d’Epées en échelle avec un personnage qui monte dessus, un Cavalier d’Epées en activiste, un Hiérophante en shaman ou en livre des ombres, c’est tout un nouveau référentiel qui se débloque, et j’adore ça ! Être interpellé par la vision d’une carte et ce qu’elle implique en interprétation.

    Lorsqu’Emmanuelle Iger a retrouvé un local, je me suis inscrit à une session de formation (je pense que cela faisait deux ans, peut-être trois que je pratiquais sérieusement et quotidiennement le tarot, et j’avais déjà plusieurs jeux dans ma collection). Finalement, malgré toute la qualité de cette formation que je vous recommande si vous débutez, je me suis rendu compte que je n’ai rien appris, je connaissais déjà les cartes, les tirages de base, les manières de lire et lier les cartes entre elles, j’avais déjà un bon bagage théorique. J’ai pu poser des questions, trouver un premier groupe de pratique, mais surtout j’ai pu me rendre compte que je n’étais plus débutant et qu’il fallait que j’enlève les petites roues et que je pousse les choses plus loin !

    Je me suis alors consacré à la pratique et non plus à la formation : j’ai suivi de nombreux ateliers avec Audrey (à Paris puis à Meaux), fait de nombreux challenges tarot, créé des tirages, et orienté mon activité en ligne vers la création d’exercices pour aider à l’apprentissage du tarot. J’ai sans cesse augmenté ma collection de jeux, mais aussi ma collection de livres. J’ai alors rencontré les auteurs classiques, ceux qui ont été les premiers à écrire sur le tarot et ses symboles. J’ai lu sur l’histoire du tarot, j’ai aussi commencé à lire des ouvrages anglo-saxons sur le tarot, sur les tirages, sur les associations, sur les cartes inversées, sur la Golden Dawn, sur le tarot créatif…

    Nous sommes maintenant plusieurs années plus tard et je continue sur cette ligne d’apprentissage, mais en diversifiant mes sujets d’étude, et en prenant un virage plus « ésotérique » sur le sujet, pour retrouver le sens des symboles, comprendre la dimension hermétique du tarot (cela me conduit à revenir pas mal vers le tarot de Marseille d’ailleurs). Avec Etrange Tarot, j’ai davantage une dimension de « transmission » qui s’est ajoutée, qui est aussi riche d’enseignements sur ma capacité à exprimer clairement une idée, un concept, à qualifier un égrégore, souligner un symbole, un nombre, une composition graphique…

    Et puis les tirages que je fais pour des tiers sont aussi de bons vecteurs de progression : accepter ce que je perçois dans un tirage, exprimer clairement et logiquement les choses (même lorsqu’elles font mal ou qu’elles sont inconscientes), mettre les formes évidemment et reformuler, encore et encore, pour bien se faire comprendre, réserver les marges de manœuvre, d’initiative et d’action du consultant, gérer ma frustration lorsque le consultant n’est pas prêt à comprendre ou mettre en œuvre un tirage, accompagner sans diriger, dire sans imposer…

    Vous l’aurez compris, je suis toujours en apprentissage, et je le serai probablement toute ma vie ! Mais je progresse, je me vois progresser, passer des paliers imaginaires, et j’apprécie particulièrement changer de point de vue ou de perspective sur le sujet à la manière d’un Pendu, ou d’un peintre qui représente toujours une angle de vue différent de sa muse. C’est très plaisant !

    J’espère que cet article plus personnel vous aura intéressé-e-s !

    Avez-vous suivi une ou plusieurs de ces formations ? Envisagez-vous de le faire ? Comment vous assurez-vous de toujours progresser dans votre pratique ?

    Venez m’en parler en commentaires !